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Pedro Porro célèbre son retour à Don Benito après la victoire en Coupe du monde

Dans sa ville natale de Don Benito, les applaudissements avaient un goût différent. Pas ceux d’un stade en fusion, mais ceux d’un peuple qui voit revenir l’un des siens avec la Coupe du monde sous le bras. Pedro Porro, latéral de Tottenham et désormais champion du monde avec l’Espagne, a reçu un hommage chargé d’émotion. Et il en a profité pour parler de tout : de son avenir, de ses sacrifices, et de la polémique qui enfle en Argentine autour de la finale.

« J’aspire à plus »

Porro sort d’un été que tout footballeur rêve de vivre. Titulaire important dans une Roja qui a fait tomber l’Argentine 1-0 après prolongation en finale, il pourrait se contenter de ce sommet. Il refuse.

Interrogé par le quotidien Sport, le défenseur a laissé transparaître une ambition intacte, presque féroce : « Il me reste encore beaucoup de choses à accomplir. Je suis un joueur avec une grande ambition, et je cherche toujours à apprendre davantage. Tous ceux qui me connaissent savent que j’aspire à plus. »

Pas de satisfaction facile, pas de sentiment de mission accomplie. Le titre mondial n’est qu’une étape. Un palier, pas un plafond.

Don Benito, les sacrifices et la famille

Face à ses proches, à ceux qui l’ont vu partir adolescent pour tenter sa chance loin de chez lui, Porro a laissé tomber le masque du professionnel pour celui du gamin du quartier. La cérémonie l’a profondément touché. Il a voulu dédier son succès à tous ceux qui ont marché à ses côtés depuis ses débuts.

Il a rappelé le prix payé pour atteindre l’élite : « beaucoup de sacrifices ». Quitter la maison, quitter Don Benito, pour poursuivre son rêve de footballeur. Ce soir-là, ce chemin semblait soudain très court, presque irréel, tant le retour en héros contrastait avec les départs discrets d’autrefois.

Le moment a aussi laissé place à un peu de légèreté. Porro a chambré la salle en plaisantant sur la popularité de son grand-père, Antonio Sauceda. Selon lui, c’est bien pour ce dernier que tout le monde était là. Un clin d’œil qui en dit long sur le poids de la famille dans son histoire.

Tottenham aujourd’hui, l’Espagne peut-être demain

Sur son avenir, Porro n’a pas entretenu le moindre suspense. Il a confirmé qu’il restera à Tottenham, où il est sous contrat, et où il se sent « très heureux ». Le message est clair : il ne prépare pas de sortie en catimini après son titre mondial.

Il ne ferme toutefois pas la porte à un retour en Espagne un jour. L’idée flotte, naturelle, pour un joueur formé dans le pays et désormais installé au très haut niveau européen. Mais ce sera pour plus tard. Pour l’instant, tout son esprit reste tourné vers l’Angleterre et vers ce qu’il peut encore y construire.

La finale, les critiques et l’Argentine

Impossible d’éviter le sujet brûlant : la contestation venue d’Argentine autour de la finale de Coupe du monde et les demandes, aussi bruyantes qu’irréalistes, de rejouer le match. Porro n’a pas cherché à dramatiser.

Il a assuré ne pas avoir lu ce qui se disait, balayant ces critiques comme de simples « choses dites de l’extérieur » qui ne le concernent pas. Une façon nette de couper court à la polémique, de ne pas laisser ce bruit parasiter ce qui restera, pour lui et pour l’Espagne, un sommet historique.

Le latéral préfère regarder devant. Champion du monde, installé à Tottenham, porté par une ambition qu’il revendique haut et fort, il quitte Don Benito avec un trophée planétaire… et la conviction intime que son histoire ne fait que commencer.