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Comment les règles financières de la Premier League protègent les « Big Six » et poussent Aston Villa et Newcastle à vendre leurs meilleurs joueurs

Depuis la fermeture du mercato estival, certains clubs anglais ambitieux commencent à mesurer l'impact des nouvelles régulations financières en Premier League. Aston Villa et Newcastle, deux clubs récemment entrés dans le top 4, ont dû vendre plusieurs joueurs clés pour respecter ces règles.

Lors de la première journée de la saison dernière, les supporters d'Aston Villa et de Newcastle s’étaient unis pour chanter une critique cinglante contre la Premier League, dénonçant sa corruption. Ce mécontentement découle des restrictions imposées par les règles sur le profit et la durabilité financière (PSR) qui limitent les dépenses et obligent à des ventes forcées.

Eddie Howe, ancien entraîneur de Newcastle, expliquait : « Les restrictions nous forcent à vendre des joueurs que nous ne voulons pas perdre et nous empêchent d’acheter pour renforcer l’équipe. Ces problèmes ne disparaîtront pas. »
Unai Emery, alors entraîneur d’Aston Villa, ajoutait dans ses notes de programme : « Les règles financières ont conditionné notre investissement. Elles ont été créées pour éviter les faillites, mais elles limitent aussi les clubs bien gérés qui veulent viser plus haut. »

Une réforme qui ne change pas tout

La Premier League a introduit un nouveau système financier avant la saison 2026-27, remplaçant les anciennes règles PSR par le ratio de coût de l'effectif (SCR) et la durabilité et résilience systémique (SSR). Malgré cela, certains pensent que ces mesures risquent d’élargir encore l’écart entre les élites et les clubs ambitieux comme Villa ou Newcastle.

Origines des règles financières

Les PSR datent de 2013, en réaction aux règles UEFA de Financial Fair Play (FFP). L’objectif était d’empêcher les pertes excessives, avec un plafond fixé à 105 millions de livres sur trois ans, plus indulgent que les règles européennes.

Mais ce plafond n’a jamais été ajusté à l’inflation, ce qui a pénalisé les clubs rachetés par de nouveaux propriétaires riches mais générant moins de revenus. Newcastle, par exemple, contrôlé depuis 2021 par le fonds saoudien PIF, ne pouvait pas rivaliser financièrement avec les « Big Six » car son chiffre d'affaires reste inférieur.

Kieran Maguire, expert de The Price of Football, note : « Ces règles empêchent les clubs avec des propriétaires ambitieux d’investir massivement comme l’ont fait Roman Abramovich à Chelsea ou Sheikh Mansour à Manchester City. »

Ventes majeures et conséquences

Durant l’été, Newcastle a dû céder son meilleur attaquant Anthony Gordon, ainsi que Bruno Guimaraes et Sandro Tonali. Villa a perdu six titulaires, dont Emiliano Martinez et Lucas Digne. Le transfert de Morgan Rogers à Chelsea, un club non qualifié en Ligue des champions cette saison, a particulièrement choqué les fans villans.

L’impression de deux poids deux mesures s’est renforcée, surtout en voyant Tottenham dépenser sans compter après deux saisons décevantes.

La gestion difficile des clubs ambitieux

Villa et Newcastle dépensent beaucoup en salaires, dépassant souvent 90 % de leurs revenus, ce qui complique leur équilibre financier. Contrairement à Chelsea ou City, ils ne peuvent pas se permettre d'accumuler un grand nombre de joueurs ni de faire des profits sur les transferts comme ces géants.

« Les joueurs sont comme des œuvres d’art sans valeur définie », explique Maguire. « Certaines transactions estivales semblent opportunistes pour équilibrer les comptes. »

Le nouveau cadre SCR et SSR, une évolution limitée ?

Le SCR limite désormais les dépenses liées à l’effectif à 85 % des revenus liés au football, contre 70 % pour les clubs européens. Richard Masters, CEO de la Premier League, affirme que ce système apporte plus de souplesse et encourage une gestion financière responsable au fil de la saison.

« Nous donnons plus de marge aux clubs pour investir progressivement et permettre à l’ensemble des équipes de rester compétitives », précise Masters.

Aston Villa et Newcastle ont soutenu ce changement, mais d’autres clubs comme Brentford ou Leeds s’y sont opposés, craignant que la pression sur les ventes devienne trop forte, notamment pour les joueurs formés au club.

Une compétition inégale mais toujours populaire

Masters souligne qu’abolir toute régulation financière plongerait la Premier League dans le chaos, accroissant encore les disparités. Il rappelle les succès récents de Villa en Europe et l’ambition renouvelée de Newcastle.

Cependant, certains supporters pensent que les titres restent réservés aux clubs qui dépensent le plus, mettant en doute la crédibilité sportive. Kieran Maguire observe que malgré les critiques, l’engouement populaire demeure fort, car les fans soutiennent inconditionnellement leur équipe, peu importe la manière.

En somme, la popularité de la Premier League semble intacte malgré les débats sur la régulation financière, avec une majorité d’amateurs satisfaits du statu quo et peu enclins à en changer.