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Tottenham en difficulté : De Zerbi sous pression

Tottenham pensait avoir touché le fond ces deux dernières saisons. Le club a terminé 17e deux années de suite, a dépensé plus de 300 millions d’euros pour s’arracher à la zone rouge… et se retrouve pourtant, fin septembre, toujours scotché en zone de relégation après une nouvelle défaite, 3-2, face à Aston Villa.

Le tableau est brutal : aucun succès en Premier League, des revers contre Aston Villa, Brentford et Newcastle United, seulement des nuls arrachés face à Nottingham Forest et Everton. La trêve internationale arrive, mais elle n’apporte pas de répit. Elle prolonge simplement la pression qui pèse sur Roberto De Zerbi.

Un bon début… puis le trou noir

Le scénario contre Aston Villa résume presque la saison. Pendant une demi-heure, Tottenham ressemble à une équipe sûre d’elle. Intensité, maîtrise du tempo, récupération haute, frappes qui obligent le gardien à s’employer. Danny Murphy, ancien milieu des Spurs, le souligne sur la BBC : il y avait « beaucoup de choses à aimer ».

Puis le vieux démon revient.

Tottenham laisse l’adversaire entrer dans le match, prendre confiance, avancer. Et la punition tombe au pire moment. Dans la quatrième minute du temps additionnel de la première période, Johan Manzambi ouvre le score pour Aston Villa. Coup de massue.

La deuxième période tourne au cauchemar lorsque Nicolas Jackson puis Emi Buendia creusent l’écart. Tottenham réagit trop tard, réduit la marque par Conor Gallagher puis Jan Paul van Hecke, mais le mal est fait. Encore une fois, l’équipe ne capitalise pas sur ses temps forts et paye cash chaque relâchement.

Murphy résume la spirale : dominer sans marquer, se faire punir, et donner l’impression d’une équipe qui ne sait pas tuer un match. Pour lui, le tournant est aussi mental : encaisser un but alors que Tottenham se retrouve à dix, après la sortie sur blessure de Micky van de Ven, plombe tout le plan de jeu et rend la seconde période « très difficile ».

De Zerbi, excuses et malaise

La crise sportive se double d’un malaise autour de Roberto De Zerbi. Ses sorties publiques commencent à agacer. Kevin Nolan, ancien milieu de Premier League, ne cache pas son inquiétude pour Tottenham et pour la trajectoire de l’Italien.

Sur BBC 5 Live, Nolan ne mâche pas ses mots : chaque semaine, un nouveau prétexte, un nouveau motif d’explication. Il rappelle aussi le passif de De Zerbi, qui ne reste jamais très longtemps dans ses clubs et se heurte régulièrement à ses dirigeants. Et pose la question qui fâche : l’entraîneur ne se demande-t-il pas déjà s’il a vraiment besoin de ce chantier-là ?

L’image du technicien a changé. Nolan se souvient d’un De Zerbi souriant, positif, enthousiaste en fin de saison dernière. Les conférences de presse, aujourd’hui, dégagent tout autre chose : un ton sombre, des messages plombants, une tendance à pointer du doigt joueurs et membres du staff. Pour Nolan, ce chemin « ne mène nulle part ailleurs que dans la mauvaise direction ».

Dans un vestiaire déjà fragilisé par les résultats, ce type de discours peut vite fissurer la relation entre le coach et son groupe. Et c’est précisément ce qui inquiète en interne comme à l’extérieur.

Kieran McKenna, spectateur… ou plus ?

Dans ce climat, la moindre image devient un indice potentiel. La présence de Kieran McKenna dans les tribunes de Spurs – Everton a fait parler. L’ancien entraîneur d’Ipswich Town, aujourd’hui libre, a été aperçu au stade, aux côtés de son épouse. De quoi alimenter les rumeurs d’un possible successeur en embuscade.

Stefan Borson, ancien conseiller financier de Manchester City, a trouvé cette apparition « étrange ». Sur Football Insider, il rappelle que faire venir un nouvel entraîneur en Premier League peut coûter autour de 10 millions d’euros, sauf lorsqu’il est libre, comme McKenna. Et il s’interroge : quel hasard pousse un coach sans club à passer son samedi soir à regarder Tottenham – Everton avec sa femme ? Vraie coïncidence ou simple repérage d’adversaire ? Ou tout autre chose ?

Borson juge la scène « un peu trop évidente », presque trop grossière pour ne pas éveiller les soupçons. Peut-être, concède-t-il, McKenna observait-il simplement Everton. Mais dans un club en crise, chaque détail nourrit la rumeur.

Tottenham a voulu s’arracher à la médiocrité et à la peur. Pour l’instant, le club regarde toujours vers le bas. La question n’est plus seulement de savoir quand viendra la première victoire. Elle est plus tranchante : jusqu’où la direction laissera-t-elle Roberto De Zerbi s’enfoncer avant de décider que le mauvais chemin a assez duré ?