Tottenham sans Porro et Udogie : De Zerbi choisit la prudence
Le Tottenham Hotspur Stadium a grondé d’étonnement avant même le coup d’envoi. Sur la feuille de match face à Everton, aucun signe de Pedro Porro ni de Destiny Udogie. Pas remplaçants, pas même sur le banc. Disparus du jour au lendemain, alors qu’ils sortaient tout juste d’un nul frustrant à Nottingham Forest.
Les questions ont fusé immédiatement. Blessure grave ? Sanction ? Choix tactique radical ? La réponse est plus simple, mais elle en dit long sur la gestion de l’effectif voulue par Roberto De Zerbi.
De Zerbi freine, même sous pression
La veille du match, l’entraîneur italien n’avait pas cherché à masquer la situation. Il savait qu’il marchait sur un fil avec ses deux latéraux.
« Porro a ressenti un petit problème musculaire, nous devons voir demain s’il sera disponible ou pas mais en ce moment je ne veux prendre aucun risque. Pareil pour Udogie », avait-il prévenu en conférence de presse.
Pas de flou, pas de langue de bois : le staff a tranché en faveur de la prudence. Porro, épuisé par l’enchaînement, traîne la fatigue d’une saison lourde et d’un passage par un long World Cup. De Zerbi l’a reconnu sans détour : la gestion du Portugais était un casse-tête annoncé dès son retour de sélection.
« Porro et Udogie sont des joueurs similaires parce que Pedro a joué un World Cup, un long World Cup et nous savions déjà qu’après ça, ce serait une gestion difficile pour lui », a détaillé le coach.
Udogie, dossier sensible à Tottenham
Le cas Destiny Udogie est encore plus délicat. À Londres, tout le monde a en tête sa saison dernière, morcelée par une série de pépins physiques. Trop de temps à l’infirmerie, pas assez sur le terrain.
À Nottingham, l’international italien n’a disputé que 60 minutes. Un choix qui n’avait rien d’anodin. De Zerbi ne veut surtout pas replonger dans le même cycle.
« La saison dernière, Destiny a souffert de nombreuses blessures, il a joué 60 minutes à Nottingham et nous devons gérer Destiny du mieux possible », a-t-il insisté.
Résultat : les deux titulaires habituels disparaissent de la feuille de match face à Everton. Un coup dur sur le papier, mais assumé comme un investissement à long terme dans la santé de ses latéraux.
Matheus Fernandes croit au projet malgré le faux départ
Dans ce contexte, la parole de Matheus Fernandes prend un relief particulier. Le milieu à 85 millions de livres, arrivé de West Ham après une période très productive en East London, refuse de céder au doute malgré un début de saison sans victoire.
Le Portugais voit plus loin que la série de résultats. Il voit un cadre, une idée, un entraîneur.
Il l’a dit sans détour : la passion de De Zerbi a pesé lourd dans sa décision de rejoindre Tottenham, alors que Manchester United s’était aussi positionné.
« Je crois que je peux être un joueur bien meilleur que la saison dernière », a-t-il assuré. « Quand on regarde l’effectif, c’est une grande équipe avec de grands joueurs, des joueurs importants, des joueurs d’expérience, des joueurs avec beaucoup de qualité. Quand tu joues avec de meilleurs joueurs, tu joues mieux. Donc je crois que je peux être bien meilleur. »
Le message est clair : le vestiaire ne panique pas. Il se soude.
Archie Gray et Andy Robertson propulsés en première ligne
Sans Porro ni Udogie, les projecteurs ont basculé sur deux hommes : Archie Gray et Andy Robertson. Deux profils, deux histoires, une même mission : tenir le couloir et garder l’animation offensive de Tottenham vivante.
Archie Gray, d’abord. Le gamin venu de Leeds United, déjà trimballé à plusieurs postes depuis son arrivée, se retrouve face à un test brutal : gérer la puissance et l’impact des ailiers d’Everton. Ce n’est plus une simple adaptation, c’est un examen de passage.
En face, Andy Robertson connaît le décor par cœur. L’Écossais a déjà traversé des tempêtes en Premier League. Cette fois, on lui demande de coller au rôle si spécifique d’Udogie : ces courses intérieures, ces dédoublements incessants dans le dernier tiers, cette capacité à étirer le bloc adverse puis à le transpercer.
Tottenham se retrouve donc avec une défense remodelée, portée par un mélange de jeunesse et d’expérience. Un pari forcé, mais un pari tout de même.
La question, désormais, dépasse ce seul match contre Everton : cette gestion ultra-prudente des cadres permettra-t-elle à De Zerbi de tenir le rythme infernal de la saison, ou le prix à payer en route sera-t-il trop lourd pour une équipe qui se veut ambitieuse tout de suite ?



