Rassemblement des Lionesses : Blessures et nouvelles opportunités
Le rassemblement d’avril des Lionesses a commencé avec un coup dur. Et une opportunité.
Freya Godfrey, 20 ans, a dû quitter le groupe mardi matin, touchée à l’épaule. Pour l’attaquante de London City Lionesses, brillante cette saison après son départ définitif d’Arsenal l’été dernier, c’est un sérieux coup d’arrêt. Présente dans les trois dernières listes de Sarina Wiegman, elle patientait, aux portes d’une première cape. L’attente se prolonge. Direction le club pour des soins, loin de Wembley et d’un rendez-vous XXL contre l’Espagne.
À peine une porte se referme qu’une autre s’ouvre.
Keira Barry, de l’ombre de Manchester à la lumière des A
La place laissée vacante par Godfrey revient à une autre jeune attaquante, Keira Barry. Un nom déjà bien connu dans la filière de jeunes d’England. Dix ans passés dans le système de Manchester United, une formation soignée, mais trop peu de perspectives avec l’équipe première. En février, elle tranche : départ.
Son nouveau décor se trouve de l’autre côté de l’Atlantique, à Bay FC, en NWSL. Aux commandes, une figure familière : Emma Coates, ancienne sélectionneuse des équipes de jeunes d’England. Sous ses ordres, Barry démarre fort. Elle marque récemment lors d’une victoire contre North Carolina Courage et s’installe vite comme une arme offensive crédible dans un championnat exigeant.
Cette montée en puissance trouve déjà sa récompense : première convocation en sélection A. Pas de long sas de décompression avec les U23, où elle devait initialement évoluer ce mois-ci. L’ascenseur l’emmène directement à l’étage supérieur.
Le vide laissé chez les U23 ne dure pas. Vivienne Lia en profite. L’attaquante, prêtée par Arsenal à Hammarby, en Suède, surfe elle aussi sur une dynamique éclatante. But et passe décisive lors du succès 3-1 contre Rosengard en ouverture de la Damallsvenskan : Lia s’installe avec autorité dans son nouvel environnement. Elle grimpe d’un cran dans la hiérarchie des jeunes, pendant que Barry franchit le seuil du monde senior.
Jess Carter ? Non, c’est bien Charles qui revient
Sarina Wiegman ne s’est pas contentée de remplacer une blessée. Elle a aussi décidé de rappeler Charles, 31 sélections, récemment revenue après trois mois à l’infirmerie. Une cheville capricieuse l’avait tenue à l’écart, mais la polyvalente joueuse de Chelsea – attaquante de formation devenue défenseure – remonte en puissance.
Son retour s’est fait par paliers. D’abord 17 minutes dans le spectaculaire 4-3 contre Aston Villa à la fin mars. Puis une demi-heure face à Arsenal quelques jours plus tard. Enfin, une titularisation, la première depuis décembre, lors de la victoire en FA Cup contre Tottenham lundi. Prestation solide, rassurante. De quoi convaincre Wiegman de la réintégrer, alors qu’elle l’avait logiquement laissée de côté dans sa première liste, publiée au moment où Charles n’avait que ce court bout de match contre Villa dans les jambes.
Le timing joue pour elle. La sélectionneuse veut de la concurrence sur les postes de latérales, de l’énergie, de l’expérience. Charles coche à nouveau toutes les cases.
Williamson et Mead, l’inquiétude silencieuse
Une question plane pourtant sur ce rassemblement : Godfrey sera-t-elle la seule à manquer à l’appel ?
Les regards se tournent vers Leah Williamson et Beth Mead. Deux cadres. Deux incertitudes. La première n’a pas disputé les cinq derniers matches d’Arsenal, gênée par une douleur aux ischio-jambiers. La seconde a quitté le terrain en boitant lors de la défaite contre Brighton ce week-end.
Le communiqué de mardi n’a pas mentionné leurs noms dans la rubrique « forfaits ». Un soulagement relatif. Il reste une semaine avant le coup d’envoi de la trêve internationale d’avril, et ce choc contre l’Espagne à Wembley. Une éternité quand il s’agit de muscles fragilisés et de gestion de charge.
Les Lionesses espèrent figer la liste telle qu’elle est aujourd’hui. Pas d’autres mauvaises nouvelles. Pas d’autre retrait forcé. Dans un calendrier où chaque rassemblement compte, où chaque minute commune sert à affiner les automatismes, perdre encore des cadres serait un vrai revers.
Pour l’instant, la sélection oscille entre prudence et ambition. Une jeune attaquante renvoyée en soins, une autre propulsée en première ligne, une cadre défensive qui revient à point nommé, deux leaders sous surveillance.
Le décor est planté. Reste à savoir, quand l’Espagne se présentera à Wembley, quelles Lionesses seront réellement prêtes à rugir.




