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Le Real Madrid rappelle José Mourinho pour redresser la saison

Le Real Madrid a tranché. Pour éteindre l’incendie d’un vestiaire en crise et d’une saison sans trophée, Florentino Pérez a décidé de revenir à une valeur sûre : José Mourinho. Le Portugais a donné son accord pour reprendre le banc madrilène avec un contrat de deux ans, assorti d’une option pour une année supplémentaire.

L’officialisation est attendue après le dernier match de la saison face à l’Athletic Club dimanche. La présentation, elle, est prévue à Madrid la semaine suivante. Un retour qui n’a rien de nostalgique : il s’agit d’une opération de reprise en main.

Un vestiaire en crise, un président en alerte

Depuis le limogeage de Xabi Alonso en janvier, après seulement sept mois en poste, c’est Alvaro Arbeloa qui assure l’intérim. Deux anciens lieutenants de Mourinho sur le terrain, incapables de stabiliser un groupe miné par les polémiques hors du terrain et par une fin de saison sans titre.

Pérez a choisi de revenir à celui qui, lors de son premier passage, avait brisé l’hégémonie du Barça de Pep Guardiola. LaLiga à 100 points, un record jamais dépassé, reste gravée dans la mémoire du président. Dans un club où l’ego est presque une monnaie interne, il lui fallait une figure capable de regarder tout le monde dans les yeux. Peu de noms dans le football peuvent rivaliser en poids symbolique avec celui de José Mourinho.

Le message est clair : le Real Madrid ne cherche pas un simple entraîneur. Il veut un chef.

Benfica bouclé, Madrid en ligne de mire

Mourinho a terminé sa saison avec Benfica samedi, par une victoire 3-1 contre Estoril et une troisième place en Liga Portugal, sans la moindre défaite en championnat. Huit mois seulement après avoir signé un contrat de deux ans, il active une clause de sortie fixée à 2,6 millions de livres pour filer au Bernabéu.

Il ne viendra pas seul. Selon les informations de Sky Sports News, quatre membres de son staff à Benfica le suivront dans cette nouvelle aventure madrilène. Une équipe technique déjà rodée, prête à s’attaquer à un environnement qu’il connaît par cœur.

L’architecte de ce retour, dans l’ombre, reste Jorge Mendes. L’agent portugais a mené les négociations entre Mourinho et Pérez, scellant la réédition d’un tandem qui a déjà marqué l’histoire récente du club.

Un Mourinho différent, une mission similaire

L’homme qui revient n’est plus exactement celui qui avait embrasé les Clasicos au début des années 2010. Ceux qui le côtoient parlent d’un Mourinho plus apaisé, moins porté sur la confrontation permanente, davantage enclin à mettre un bras autour de l’épaule qu’à frapper du poing sur la table.

Mais la mission, elle, ne change pas vraiment : imposer une ligne, une discipline, une hiérarchie dans un vestiaire où les tensions ont trop souvent pris le dessus. Les problèmes de comportement, les histoires extra-sportives, les débats sur le leadership du groupe ont fini par peser plus lourd que les résultats.

Il sait ce qui l’attend. Il a déjà vécu la pression madrilène, la guerre des clans, la rivalité permanente avec Barcelone. Cette fois, le décor est différent, mais la température reste la même.

Vinicius, Mbappé et l’équation offensive

Un des premiers dossiers brûlants portera un nom : Vinicius Junior. La relation entre la star brésilienne et Mourinho sera scrutée dès le premier jour. L’avenir contractuel de Vinicius au Real Madrid dépendra aussi du climat qu’il trouvera avec son nouvel entraîneur.

Autre question lourde : comment faire cohabiter dans le même onze Kylian Mbappé et Vinicius ? Toute la saison, le débat a enflammé les discussions autour du club. Mourinho arrive justement pour trancher ce type de dilemme. Pérez est convaincu qu’il a le caractère pour imposer des choix forts et faire accepter les sacrifices nécessaires dans un vestiaire rempli de statuts XXL.

Le Portugais ne compte pas se disperser. Il renoncera aux habituelles piges de consultant pendant la Coupe du monde pour se consacrer entièrement à la reconstruction de son Real.

Souvenirs de 100 points et de records

Lors de son premier passage, à partir de 2010, Mourinho avait été recruté pour faire tomber le Barça de Guardiola, sans doute l’une des plus grandes équipes de l’histoire du football de clubs. Sa première saison avait été rude : un 5-0 cinglant au Camp Nou en novembre, et un Barça champion d’Espagne et d’Europe.

Mais le Portugais avait riposté. Il avait empêché les Catalans de réaliser un nouveau triplé en remportant la Copa del Rey face à eux. Surtout, il avait mis fin à quatre ans de disette en Liga en offrant au Real Madrid le titre 2011/12 dans une campagne record.

Cent points, 121 buts marqués, 32 victoires en championnat : des chiffres qui tiennent toujours dans les livres. Barcelone a égalé la barre des 100 points la saison suivante, sans jamais la dépasser. Le record offensif de ce Real-là n’a pas été effacé.

Ces références pèsent lourd dans l’esprit de Pérez. Elles expliquent pourquoi, en 2021 déjà, il avait tenté de faire revenir Mourinho. À l’époque, le Portugais avait décliné, déjà engagé verbalement et contractuellement avec la Roma. Le président madrilène est revenu à la charge. Cette fois, la porte s’est ouverte.

Après Ancelotti, un autre pari fort

Le Real Madrid n’en est pas à son premier choix contesté. Quand Carlo Ancelotti avait retrouvé le banc madrilène après ses passages compliqués au Bayern Munich, à Napoli et une dixième place avec Everton, les sourcils s’étaient déjà levés. La suite avait donné raison au club.

Mourinho arrive, lui aussi, avec des doutes autour de sa capacité à rééditer ses grandes années. Il en est persuadé : il peut encore rivaliser avec le très haut niveau et revivre les succès du passé. Le Real Madrid, de son côté, lui confie un chantier immense, mais lui offre aussi l’outil le plus puissant du football européen : un effectif d’exception, un stade rénové, et un président qui le connaît par cœur.

Reste une question, simple et brutale : ce Mourinho nouvelle version saura-t-il dompter un vestiaire plus explosif encore que celui qu’il a quitté, et écrire un deuxième acte à la hauteur de ses propres records ?