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Marcus Rashford, Morgan Rogers : L'importance des remplaçants dans le succès de l'Angleterre à la Coupe du Monde

L’Angleterre dispose d’une profondeur rare dans son effectif offensif, un atout que Thomas Tuchel exploite pour viser loin dans ce Mondial. Comme Mikel Arteta le fait avec Arsenal, il parle volontiers de « finishers » plutôt que de simples remplaçants, soulignant ainsi l’importance des joueurs capables de changer le cours du match en entrant en jeu.

Un exemple frappant face à la Croatie

Lors de la victoire contre la Croatie, Tuchel a choisi Anthony Gordon à gauche plutôt que Marcus Rashford, suscitant quelques débats. Gordon a rempli son rôle, pressant intensément et apportant du danger malgré seulement 17 touches de balle. Rashford, lui, est entré en jeu à la 72e minute et a inscrit un but décisif treize minutes plus tard, confirmant sa valeur comme finisseur. Tuchel a salué son travail acharné en entraînement et son ambition :

« Marcus pousse toujours très fort à l’entraînement au plus haut niveau. Je suis très heureux qu’il ait marqué et j’espère qu’il gardera cette faim pour le prochain but. Il a été impressionnant ces derniers jours et méritait son but. »

Le dilemme Rogers – Bellingham

Morgan Rogers, talentueux joueur d’Aston Villa, a aussi failli débuter face à la Croatie. Même si Jude Bellingham reste supérieur techniquement, Rogers s’est montré déterminé et actif lorsqu’il est entré vers la 70e minute, contribuant à un but par une course décoy essentielle. Tuchel a reconnu la difficulté de ne pas le faire débuter malgré ses bonnes performances :

« Dire à Morgan qu’il ne commence pas alors qu’il le mérite à 100 % a été une décision compliquée. »

D'autres options précieuses sur le banc

En défense, Djed Spence a apporté un souffle offensif précieux en remplaçant Reece James. Sur les ailes, Bukayo Saka est préservé pour retrouver une forme optimale après une saison marquée par les blessures. Face à la Croatie, Noni Madueke a démarré avant que Saka ne signe une vingtaine de minutes de qualité, incluant une passe décisive pour Rashford.

Tuchel a précisé que Saka serait prêt pour les matchs clés, préférant le préserver dans les phases de groupe quand l’écart avec l’adversaire est plus grand.

Une profondeur inédite pour l’Angleterre

Des joueurs comme Ollie Watkins, Eberechi Eze ou Kobbie Mainoo n’ont pas encore foulé la pelouse mais font partie d’un groupe où la concurrence est intense. Cette richesse contraste fortement avec 2018 où les options offensives sur le banc étaient limitées. Aujourd’hui, presque tous les membres du groupe sont des titulaires réguliers en club, ce qui peut créer des attentes légitimes vis-à-vis de leur temps de jeu.

Tuchel gère cette dynamique en dialoguant avec ses joueurs, notamment Rashford, qu’il loue pour son implication :

« Hier encore, nous avons discuté. Je lui ai dit combien j’étais impressionné par son attitude ces derniers jours, sa rapidité à appliquer nos consignes sur le terrain. »

Un effectif avec plusieurs leaders

Certains, comme Jordan Henderson, sont là pour leur expérience et leur état d’esprit. D’autres, tels qu’Ivan Toney, peuvent avoir un rôle spécifique comme la gestion des penalties. Tuchel estime disposer de 14 à 15 joueurs capables de démarrer et d’impacter le jeu. La rotation sera nécessaire face à la fatigue accumulée par la longue saison et les conditions exigeantes du tournoi.

Ce luxe de choix permet à l’Angleterre de ménager ses cadres, de donner du temps de jeu à des profils différents et de rester compétitive tout au long de la compétition. L’apport des « finishers » pourrait bien être ce qui fera la différence lors des moments décisifs, offrant à l’équipe une réelle chance d’atteindre la finale du 19 juillet.