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Celtic View : Un Voyage à Travers l'Histoire du Club

Le 11 août 1965, un petit journal en noir et blanc débarquait sur les trottoirs de Glasgow. Quatre pages, une seule ambition : raconter la vie du Celtic à ceux qui vivaient déjà le club comme une seconde famille. En une, les nouveaux vainqueurs de la Scottish Cup et leur manager, Jock Stein, le regard tourné vers un avenir qu’ils allaient marquer à jamais. Son nom : Celtic View.

Presque soixante ans plus tard, le paysage a changé, pas l’ADN. Le vieux hebdomadaire s’est mué en magazine trimestriel glacé de 100 pages, mais il reste la même chose au fond : la voix officielle d’un club qui ne se contente pas de gagner, qui se raconte. Né de l’intuition d’un ancien journaliste, Jack McGinn, futur président du Celtic, Celtic View garde un statut unique : la plus ancienne publication de club du football mondial encore en activité. Un morceau d’histoire imprimée.

Du papier jauni au vernis brillant

À l’époque, le support était modeste, presque artisanal. Aujourd’hui, la nouvelle édition s’assume comme un objet de collection. Un numéro dense, construit comme une plongée au cœur de la saison du doublé, entre coulisses, confidences et mémoire. Pas un simple retour en arrière, plutôt un panorama de ce que représente le Celtic, hier et maintenant.

Les grandes voix répondent présentes. Martin O’Neill, figure tutélaire et artisan de tant de soirées européennes mémorables, se livre sur ses triomphes et ses trophées, dans une rétrospective qui rappelle à quel point son passage a façonné l’exigence moderne du club. À ses côtés, le capitaine Callum McGregor incarne le présent : parole de leader, regard lucide sur le doublé, poids du brassard et responsabilité de prolonger la tradition des capitaines emblématiques.

Alistair Johnston, autre visage de cette équipe conquérante, apporte la perspective du joueur arrivé plus récemment, qui a adopté le club avec une intensité immédiate. Le magazine capte ce mélange : l’assurance des anciens, la faim des nouveaux.

Le doublé en pleine lumière

La saison du doublé n’est pas seulement célébrée, elle est disséquée. Une section entière est consacrée aux réactions des champions, avec une galerie de témoignages de vestiaire : Viljami Sinisalo, Arne Engels, Kelechi Iheanacho, Callum Osmand, Alex Oxlade-Chamberlain, James Forrest, Liam Scales… Chacun porte un morceau du récit, chacun a sa part dans la construction d’un groupe qui a su tenir la distance jusqu’au bout.

James Forrest, justement, fait l’objet d’un focus particulier. Son impressionnant palmarès personnel est mis en perspective, médaille après médaille, comme une ligne du temps vivante de l’ère récente du club. Les « late, late shows » du Celtic, ces victoires arrachées dans les dernières minutes, trouvent aussi leur place : une spécialité maison, devenue presque un trait de caractère collectif, décortiquée et replacée dans l’histoire des grands retournements.

Les derniers jours de championnat, ces titres arrachés sur le fil, sont revisités. On y retrouve la tension, les stades suspendus à un corner ou à un contre, les célébrations qui basculent d’un coup dans la légende du club. Le récit de la saison prend alors une autre dimension : celle d’un club qui ne se contente pas de dominer, mais qui sait souffrir pour gagner.

Le Celtic, du Mondial aux quatre coins du terrain

Le numéro ne se limite pas aux frontières de l’Écosse. Le regard s’élargit, file vers les Coupes du monde et ceux qui y ont porté le maillot vert et blanc ou s’y sont révélés aux yeux du monde.

Les souvenirs de Coupe du monde de Henrik Larsson tiennent une place de choix. Le Suédois, idole éternelle des tribunes de Parkhead, revit ses campagnes planétaires, ces étés où il a confirmé, sur la scène internationale, ce que les supporteurs du Celtic savaient déjà. Là encore, le magazine joue sur la corde sensible : la fierté de voir un héros de club briller au plus haut niveau.

Une large section est consacrée aux « World Cup Celts » : Kieran Tierney, Anthony Ralston, Auston Trusty, Alistair Johnston, Benjamin Nygren, Sebastian Tounekti, Daizen Maeda, Yang… Une génération dispersée aux quatre coins du globe, mais reliée par ce même point d’ancrage. Le maillot du Celtic comme point de départ ou point d’arrivée, parfois les deux.

Pour les lecteurs les plus joueurs, un quiz spécial Coupe du monde vient tester la mémoire et la culture foot. Un clin d’œil à ces soirées où l’on refait l’histoire autour d’un match, d’un but, d’un maillot.

Les chiffres, les femmes, et l’avenir

Le magazine ne se contente pas de raconter, il analyse. Les « Nygren’s Numbers » proposent une plongée dans les données, dans les tendances qui se cachent derrière les performances, sans perdre le lecteur dans le jargon. Une manière moderne de lire le jeu, à hauteur de terrain.

Le football féminin occupe aussi une place assumée. La Women’s Scottish Cup est mise à l’honneur, avec les voix de Grant Scott, Kelly Clark, Adelaide Gay et Morgan Cross. Le récit suit ces joueuses et leur staff dans leur quête de trophées, miroir contemporain de l’ambition globale du club : gagner partout, avec la même exigence, le même écusson sur la poitrine.

Là encore, le lien avec l’équipe première masculine est évident : même culture, même pression, mêmes rêves. Le Celtic se raconte au féminin sans note de bas de page, sans parenthèse. À part entière.

Un fil vert qui ne se rompt pas

Au fil des pages, un thème s’impose : la continuité. Des premiers tirages en noir et blanc aux couvertures glacées d’aujourd’hui, de Jock Stein à Martin O’Neill, des héros de Coupe du monde à la génération actuelle, Celtic View trace une ligne droite à travers les décennies.

Le nouveau numéro, disponible dans les boutiques officielles du club et en ligne, ne se contente pas de célébrer le passé ni de figer le présent. Il pose surtout une question, en creux : après un doublé, des titres à la pelle, des souvenirs de Mondial et des soirées renversantes, jusqu’où ce club-là peut-il encore pousser son histoire ?