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Raphinha provoque l'Atlético et parie sur Arsenal en demi-finale

Raphinha provoque les fans de l’Atlético et parie sur Arsenal en finale

Sur la pelouse encore bouillante du quart de finale de Champions League, Raphinha n’a pas seulement quitté la scène en joueur éliminé. Il est parti en provocateur. Battu sur l’ensemble des deux matches par l’Atlético de Diego Simeone (3-2), l’ailier du FC Barcelona a adressé un message très clair au public du Metropolitano : vous n’irez pas au bout.

Au coup de sifflet final, alors que les supporters madrilènes exultaient après avoir vu leur équipe résister malgré la défaite 2-1 sur la soirée, le Brésilien a traversé la pelouse, visiblement agacé par les chambrages venus des tribunes. Il a d’abord répondu aux quolibets, puis a planté son pouce droit en direction opposée, un geste sans équivoque. En substance : « vous sortirez en demi-finale ».

Un message pour l’Atlético… et un clin d’œil à Arsenal

Ce pouce tendu vise un rendez-vous très précis du tableau. L’Atlético se trouve dans la même partie que Arsenal et affrontera les Gunners en demi-finale si l’équipe de Mikel Arteta valide son avantage face au Sporting CP.

Arsenal a pris une option en s’imposant 1-0 à Lisbonne lors du quart de finale aller. Un nul au retour à l’Emirates Stadium suffirait pour décrocher la demi-finale. Dans ce scénario, six mois après avoir été écrasé 4-0 par les Londoniens à l’Emirates, l’Atlético se retrouverait de nouveau sur leur route.

Ce soir-là, en octobre, Arsenal avait marché sur les hommes de Simeone : un but de Gabriel Magalhaes, un autre de Gabriel Martinelli et un doublé de Viktor Gyökeres avaient scellé une démonstration. Un score lourd, une empreinte durable. De quoi nourrir la conviction de Raphinha que les Colchoneros s’arrêteront là.

Ironie de l’histoire : le Brésilien avait été tout proche de rejoindre Arsenal avant de choisir Barcelona. Cette fois, il se pose presque en porte-parole à distance du club qu’il avait failli intégrer, tout en venant de subir l’élimination que lui et les siens voulaient éviter.

L’Atlético, éternel outsider, Arsenal favori annoncé

Sous Simeone, l’Atlético a souvent endossé le costume d’outsider en Champions League, parfois jusqu’en finale, parfois stoppé plus tôt. S’ils croisent Arsenal, les rôles semblent déjà écrits : aux bookmakers, les Londoniens devraient être installés favoris, surtout après la claque infligée à l’automne.

Mais la dynamique d’une saison ne tient jamais sur un seul souvenir. Arsenal a beau avoir une référence forte face à l’Atlético, le week-end dernier a rappelé à quel point la marge est fine : une défaite à domicile contre Bournemouth a brutalement refroidi l’euphorie née du succès arraché dans le temps additionnel à Lisbonne, grâce à Kai Havertz.

L’équipe d’Arteta alterne ainsi entre grandes envolées européennes et rappels à l’ordre domestiques. Le geste de Raphinha, lui, ajoute une couche de dramaturgie : il place publiquement Arsenal dans la peau du bourreau annoncé, et l’Atlético dans celle de la future victime.

Arteta, « en feu » avant la suite

Face à cette séquence contrastée, Mikel Arteta a choisi d’allumer un contre-feu émotionnel. En conférence de presse, à la veille du match retour contre le Sporting, l’Espagnol a livré un discours incandescent, presque programmatique.

« Fire ! Je suis en feu. Je suis en feu. C’est tout. Rien d’autre », a-t-il lancé, expliquant combien il avait travaillé pour ramener le club dans cette position, après des années plus sombres. Il a parlé de beauté, d’opportunité, d’un chemin parcouru avec les supporters et d’un moteur quotidien intact.

Surtout, il a balayé l’idée de peur. La peur, selon lui, appartenait à une autre époque, celle où il craignait pour l’avenir même du club si les choses ne tournaient pas. Aujourd’hui, il revendique « but, feu, direction et conviction » que son équipe ira au bout de ses ambitions.

Une demi-finale sous tension annoncée

Si Arsenal fait le travail contre le Sporting, la demi-finale contre l’Atlético prendra alors une dimension supplémentaire. Elle opposerait le pragmatisme rugueux de Simeone à l’intensité offensive d’Arteta, sur fond de passif récent et de provocation signée Raphinha.

Le Brésilien a déjà posé le décor. Aux Gunners, désormais, de décider s’ils valideront sa prédiction ou s’ils offriront à l’Atlético une nouvelle occasion de faire mentir tous les pronostics.