Réactions excessives après le premier mois de Premier League : Manchester City invincible, United au plus bas, Arsenal démasqué
La Premier League s'arrête pour une trêve internationale prolongée, offrant l'occasion parfaite pour remettre en question certains jugements précipités. Après cinq journées, les discussions vont bon train sur qui domine vraiment, qui est en crise et quels entraîneurs pourraient sauter.
Manchester City : invincibles ou non ?
Au Royaume-Uni, il est devenu presque automatique de demander "Comment rivaliser avec Manchester City ?" dès que Pep Guardiola et son équipe enchaînent les victoires. Six titres en sept ans alimentent cette peur, même si trois d'entre eux se sont joués lors de la dernière journée. Enzo Maresca a bien commencé sa mission de successeur de Guardiola, avec cinq victoires en cinq matches en championnat et sept succès toutes compétitions confondues.
Cependant, cette équipe n'est pas identique à celle de Guardiola. Le turnover est important, le style de jeu a évolué, et la dernière conquête du titre remonte à deux ans. Les pronostics d'avant saison plaçaient City souvent derrière Manchester United ou même hors du top 4. Certes, l'arrivée d'Enzo Fernandez, Ayyoub Bouaddi et Iliman Ndiaye a renforcé l'équipe. Malgré tout, certaines rencontres ont été laborieuses : un come-back tardif contre Bournemouth, une victoire chanceuse face à Coventry, et un derby de Manchester où ils n'ont pas brillé avant l'expulsion de Phil Foden.
Leur prestation la plus aboutie reste celle contre Crystal Palace, mais le niveau global de la compétition semble s'être intensifié. City montre une grande résilience soutenue par des talents individuels, mais ce n'est pas encore une machine infaillible.
Arsenal mis à nu
Le mot "invincible" ne colle jamais vraiment à Arsenal. Leur équipe menée par Mikel Arteta manque parfois d'efficacité offensive et dépend souvent de détails pour s'imposer. C'est pourquoi la lourde défaite 3-0 à Brighton a surpris. Brighton, très bien organisés, ont dominé sans difficulté.
Malgré ce revers, le bilan reste impressionnant : des victoires difficiles mais importantes à Aston Villa et Sunderland, un retour victorieux contre Chelsea, et aucun match facile hormis le premier contre Coventry. La tactique employée par Brighton pourrait inspirer d'autres équipes, mais peu de clubs en Premier League affichent une telle cohérence tactique et stabilité managériale.
Des équipes comme Brighton, Leeds, Brentford ou Sunderland impressionnent par leur organisation et familiarité avec la vision de leurs entraîneurs. Cette stabilité manque à d'autres, notamment à Manchester United.
Manchester United au plus bas ?
Gary Neville a peut-être exagéré en qualifiant l'état actuel de Manchester United comme le pire jamais vu. Le début de saison de United est compliqué, marqué par des défaites sévères et un jeu souvent décousu. Pourtant, ce n’est probablement pas la pire période de l’histoire récente du club.
Les 15 minutes catastrophiques contre Fulham ne sont qu’un exemple parmi d’autres moments difficiles. Les chiffres montrent que United touche plus de ballons dans la surface adverse que n'importe quelle autre équipe et concède le moins d'occasions dans la leur selon Opta. Ils combinent donc maladresse et un brin de malchance.
Avec une Premier League aussi compétitive, finir dans le top 4 ou 5 ne demande pas une performance exceptionnelle. L'objectif pour Carrick ou son successeur sera de maintenir l'équipe en lice pour la Ligue des champions et assurer un revenu stable, malgré une direction parfois incohérente.
United ne gagneront pas la Premier League cette saison, mais rivaliser pour une place européenne reste accessible. Plutôt que de dramatiser, il faut accepter une réalité plus modérée pour ce club toujours marqué par les années post-Ferguson.




