Roshn League : les supporters d’Al-Ahli se retournent contre Marino Pusic
À Riyad, l’ambiance a basculé bien avant le coup de sifflet final. Il a suffi de 45 minutes du mini-Clasico face à Al-Shabab pour que la relation déjà fragile entre Marino Pusic et les supporters d’Al-Ahli Saudi explose au grand jour.
Au SHG Arena, pour cette 12e journée de Roshn League, le club de Djeddah espérait un choc de prestige. Il a surtout vécu une première période cauchemardesque. Mené 3-1 à la pause, Al-Ahli a vacillé, et la tribune verte a fini par lâcher son entraîneur.
Une expulsion qui fait tout basculer
Le tournant arrive tôt. À la 22e minute, le gardien surnommé « l’Élégant », Abdulrahman Al-Sanbi, est expulsé. Avec un joueur de moins, la structure d’Al-Ahli s’effondre. Al-Shabab en profite et se crée une série d’occasions franches, parfois manquées, mais suffisamment nombreuses pour installer un sentiment d’impuissance chez les visiteurs.
Le 3-1 à la mi-temps ne raconte même pas toute la domination du club de la capitale. Al-Shabab aurait pu alourdir encore davantage le score tant les espaces s’ouvraient derrière une défense d’Al-Ahli déboussolée.
Le coup de sifflet de la pause agit alors comme un déclencheur.
« Pusic out » : le verdict des tribunes
Dès que l’arbitre renvoie les équipes aux vestiaires, le message fuse des travées occupées par les fans d’Al-Ahli : un « Pusic out » massif, clair, répété. Plus un slogan qu’un simple chant. Une sentence.
Ce n’est pas un incident isolé. Le public d’Al-Ahli avait déjà exprimé sa colère contre le technicien néerlandais ces dernières semaines. Sa gestion, ses choix, et surtout certains mouvements du mercato ont laissé des traces. Le recrutement du milieu ukrainien Artem Bondarenko en provenance de Shakhtar a cristallisé une partie du mécontentement, vu par plusieurs supporters comme le symbole d’une politique sportive qu’ils contestent.
Face à Al-Shabab, la frustration sportive s’est mêlée à ce ressentiment latent. La première période ratée a simplement mis le feu aux poudres.
Un bilan qui interroge malgré de bons chiffres
Les chiffres bruts ne condamnent pourtant pas Marino Pusic. Arrivé en début de saison pour succéder à l’Allemand Matthias Jaissle, le Néerlandais affiche un bilan loin d’être catastrophique : 16 matchs dirigés, 11 victoires, 4 défaites, un seul match nul.
Sur le papier, c’est solide. Sur le terrain, et surtout dans les tribunes, l’histoire est différente. Les attentes autour d’Al-Ahli, renforcé et ambitieux dans cette Roshn League, dépassent la simple addition des succès. Les supporters veulent une équipe dominante dans les grands rendez-vous, capable de maîtriser ses nerfs et ses temps faibles. À Riyad, ils ont vu l’inverse.
Le contraste entre les résultats globaux et la colère populaire pose désormais une question lourde : jusqu’où la direction d’Al-Ahli ira-t-elle pour défendre son entraîneur face à une base de fans qui réclame ouvertement sa tête ?



