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Thomas Müller : De joueur à supporter des soirées de Ligue des champions

Thomas Müller, désormais en bleu, continue de saigner rouge. Rouge Bayern. Rouge Champions League. Rouge de ces soirées qu’il connaît par cœur.

Mercredi, pendant que le monde avait les yeux rivés sur le quart de finale entre FC Bayern et Real Madrid, l’ancienne icône bavaroise n’était pas simplement devant sa télé comme un retraité nostalgique. Sur une vidéo publiée sur Instagram, on le découvre au cœur du vestiaire des Vancouver Whitecaps, entouré de ses nouveaux coéquipiers, tous massés dans ce qui ressemble à la salle de soins. Un coin de MLS transformé en fan-zone improvisée de l’Allianz Arena.

Müller, maillot rangé mais âme toujours bavaroise, a réussi son premier pressing nord-américain : convertir presque tout le vestiaire à la cause du Rekordmeister. Rires, cris, gestes vers l’écran… le groupe joue le jeu, adopte pour une nuit les couleurs de son vétéran allemand. Presque tout le monde, en tout cas.

Car au fond de l’image, un bras se lève… pouce tourné vers le bas. Ralph Priso, international canadien, refuse de se rallier. Le défenseur garde son camp, visiblement acquis à la cause madrilène. Pas un mot, juste ce signe clair, presque taquin. On imagine déjà la discussion à venir avec Alphonso Davies, son coéquipier en sélection, lorsque la saison laissera enfin un peu d’air. Le genre de débat qui ne se règle pas en une seule trêve internationale.

Au-delà du clin d’œil, la séquence dit beaucoup de la nouvelle vie de Müller. Le décor a changé, le continent aussi, mais les soirées de Ligue des champions restent son rendez-vous immuable. Il regarde désormais sur un écran ce qu’il a longtemps vécu au cœur du terrain. Pour la première fois, il n’est plus acteur de ces nuits-là. Juste un supporter de luxe, assis sur une table de massage, entouré de joueurs qui, pour la plupart, n’ont connu ces affiches qu’à travers la télévision.

Dans cette pièce, un seul homme sait ce que cela fait d’entrer sur la pelouse face au Real Madrid un soir de C1, de sentir l’hymne vibrer jusque dans le sternum. Un seul a soulevé tous les trophées possibles avec le FC Bayern. Ce contraste entre la grandeur de son passé européen et la simplicité de cette scène en MLS donne au moment une saveur particulière, presque irréelle.

Sur le terrain, à des milliers de kilomètres, Vincent Kompany et son Bayern ont offert à Müller – et au reste du monde – un match à la hauteur de ces retrouvailles européennes. Une de ces soirées qui rappellent pourquoi on s’assoit encore devant l’écran, même quand on a tout gagné. L’ancien numéro 25, lui, savoure, commente, vit chaque action avec la même intensité qu’à l’époque où il pressait les défenseurs adverses.

Et ce n’est sans doute qu’un début. Lorsque le FC Bayern retrouvera Paris Saint-Germain en demi-finale de la Champions League, personne ne devra chercher bien longtemps où sera Thomas Müller. Il sera là, quelque part à Vancouver, dans un vestiaire ou une salle de soins, entouré des Whitecaps, les yeux braqués sur l’écran, le cœur resté à Munich.