T20I à Christchurch : Phillips brille, Samson répond, la Nouvelle-Zélande s'impose
La soirée avait commencé par un simple coup de coin de Tim Seifert. Elle s’est terminée sur un switch-hit de Glenn Phillips pour quatre et un tonnerre de 225/4. Entre les deux, Christchurch a vu exactement ce que ce format promet quand les frappeurs décident de dicter la loi.
L’Inde avait choisi de chasser. Mitchell Santner aurait fait la même chose. À la fin, ce sont pourtant les Néo-Zélandais qui ont imposé le tempo, puis résisté à une riposte indienne aussi spectaculaire que brève.
Allen et Seifert mettent le ton
Bhuvneshwar Kumar ouvre, la balle bouge, Seifert vacille, mais survit. Un direct hit d’Axar Patel manque de peu la première frappe du match : le gardien néo-zélandais plonge et sauve son début d’innings. Quatre runs seulement au premier over, rien d’alarmant.
La pression bascule dès la deuxième manche. Arshdeep Singh, pour son 100e T20I, voit Finn Allen et Seifert se mettre en marche. Les simples s’enchaînent, puis Allen brise la retenue avec la première frontière de la rencontre. Bhuvneshwar est ensuite puni : no-ball, deux quatre, puis un énorme six de Seifert. Dix-sept runs dans l’over, la Nouvelle-Zélande file à 29/0 après trois overs. L’Inde court déjà derrière.
Arshdeep revient et se fait cette fois cibler par Allen, qui lui arrache trois frontières consécutives. Seifert ajoute une autre frappe vers la corde : encore 17 runs, 46/0 après quatre overs, le ton est donné. Mayank Yadav, l’une des nouveautés indiennes, entre alors dans le récit.
Mayank frappe, Allen embrase, Axar coupe
Mayank Yadav, pour son premier over, respire le calme au milieu du tumulte. Quelques runs pour Allen, deux balles sèches à Seifert, puis la faute : le gardien tente un slash, edge, Sanju Samson ne tremble pas. Seifert s’arrête à 24 sur 17, la première brèche est ouverte. 49/1 après cinq overs.
Allen, lui, ne lève pas le pied. Il trouve Axar Patel pour la première fois au septième over et l’accueille par un six plein axe, puis trois runs, avant que Daryl Mitchell ne se mette aussi au diapason avec un maximum. La Nouvelle-Zélande boucle le powerplay à 65/1, 16 runs dans l’over d’Axar, l’Inde encaisse.
La réponse d’Axar arrive vite. Allen, sur 45 (24 balles), tente une nouvelle fois de l’attaquer. Cette fois, il ne tient pas la frappe. Tilak Varma se place sous la balle et sécurise la prise. 81/2 après huit overs, Allen s’en va, mais il laisse un rythme que Glenn Phillips va transformer en déferlante.
Phillips monte en régime, Mitchell soutient, puis cède
Avec Phillips à ses côtés, Mitchell gère d’abord la transition. Les simples tombent, les frappes lourdes se préparent. Axar concède un énorme six de Phillips au dixième over, la balle vole dans les tribunes, le score grimpe à 98/2 après dix overs.
La paire Mitchell–Phillips commence alors à grignoter l’Inde. Mayank force un edge de Mitchell, mais Abhishek Sharma laisse filer la chance. Le droitier en profite aussitôt : deux frontières pour terminer l’over, 110/2 après onze overs. Nitish Kumar Reddy tente de contenir, mais Phillips se met à genoux pour un six monstrueux, puis profite d’une faute de Tilak à la limite pour voler deux runs supplémentaires. 122/2 après douze overs, la machine tourne.
L’Inde a besoin d’un arrêt net. Arshdeep le fournit. Mitchell, sur 28 (19), décide de s’en prendre au gaucher. Mauvais choix : Bhuvneshwar attend sereinement la balle dans le champ, la prise est propre, la troisième victime tombe. 133/3 après treize overs, l’Inde respire, mais un nouveau danger arrive aussitôt.
L’explosion Phillips–Jacobs
Bevon Jacobs ne demande aucun temps d’adaptation. Première balle, premier six. Le ton est donné. Les simples suivent, Phillips continue d’alimenter le tableau. Axar, pour son dernier over, semble d’abord s’en sortir avec quelques singles, puis Phillips appuie sur l’accélérateur : trois frontières d’affilée, 14 runs dans l’over, 147/3 après quatorze overs. La Nouvelle-Zélande tient sa plateforme.
Reddy revient, tente de varier, mais les Kiwis restent en contrôle. Jacobs frappe plein extra-cover pour deux, puis un simple, Phillips trouve un top edge qui retombe en sécurité et permet deux runs, les singles s’ajoutent. 158/3 après quinze overs, la barre des 200 est déjà en vue.
Mayank revient, et Phillips lui répond par un coup d’éclat : slower short ball, lecture parfaite, swivel, pull au-dessus de wide midwicket. Ce six-là vaut plus qu’un simple maximum, il marque aussi son 13e cinquante en T20I, en 27 balles seulement. Jacobs, après une tentative ratée, se rattrape avec un énorme six, puis un quatre pour fermer l’over. Dix-huit runs, 190/3 après dix-sept overs. L’Inde subit.
