Romelu Lukaku quitte Naples pour Fenerbahçe : un nouveau départ
Romelu Lukaku tourne une nouvelle page. Le buteur belge quitte le Stadio Diego Armando Maradona pour rejoindre Fenerbahçe, contre un montant d’environ 6 M€ plus des bonus liés aux performances. Un tarif modeste pour un nom aussi lourd sur la scène européenne, mais qui dit beaucoup de la volonté de Napoli de changer d’ère en attaque.
Le club italien avait déjà préparé le terrain. Plus tôt dans le mercato, les dirigeants napolitains ont sécurisé la signature définitive de Rasmus Hojlund en provenance de Manchester United, pour 44 M€ (38 M£). Avec le Danois installé comme option à long terme, la voie était libre pour acter le départ de Lukaku et alléger une masse salariale devenue pesante.
Fin de cycle à Naples
À 31 ans, Lukaku ne part pas au sommet de son influence à Naples. Les derniers mois ont été compliqués. Physiquement d’abord, avec une série de pépins qui l’ont limité à seulement sept apparitions en club la saison passée. En coulisses ensuite, avec un épisode mal digéré par la direction : une séance d’entraînement non autorisée en Belgique au printemps, qui lui a valu des avertissements disciplinaires de la part du directeur sportif Giovanni Manna.
Ce mélange de fragilité physique et de tensions internes a accéléré la décision. Naples a tranché : place aux jambes fraîches, à Hojlund et à un projet rajeuni. Lukaku, lui, file vers Istanbul.
Fenerbahçe en mode reconstruction XXL
En Turquie, Lukaku ne débarque pas dans un décor tranquille. Il arrive au cœur d’un chantier XXL. Fenerbahçe se reconstruit à marche forcée pour retrouver le sommet du championnat. Le club stambouliote empile les renforts de haut niveau et le Belge devient une nouvelle pièce maîtresse de ce puzzle ambitieux.
Il rejoint une équipe déjà sérieusement musclée cet été. En défense, Nathan Aké est arrivé de Manchester City. Sur les côtés, Mason Greenwood débarque après son passage à Marseille. Devant, Vedat Muriqi reste sur une saison à 23 buts en Liga avec le Real Mallorca et s’affirme comme un partenaire ou un concurrent de poids dans la surface.
Dans ce contexte, Lukaku n’est pas un simple coup médiatique : il est censé incarner la puissance offensive d’un Fenerbahçe qui veut reprendre le pouvoir sur la scène nationale.
Un nouveau départ après une saison hachée
Pour le Belge, ce transfert ressemble à une bouffée d’oxygène. Sa dernière saison en club a été morcelée, frustrante, à mille lieues de ses standards. Pourtant, dès qu’il a enfilé le maillot de la sélection, le discours a changé.
Avec la Belgique, Lukaku a disputé les six matches du dernier Mondial et inscrit trois buts, contribuant au parcours jusqu’en quarts de finale. Une preuve éclatante que, lorsqu’il est lancé, le moteur tourne encore très fort.
La Turquie lui offre donc un cadre différent, une pression d’un autre type, mais surtout un vestiaire bâti pour gagner tout de suite. Une occasion rare de se réinstaller au centre du projet, après plusieurs années faites de retours, de prêts et de parenthèses.
Après Conte, une nouvelle vie
Ce départ intervient aussi dans le sillage d’une autre séparation majeure : celle avec Antonio Conte. L’Italien reste l’entraîneur qui a le mieux su exploiter les qualités de Lukaku, que ce soit à Chelsea, à l’Inter ou à Napoli.
Les retrouvailles au Stadio Diego Armando Maradona avaient été immédiates et efficaces. Ensemble, ils ont décroché le titre de Serie A 2024-2025, Lukaku signant 14 buts en championnat. Un dernier sommet commun avant que les deux hommes ne quittent le club dans la foulée.
Leur relation s’était construite bien plus tôt, à l’Inter. Sous les ordres de Conte, Lukaku a connu la période la plus prolifique de sa carrière : 34 puis 30 buts sur deux saisons consécutives, une finale de Ligue Europa et le Scudetto 2020-2021. Cette explosion l’avait propulsé vers un retour tonitruant à Chelsea, pour 97,5 M£. La suite, moins linéaire, a ouvert la porte à ce long périple.
Une carrière de globe-trotter qui ajoute une escale
Fenerbahçe devient une nouvelle étape dans un parcours déjà riche en grands clubs et en contrastes. Après un deuxième passage éclair à Chelsea, Lukaku a enchaîné les prêts : retour à l’Inter, avec une finale de Ligue des champions en 2022-2023, puis passage à la Roma.
Ces expériences ont finalement débouché sur son transfert définitif à Napoli en 2024. À peine un an plus tard, le voilà en Turquie, attendu comme le fer de lance d’un projet qui ne cache pas ses ambitions.
Reste une question simple, mais centrale : dans un environnement qui lui confiera à nouveau les clés de l’attaque, Romelu Lukaku peut-il redevenir ce numéro 9 irrésistible qui faisait plier l’Europe ?




