RDC Sport

Sebastian Hoeness, futur entraîneur du Bayern ?

Uli Hoeness n’a pas eu besoin de beaucoup de mots pour relancer un vieux fantasme bavarois. Une simple phrase, lâchée au micro de DAZN, a suffi à installer un nouveau nom dans la liste des successeurs potentiels sur le banc du Bayern : celui de son neveu, Sebastian Hoeness.

« Il est au moins un candidat », a lancé le patriarche de 74 ans. Sec, clair, assumé. Et forcément explosif à Munich.

Kompany encensé, mais la porte entrouverte

Ce qui frappe, c’est que cette sortie ne vient pas dans un moment de crise. Bien au contraire. Uli Hoeness se montre dithyrambique envers Vincent Kompany, l’homme qui a remis le Bayern en ordre de marche, réorganisé un effectif bousculé et redonné au club un visage offensif, conquérant, digne de son rang.

« Il peut rester ici encore cinq ou dix ans pour ce qui me concerne », insiste-t-il. Le message est limpide : aucun désir de changement, aucune impatience. Au contraire, une vraie confiance.

Hoeness attribue directement au Belge la métamorphose de l’équipe : à partir d’un groupe de « 15, 16 ou 18 très bons joueurs individuels », Kompany a façonné un bloc homogène. Une équipe, une vraie. Un collectif où, selon lui, « tous les joueurs sont devenus meilleurs ».

Difficile de faire plus clair : Kompany a le feu vert du patron historique. Mais la phrase sur Sebastian reste là, comme une note en bas de page qui pourrait vite remonter dans le texte principal.

Sebastian Hoeness, de la survie à la coupe

Si Uli Hoeness se permet de prononcer le nom de son neveu dans le contexte du Bayern, ce n’est pas par simple affection familiale. Sebastian s’est bâti, à Stuttgart, un crédit sportif qui dépasse largement le cadre des liens de sang.

Quand il arrive au VfB en 2023, le club regarde le gouffre de la 2. Bundesliga droit dans les yeux. Il récupère une équipe en panique, plombée par la peur de descendre. Deux ans plus tard, Stuttgart est redevenu une vraie force de Bundesliga. Et surtout, le club a soulevé la DFB-Pokal en 2025. Une trajectoire renversante.

Uli Hoeness ne cache pas son admiration : « Je lui tire vraiment mon chapeau », confie-t-il. Il va même plus loin : Sebastian bénéficie, dit-il, du plus grand respect de sa part, « juste après notre propre entraîneur ». La hiérarchie est posée. Kompany d’abord, Sebastian juste derrière. Mais derrière… et déjà dans le rétroviseur.

Un bâtisseur qui encaisse les coups

Le dirigeant bavarois insiste sur un point précis : la capacité de son neveu à reconstruire dans l’adversité. À Stuttgart, Sebastian Hoeness a dû gérer des départs majeurs, des pièces essentielles de son puzzle arrachées au fil des mercatos.

Au lieu de s’effondrer, il a absorbé les chocs. « Il se secoue, continue et revient toujours », résume Uli Hoeness. Une phrase qui dit beaucoup de la perception qu’il a de lui : un entraîneur qui ne se contente pas de surfer sur une vague, mais qui sait en recréer une nouvelle quand la précédente se brise.

Pour Uli, Sebastian a « stabilisé le club dans une phase critique ». Dans un championnat où la pression écrase souvent les entraîneurs, ce genre de qualité ne passe pas inaperçu. Surtout à Munich, où la moindre mini-crise devient affaire d’État.

Le parfum du retour à la maison

Un éventuel passage de Sebastian Hoeness sur le banc du Bayern aurait, en plus, un goût de retour aux sources. L’homme connaît déjà la maison. Il a dirigé les U19, puis l’équipe réserve du club. Il a grandi dans les couloirs de Säbener Straße, appris les codes, intégré la culture.

Avant de s’imposer à Hoffenheim puis de faire exploser sa cote à Stuttgart, il avait déjà laissé l’image d’un technicien prometteur dans la galaxie Bayern. Le voir un jour revenir en patron ne serait pas une révolution, mais une boucle bouclée.

Pour l’instant, pourtant, il n’est qu’« au moins un candidat ». Rien de plus officiel. Rien d’immédiat. Mais dans la bouche d’Uli Hoeness, ce simple statut prend une autre dimension. À Munich, ce genre de phrase ne se perd jamais vraiment.

Berlin, scène idéale pour un face-à-face symbolique

Le destin a bien fait les choses. Le débat sur l’avenir du banc bavarois va trouver une scène parfaite : Berlin, le 23 mai. D’un côté, le « maître » actuel, Vincent Kompany, qui a déjà conquis le vestiaire et replacé le Bayern au sommet du championnat. De l’autre, celui que beaucoup voient comme un successeur crédible, Sebastian Hoeness, tenant du titre en DFB-Pokal avec Stuttgart.

Ce ne sera pas seulement une finale. Ce sera un duel de trajectoires. L’un défend l’ordre établi, l’autre incarne une possible relève.

Si Stuttgart parvient à conserver la coupe face au géant bavarois, le bruit autour de Sebastian Hoeness ne fera que monter. S’il s’incline, sa progression fulgurante ne sera pas pour autant remise en question. Dans tous les cas, cette soirée à Berlin ajoutera un chapitre de plus à une histoire déjà très chargée en sous-entendus.

Pour l’instant, le Bayern a son homme. Kompany convainc, gagne et séduit. Mais quelque part en Souabe, un autre Hoeness continue de prouver, semaine après semaine, qu’il a le profil pour un jour revenir à Munich par la grande porte. La seule vraie question, désormais, n’est plus de savoir s’il est un candidat. Mais quand son nom passera du conditionnel au présent.