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Erik ten Hag accuse Cristiano Ronaldo et critique la direction de Manchester United

Erik ten Hag n’a pas adouci le récit. L’ancien manager de Manchester United affirme que Cristiano Ronaldo a « laissé tomber l’équipe » durant leur cohabitation à Old Trafford, et accuse aussi les propriétaires du club de n’avoir pas tenu leurs promesses avant son limogeage en 2024.

Ronaldo, « il a laissé tomber l’équipe »

Ronaldo était déjà revenu à Manchester United depuis l’été 2021 lorsque Ten Hag a pris les commandes avant la saison 2022-2023. Sur le papier, l’alliance entre l’icône portugaise et le technicien néerlandais devait incarner la relance du club. Sur le terrain, la relation a explosé en plein vol.

Dans un entretien accordé à The Athletic, Ten Hag résume sans détour : « Il a laissé tomber l’équipe, et il m’a laissé tomber, parce que nous avions planifié avec lui. » Le Néerlandais rappelle pourtant le statut unique du quintuple Ballon d’Or : « Évidemment, c’est l’un des meilleurs de l’histoire du football. Je le respectais énormément. Mais à ce moment-là, en tant qu’entraîneur, je devais prendre une décision rationnelle et garder les joueurs que j’admirais. »

Le point de rupture s’était déjà dessiné. Refus de rentrer en jeu en fin de match face à Tottenham en octobre, départ prématuré vers le vestiaire, puis interview télévisée où Ronaldo critique publiquement le club : la cassure devient irréversible. Son contrat est résilié d’un commun accord le mois suivant.

Ten Hag va plus loin. Il raconte un joueur qui ne respectait plus les exigences physiques imposées au groupe. Après la lourde défaite 4-0 contre Brentford, le staff avait prévu une course punitive pour l’ensemble de l’effectif. Selon lui, Ronaldo n’a pas effectué l’intégralité du travail.

« Je l’ai confronté à ça, explique Ten Hag. Beaucoup de fois je lui ai dit : “Ronnie, tout le monde veut travailler pour toi, pour te mettre dans la bonne position, mais si tu ne peux pas te mettre toi-même dans la surface, tu ne peux pas marquer.” Il n’en était plus capable. »

Pour le Néerlandais, le problème ne venait pas d’un excès d’efforts défensifs ou d’un pressing trop intense, comme certains l’ont suggéré. C’était plus profond. « C’est une mauvaise idée de dire que j’attendais de lui qu’il fasse le pressing, qu’il soit épuisé. Mais il ne pouvait pas. Il ne courait ni avec ballon, ni sans ballon. La raison, c’est qu’il ne se préparait pas. »

Promesses rompues et limogeage amer

Erik ten Hag n’en reste pas à Ronaldo. Il règle aussi ses comptes avec les propriétaires de Manchester United, qu’il accuse de l’avoir laissé exposé, puis abandonné.

En mai 2024, il soulève la FA Cup, puis signe une prolongation de contrat. Cinq mois plus tard, en octobre, il est limogé alors que United végète à la 14e place de Premier League. Entre-temps, affirme-t-il, les engagements pris en interne n’ont pas été respectés.

« Ils m’ont promis de la loyauté, du soutien, de la communication, que nous serions alignés. Nous avons parlé des problèmes. Mais les promesses, ils ne les ont pas tenues », lâche-t-il.

Un épisode symbolise, à ses yeux, cette rupture de confiance : la vente de Scott McTominay à Napoli. Ten Hag assure avoir clairement posé un veto. « J’ai dit : “Pas de vente de Scott McTominay”. Et au final, ils l’ont vendu. J’ai été, bien sûr, très embarrassé et déçu. »

Pour un manager qui revendique un projet à long terme, voir un cadre partir contre son avis, peu après une prolongation censée valider sa vision, a eu l’effet d’une gifle publique.

Ronaldo encore sanctionné avec le Portugal

Pendant que Ten Hag revisite ce chapitre tendu de son passage à Manchester, Cristiano Ronaldo vit lui aussi une période agitée, cette fois avec la sélection portugaise.

La Fédération portugaise a confirmé lundi une suspension de 30 jours infligée par le conseil de discipline au joueur de 41 ans, assortie d’une amende de 255 €. Motif : son départ du rassemblement de la Seleção après un accrochage avec le sélectionneur Jorge Jesus au sujet de son rôle dans l’équipe.

Ronaldo avait quitté le camp de base de la sélection à Copenhague avant le match de Nations League contre le Danemark plus tôt ce mois-ci. Il reprochait à Jesus d’avoir rompu par deux fois sa parole sur son statut, après être resté sur le banc face à la Norvège.

Jorge Jesus a nié l’existence d’un accord préalable, tout en laissant une ouverture à un retour du joueur après la victoire 2-1 contre le Danemark. La porte n’est donc pas fermée.

Ronaldo, lui, a présenté des excuses pour ne pas avoir salué les supporters après le match contre la Norvège et pour avoir quitté ses coéquipiers. Il a réaffirmé rester disponible pour la sélection une fois sa sanction purgée.

Le président de la Fédération portugaise, Pedro Proenca, a d’ailleurs pris position : tout le monde, au sein de l’institution, souhaite le retour de Ronaldo en sélection une fois le dossier refermé.

À 41 ans, la légende continue de diviser, d’enflammer, de polariser. Ten Hag, lui, a tourné la page de Manchester United, non sans laisser quelques éclats derrière lui. La question désormais : qui, du club, de l’entraîneur ou de l’icône, tirera vraiment les leçons de cette histoire brûlante ?