Olise et Kane brillent à Munich : Triplé et doublé en vue du Ballon d’Or
La nuit a été longue pour Berlin à l’Allianz Arena. Michael Olise a signé le premier triplé de sa carrière professionnelle, Harry Kane a ajouté un doublé, et le Bayern Munich a transformé un simple match de championnat en vitrine mondiale pour deux candidats très sérieux au Ballon d’Or.
Les deux hommes figurent déjà sur la liste des 30 nommés. Après leur saison dernière, personne ne serait surpris de les voir très haut au classement final. Vendredi soir, Olise a simplement rappelé pourquoi.
Olise en état de grâce, Kane en métronome
Face à des Berlinois dépassés, Olise a joué à sa guise pendant 90 minutes. Le triplé n’a été que la partie la plus visible de son récital. Toucher de balle, rythme, percussion, finition : tout y est passé. Il a été, de loin, le meilleur joueur sur le terrain, du coup d’envoi au coup de sifflet final.
Jamal Musiala, auteur de l’ouverture du score après un peu plus d’un quart d’heure, n’a pas cherché à enjoliver les choses devant Sky : le niveau de son coéquipier français est tout simplement « exceptionnel ».
Vincent Kompany, lui, a insisté sur le travail derrière les éclats. Les frappes spectaculaires d’Olise ne sortent pas de nulle part. L’entraîneur a rappelé que le Français avait énormément travaillé ses finitions à l’entraînement. Même les joueurs de tout premier plan ont besoin de plus que du talent brut, a-t-il souligné. Olise en est la démonstration vivante.
Kane, plus discret dans la lumière mais tout aussi clinique, a ajouté deux buts à son total. L’Anglais reste dans la continuité de sa saison passée, où il a empilé les buts tout en ramenant des trophées à Munich. Sa candidature au Ballon d’Or repose autant sur cette régularité que sur ses statistiques.
Eberl place Olise dans le cercle des élus
Interrogé sur les chances de ses deux stars dans la course au Ballon d’Or, Max Eberl n’a pas esquivé. Le directeur sportif a d’abord rappelé à quel point ce prix reste une « appréciation subjective », donc difficile à prédire. Mais pour lui, une chose ne fait aucun doute : Michael Olise « appartient définitivement au cercle des possibles vainqueurs du Ballon d’Or ».
Eberl voyait déjà Harry Kane comme un candidat majeur. Désormais, il y ajoute clairement Olise, porté par la manière dont il joue au football. À ses yeux, le Français fait déjà partie des meilleurs joueurs du monde.
La pique de Lamine Yamal, la réponse du Bayern
Pendant que certains enchaînent les buts, d’autres ont choisi la voie des mots. Du côté du FC Barcelona, Lamine Yamal a pris position sur le débat du Ballon d’Or. Le champion du monde a expliqué, sur Movistar Plus, que le trophée devait revenir « au meilleur joueur du monde, point final », et non à un joueur qui aurait simplement marqué « 80 buts ».
Ses propos ont été largement interprétés comme un tacle à destination de Harry Kane, sacré Soulier d’Or avec 73 buts sur la saison. Yamal a précisé sa pensée : pour lui, si un joueur marque 80 buts, il mérite le titre de meilleur buteur de la saison, ce qui n’est pas la même chose. Le « meilleur joueur du monde », selon lui, c’est celui que l’on prend plaisir à regarder, celui qui se distingue de tous les autres par ce qu’il propose sur le terrain.
Max Eberl, interrogé sur cette sortie, n’a pas cherché à entretenir la polémique. Sa réponse a été sèche, presque programmatique : il y aura toujours des campagnes, mais « les meilleurs joueurs sont ceux qui n’ont pas besoin de campagne ».
Kane refuse le clash et laisse parler le terrain
Harry Kane n’a pas enflammé le débat. L’attaquant du Bayern a reconnu qu’il était difficile de savoir exactement ce que Lamine Yamal avait voulu dire. Chacun se fait sa propre interprétation. Il a rappelé que tout le monde est différent, que le jeune Barcelonais a réalisé une saison incroyable, comme beaucoup d’autres joueurs cette année.
Pour l’Anglais, c’est précisément cette densité de candidats qui va alimenter encore plus de discussions autour du Ballon d’Or que d’habitude. Trop de saisons exceptionnelles, pas assez de place sur un seul trophée.
Kane a défendu une position simple : chacun a le droit de s’exprimer comme il l’entend, mais lui préfère répondre sur le terrain. Il n’aime pas trop parler de lui-même, estime qu’il n’y a ni bonne ni mauvaise façon de faire, et laisse le jugement aux votants. Le trophée ne dépend pas de lui, mais de ceux qui votent.
En revanche, il ne minimise pas ce qu’il vient de vivre. Il s’est dit extrêmement fier de sa saison passée : les buts, bien sûr, mais aussi les titres, la finale de coupe, le retour du Meisterschale à Munich, sans oublier certains matches de Coupe du monde. Autant de souvenirs qui resteront gravés, et qui constituent, à ses yeux, une saison tout simplement fantastique.
Zidane attend déjà Olise
Pour Michael Olise, la suite s’écrit désormais en bleu. Après son show face à Berlin, il va rejoindre l’équipe de France. Il figure dans la première liste de Zinedine Zidane, aux côtés notamment de son partenaire munichois Dayot Upamecano.
Triplé avec le Bayern, première convocation sous les ordres de Zidane, candidature qui monte dans la hiérarchie du Ballon d’Or : la trajectoire est fulgurante. La question n’est plus de savoir si Olise appartient au gratin mondial.
La vraie question, désormais, est de voir jusqu’où il peut pousser la porte.



