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Rrahmani quitte la sélection du Kosovo : un capitaine en révolte

C’était le capitaine, le repère, le visage de la sélection. Amir Rrahmani a décidé de tout arrêter avec le Kosovo. Brutalement, fermement, et en visant directement les dirigeants.

À 32 ans, le défenseur central de Napoli a annoncé sa retraite internationale après dix ans passés sous le maillot du Kosovo, pour un total de 66 sélections. Une décennie bouclée dans un climat explosif avec la Fédération de football du Kosovo (FKK).

Un capitaine qui tourne le dos à sa sélection

Vendredi soir, Rrahmani a officialisé sa décision sur ses réseaux sociaux. Pas de langue de bois, pas de détour. Le joueur a expliqué qu’il ne porterait plus le maillot du Kosovo tant que la FKK resterait dirigée par ses responsables actuels.

Derrière ce choix, une rupture totale avec l’institution. Il décrit un sentiment d’abandon, une absence de soutien de la part de ceux qui sont censés protéger les joueurs et défendre leurs intérêts.

Après dix ans de sélection, dont sept en tant que capitaine, son retrait laisse un vide immense. Il n’était pas seulement un cadre : il était le symbole de cette équipe, l’un de ceux qui ont accompagné la montée en puissance du Kosovo sur la scène internationale.

Attaques, désaccords et amertume

Dans son message, Rrahmani raconte des années de tensions jamais résolues. Il évoque des « désaccords persistants », une accumulation de problèmes internes, et surtout l’absence de personnes compétentes pour les traiter. Selon lui, rien n’a bougé depuis longtemps. Rien n’a été corrigé.

Pire, le défenseur affirme avoir été la cible d’attaques répétées depuis plus de deux ans, orchestrées, selon ses mots, par ceux-là mêmes qui devraient le soutenir. Une situation devenue intenable pour un joueur qui portait le brassard.

Il présente sa décision comme un acte de protection. Protection de son intégrité de capitaine, de professionnel, mais surtout de ses valeurs personnelles. Un choix lourd, mais assumé.

Une porte entrouverte… sous conditions

Rrahmani ne ferme pas totalement la porte à un retour. Mais le message est clair : il ne reviendra qu’en cas de changement profond à la tête de la FKK. Tant que la structure dirigeante restera la même, il restera à distance de la sélection.

En attendant, le défenseur va se concentrer sur son club. Pilier de la défense de Napoli, avec déjà plus de 200 matchs disputés, il demeure une pièce essentielle du club italien. Son avenir immédiat se jouera en Serie A, loin des tourments de la sélection kosovare.

Un vide immense pour le Kosovo

Pour le Kosovo, le choc est réel. Perdre son capitaine, son joueur le plus expérimenté, en plein conflit institutionnel, c’est bien plus qu’un simple départ sportif. C’est un signal d’alarme.

La sélection doit désormais se trouver un nouveau leader, reconstruire un vestiaire sans celui qui en était la voix dominante depuis sept ans. La tâche s’annonce délicate, tant sur le plan sportif que symbolique.

La question est désormais simple, mais brûlante : le Kosovo saura-t-il se réinventer sans son capitaine historique ou devra-t-il d’abord se regarder dans le miroir de sa propre fédération ?