RDC Sport

Tottenham s'impose 3-0 contre Hoffenheim : Mikey Moore brille

Tottenham n’a pas simplement gagné. Le club du nord de Londres a imposé son tempo, ses idées et ses hommes dans un Tottenham Hotspur Stadium qui retrouvait son équipe pour la première fois depuis le maintien arraché en mai. Résultat : un 3-0 net face à Hoffenheim, une pré-saison toujours invaincue, et surtout un nom qui résonne un peu plus fort qu’hier soir : Mikey Moore.

Moore, deux buts et un avenir en suspens

À 19 ans, Mikey Moore devait filer en prêt à Cologne. Le dossier est en pause. Sa prestation face à Hoffenheim vient de compliquer sérieusement la réflexion de Roberto De Zerbi.

Entré dans sa seconde période comme un joueur qui sait qu’il joue gros, l’attaquant formé au club a signé un doublé. Le premier, presque sans émotion : une reprise à bout portant sur un centre tendu de Mathys Tel, célébration discrète, comme s’il refusait d’en faire trop. Le second, beaucoup plus parlant : appel tranchant, passe de Tel dans la course, finition subtile, cette fois avec une joie assumée.

Deux buts, deux actions qui montrent un joueur déjà froid dans la surface, déjà mûr dans ses déplacements. Et pourtant, son futur immédiat reste flou. Rester pour se battre pour une place dans la rotation de De Zerbi ou partir s’aguerrir en Bundesliga ? Le club devra trancher, mais Moore vient de rappeler qu’il n’est pas simplement un nom sur une liste de prêts possibles.

Lui n’est pas le seul à avoir envoyé un message.

Lucas Bergvall, du doute à la démonstration

Il y a deux mois, l’avenir de Lucas Bergvall semblait s’écrire loin de Londres. Newcastle et Nottingham Forest se tenaient prêts. Les interrogations sur son temps de jeu s’accumulaient, au point de faire vaciller sa place dans le projet.

Depuis, le milieu suédois joue. Régulièrement. Et ça se voit.

Face à Hoffenheim, Bergvall a offert une prestation pleine, dans le ton de ce que demande De Zerbi : disponible entre les lignes, propre sous pression, juste dans ses choix. Pas de geste spectaculaire, mais une partition qui rassure un entraîneur qui a déjà fait savoir qu’il voulait le garder et qui dit avoir répondu à ses inquiétudes sur son rôle.

La question n’est plus de savoir s’il a le niveau. Elle est de savoir si le mercato lui laissera le temps de s’installer.

Andy Robertson, déjà patron à gauche

Andy Robertson a quitté Liverpool pour une raison simple : jouer davantage. À voir sa performance sur le flanc gauche de Tottenham, il n’a pas l’intention de se contenter d’un rôle de figurant.

Le latéral écossais a multiplié les centres, les courses, les prises d’initiative. Son centre parfait pour l’ouverture du score de Richarlison en première période résume sa soirée : timing, précision, agressivité offensive. Un geste qui lance le match et installe Tottenham dans un confort que l’équipe ne lâchera plus.

On parlait surtout de lui, à son arrivée, pour son expérience, son palmarès, son impact dans un vestiaire encore jeune. Contre Hoffenheim, il a rappelé qu’il restait avant tout un latéral de très haut niveau.

Avec Destiny Udogie toujours absent en pré-saison et des doutes qui persistent autour de sa condition, Robertson a profité de la brèche. À une semaine du déplacement à Brentford pour l’ouverture de la Premier League, il semble solidement installé en pole. Sur cette forme, Udogie devra faire très fort pour lui reprendre la place.

Kinsky, de la nuit madrilène au statut de numéro un

Le 3-0 pourrait laisser croire à une soirée tranquille. Elle ne l’a pas été pour Antonin Kinsky.

Le gardien de 23 ans a multiplié les arrêts pour maintenir Hoffenheim à distance. Interventions fermes sur sa ligne, bonne lecture des trajectoires dans les airs, sérénité balle au pied pour relancer proprement sous la pression : Kinsky a coché, une par une, les cases du gardien taillé pour le jeu de De Zerbi.

Cette prestation prend un relief particulier quand on se souvient de sa soirée cauchemardesque à Madrid il y a sept mois. Depuis, le Tchèque a remonté la pente, gagné des points, au point de s’installer devant Guglielmo Vicario, absent contre Hoffenheim alors que la Juventus le suit de près.

Le message est clair : le poste de numéro un n’est plus en débat. Kinsky l’a gagné sur le terrain.

Des absents, un dernier test et déjà Brentford en ligne de mire

Tout n’était pas parfait, et tout le monde n’était pas là. Micky van de Ven, James Maddison, Mateus Fernandes manquaient à l’appel. Des absences qui n’ont pas empêché Tottenham de dérouler, mais qui comptent au moment d’imaginer l’équipe type pour la reprise.

Les supporters espèrent revoir au moins une partie de ces cadres dimanche, lors du dernier match de préparation, à huis clos, de nouveau contre Hoffenheim, cette fois au centre d’entraînement du club. Une répétition générale sans public, mais avec un enjeu évident : figer les hiérarchies avant le grand saut.

Car derrière, il n’y aura plus de filet. Samedi prochain, Tottenham ouvrira sa saison de Premier League sur la pelouse de Brentford. De Zerbi arrive avec une équipe invaincue en pré-saison, des recrues déjà influentes, un gardien rassurant et un jeune buteur qui frappe à la porte.

Reste une question brûlante : dans ce Tottenham en reconstruction, quelle place laissera-t-on à ceux qui viennent de prouver qu’ils n’étaient plus de simples promesses ?