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Pays-Bas : le KNVB envisage de nommer Roberto Martinez

Le KNVB est en train de bousculer ses propres codes. Selon De Telegraaf, Nigel de Jong, directeur technique de la fédération néerlandaise, a rencontré en tête-à-tête Roberto Martinez à Malaga. Un déplacement lourd de sens, qui traduit l’urgence et le malaise d’une quête de sélectionneur devenue casse-tête national.

Depuis des semaines, la fédération se heurte à un mur. Les grandes figures néerlandaises se sont retirées les unes après les autres. Peter Bosz, Arne Slot, Erik ten Hag : trois noms forts, trois refus, chacun pour des raisons professionnelles différentes. Résultat : le poste laissé vacant après le départ de Ronald Koeman reste sans héritier naturel.

Un tournant historique en vue

Si Roberto Martinez venait à être nommé, ce serait bien plus qu’un simple choix technique. Ce serait une rupture historique. Les Pays-Bas n’ont plus confié leur équipe nationale à un sélectionneur étranger depuis l’Autrichien Ernst Happel, finaliste de la Coupe du monde 1978 avec l’Oranje. Depuis près d’un demi-siècle, le banc de la sélection est resté un bastion exclusivement néerlandais.

Le possible virage vers Martinez illustre donc un changement de doctrine au KNVB, poussé dans ses retranchements après l’échec de la piste « maison ». La fonction la plus prestigieuse du football néerlandais n’est plus, pour la première fois depuis des décennies, réservée de fait à un entraîneur local.

Un Espagnol très “cruyffiste”

Malgré ses racines espagnoles, Martinez n’arrive pas en total étranger dans l’univers néerlandais. Au sein du KNVB, certains le voient comme un prolongement naturel de la pensée locale. Il est un proche ami de Jordi Cruijff et un défenseur assumé de la philosophie imaginée par Johan Cruijff.

Ce profil séduit : un entraîneur étranger, oui, mais nourri à la même école, aux mêmes principes de jeu. Pour une fédération longtemps attachée à sa propre tradition, ce détail compte. Beaucoup.

Arne Slot sort du jeu et clarifie

Pendant que la piste Martinez prenait de l’ampleur, Arne Slot a, lui, officiellement quitté la course. Le technicien, en discussions pour prendre en main la sélection de son pays, a finalement renoncé. Des rumeurs ont rapidement circulé : désaccord sur le salaire, durée de contrat, négociations compliquées.

Slot a tenu à rectifier lui-même. Dans un communiqué, le coach de 47 ans a expliqué que ces spéculations ne correspondaient pas à la réalité. Selon lui, les discussions n’avaient tout simplement jamais atteint ce stade. Il a précisé qu’à ce moment de sa carrière, il se voyait avant tout sur le terrain, au quotidien, avec ses joueurs. Un rythme et une proximité impossibles à retrouver à la tête d’une sélection nationale, où les rassemblements restent ponctuels.

Son retrait laisse un vide supplémentaire sur la liste des candidats néerlandais crédibles. Et renforce, de fait, le poids de l’option Martinez.

Pistes internes et réunion discrète à Amsterdam

Le KNVB ne s’est pas contenté de regarder à l’étranger. La fédération a aussi exploré ses propres ressources. Nigel de Jong et Clarence Seedorf, aux côtés de la directrice du football professionnel Marianne van Leeuwen, ont ainsi rencontré Michael Reiziger à l’hôtel Okura, à Amsterdam.

Une entrevue discrète, organisée juste avant le match de Johan Cruijff Schaal entre PSV et AZ. Reiziger, actuel sélectionneur de Jong Oranje, représentait une option interne, dans la continuité de la formation néerlandaise. Mais selon les informations rapportées, aucun rendez-vous de suivi n’a été programmé. La piste semble, au moins pour l’instant, en suspens.

Le grand absent : Louis van Gaal

Difficile d’imaginer un débat sur le sélectionneur néerlandais sans le nom de Louis van Gaal. Une partie des supporters réclame ouvertement un quatrième mandat de l’homme qui a déjà dirigé l’Oranje à trois reprises. La nostalgie de ses précédents passages, et notamment de la Coupe du monde 2014, reste forte.

Pourtant, le KNVB n’a, d’après les informations relayées, pas pris contact avec le technicien de 75 ans. Cette absence dans le processus interroge et alimente la controverse autour de la recherche du nouveau sélectionneur. Entre fidélité à une légende du banc et volonté d’ouvrir une nouvelle ère, la fédération semble avoir tranché, au moins en silence.

Reste une question brûlante : le KNVB ira-t-il jusqu’au bout de ce virage en confiant l’Oranje à Roberto Martinez, au risque de rompre avec un demi-siècle de tradition, pour tenter de relancer une sélection en quête de certitudes au plus haut niveau ?