Arshdeep, pour son dernier over, arrache un moment clé : sur une balle que Jacobs pousse, le pacer parvient à la dévier du pied vers les stumps. Run-out confirmé par le troisième arbitre, Jacobs s’arrête à 31 sur 16. Soulagement indien, mais le mal est fait. Michael Bracewell arrive, les singles pleuvent, 199/4 après dix-huit overs.
Phillips finit en patron, 225 à chasser
Reddy revient pour la 19e. Bracewell, donné LBW sur un low full toss manqué en scoop, se sauve au DRS : la balle glisse finalement vers la jambe. Il en profite pour faire grimper la Nouvelle-Zélande à 200. Phillips, lui, reste implacable : deux frontières dans l’over, rotation de strike, 211/4 à un over de la fin.
Bhuvneshwar prend la dernière, mais débute par un wide. Phillips prend un simple, Bracewell tranche au-dessus de point pour trois, une autre wide s’ajoute. Les deux droitiers grattent les runs, puis Phillips, sur la dernière balle, sort un switch-hit pour quatre. Geste audacieux, conclusion parfaite. Il termine à 82 sur 40 balles, la Nouvelle-Zélande à 225/4, son plus gros total T20I à domicile, égalant aussi son record contre l’Inde.
Abhishek et Samson allument la mèche
Chasser 226 demande une entame sans peur. Abhishek Sharma et Sanju Samson s’avancent, Matt Henry en main. Samson est battu deux fois, mais répond par un superbe quatre, puis un simple. Abhishek, lui, entre dans le match avec un boundary puis un énorme six. 11/0 après un over, l’Inde ne se cache pas.
Adam Milne arrive, fait passer quelques frissons à Samson, mais se fait punir par deux frontières consécutives. L’Indien tente ensuite un pull, rate, puis drive sans trouver le trou. Un simple pour finir, 20/0 après deux overs.
Lockie Ferguson, censé ramener un peu d’ordre, se retrouve balayé par la tempête. Wide d’entrée, Abhishek prend un simple, et Samson s’en donne à cœur joie : quatre, six, quatre. Ferguson ajoute cinq wides sur un short ball mal contrôlé qui échappe à Tim Seifert. Vingt-deux runs dans l’over, 42/0 après trois, l’Inde répond coup pour coup.
Abhishek déchaîné, Samson en mode patron
Milne revient et vit un cauchemar. Abhishek trouve d’abord un edge pour quatre, puis profite d’une balle qui fuit Seifert pour cinq wides, le partenariat dépasse les 50. Un autre edge file à la corde, un short ball trop haut est signalé wide, puis le gaucher déclenche un pull pour six, avant un second maximum dans le même over. Vingt-six runs, 68/0 après quatre overs. La Nouvelle-Zélande vacille sous les frappes indiennes.
Henry tente de calmer Samson. Mauvaise idée. Le batteur indien recule, se met sur le pull et claque un quatre, puis un top edge qui retombe au-delà de la corde pour six. Il grimpe à 38 sur 17 balles, puis ajoute un simple. Henry concède un wide sur un bouncer trop haut pour Abhishek, qui finit l’over avec un drive pour deux. Quatorze runs, 82/0 après cinq overs. L’Inde a besoin de 144 runs sur 90 balles, mais surtout, elle a pris le dessus mentalement.
Michael Bracewell arrive pour fermer le powerplay. Samson manque la première, puis envoie la suivante dans les tribunes. Derrière, un quatre à un rebond le porte à 49. Une balle plus tard, il atteint un cinquante étincelant en seulement 23 balles, avec sept frontières et trois six. Déclaration d’intention claire pour cette tournée.
La fête s’interrompt pourtant brusquement : Abhishek, sur 29 (12), pousse et trouve une edge vers Adam Milne, qui ne laisse pas passer l’occasion. L’ouverture, explosive, prend fin. 94/1 après six overs, 132 runs à encore marquer en 84 balles.
Samson continue, mais le mur monte
Tilak Varma entre, prend un simple, Samson reste aux commandes. Bracewell poursuit, Samson le cueille d’entrée avec un énorme six, puis laisse tourner le strike. Les singles s’accumulent, l’Inde avance à 112/1 après huit overs, avec 114 runs encore à marquer en 72 balles.
Mitchell Santner se donne alors la balle. Tilak gratte vers deep square leg, Samson défend, puis ouvre les épaules pour un deux vers extra-cover. Il trouve ensuite une nouvelle frontière, puis un simple pour fermer l’over. Huit runs, 102/1 après sept, le capitaine néo-zélandais commence à resserrer l’étau.
L’Inde a lancé la poursuite à toute allure, portée par un Samson incandescent et un Abhishek sans complexe. La Nouvelle-Zélande, elle, s’est appuyée sur la furie de Phillips pour poser un total record. La question, désormais, n’est plus de savoir si ce match a tenu ses promesses offensives.
La vraie intrigue, c’est de savoir si cette équipe indienne, si explosive en tête, saura transformer ces éclairs en chasses réussies sur la durée de la série.




