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Nunez : un été crucial entre records et incertitudes

Il y a quatre ans, Liverpool FC cassait sa tirelire. €85 millions pour arracher Darwin Nunez au marché, un pari massif sur un avant-centre censé incarner l’avenir. L’été dernier, l’Uruguayen prenait déjà une autre direction : cap sur la Saudi Pro League, recruté par Al Hilal pour €53 millions. Une nouvelle vie, un nouveau championnat, la promesse d’un rôle central.

Un an plus tard, le décor a changé. Radicalement.

Nunez sera libre cet été. Libre de s’engager où il le souhaite, sans indemnité de transfert. Une chute de valeur vertigineuse pour un joueur encore en plein âge footballistique, 26 ans, et qui se retrouve aujourd’hui dans un entre-deux inquiétant.

Al Hilal tranche dans le vif

La question s’impose : pourquoi Al Hilal a-t-il décidé de tourner la page aussi vite ?

La réponse tient autant à la réglementation qu’au terrain. L’arrivée de Karim Benzema a tout fait basculer. Le champion d’Europe, Ballon d’Or, débarque en février et bouscule l’équilibre offensif. Dans un championnat où chaque place d’étranger compte, la marge d’erreur est infime.

La Saudi Pro League limite chaque effectif à dix joueurs étrangers : huit de plus de 20 ans, deux de moins de 20 ans. Quand Benzema signe à Al Hilal, la direction doit faire un choix. Nunez en fait les frais. Ses papiers de joueur pour le championnat sont retirés dès le mercato d’hiver. Du jour au lendemain, il n’a plus le droit de jouer en championnat.

Le message est brutal, mais clair.

Des chiffres corrects, pas à la hauteur des attentes

Sur le papier, les statistiques de Nunez ne sont pas ridicules. 22 matches, 9 buts, 5 passes décisives. Un rendement honnête, parfois décisif, mais loin du statut de transfert phare. L’ombre de Benzema va finir de sceller son sort.

Arrivé début février, le Français signe exactement les mêmes chiffres que Nunez – 9 buts, 5 passes – mais en dix rencontres de moins. Même production, bien plus vite, avec une influence évidente sur le jeu. Quand un Ballon d’Or impose ce rythme, les priorités sportives et politiques se réorganisent.

La pression finit par craquer sur le maillon le plus exposé : l’Uruguayen.

Mis à l’écart au pire moment

Pour Nunez, le timing ne pouvait guère être plus cruel. La Coupe du monde approche cet été. À 26 ans, il devrait être en pleine vitesse de croisière, enchaîner les matches, affiner ses automatismes. Au lieu de ça, il est à l’arrêt.

Son dernier match officiel en club remonte au 16 février. Rien depuis. Ni championnat, ni phase finale continentale. Une mise au frigo qui pèse lourd quand il s’agit de convaincre un sélectionneur.

Le paradoxe, c’est que sa dernière apparition en AFC Champions League avait tout d’un signal fort : un doublé lors du dernier match de poule, alors qu’il était encore qualifié pour la compétition. Pourtant, il ne figure même pas sur la feuille de match lors de la défaite en huitièmes de finale en avril. Écarté au moment où la saison se joue sur les détails.

Son statut en sélection devient forcément fragile.

Sélection nationale : sauvé de justesse ?

Les dernières fenêtres internationales ont offert un mince répit. Face à l’Angleterre puis à l’Algérie, fin mars, Nunez entre à chaque fois en fin de match. Pas un rôle de titulaire indiscutable, mais une présence, un rappel : il compte encore dans la rotation.

Ces minutes-là, tardives mais réelles, devraient suffire à lui garantir une place dans le groupe pour la Coupe du monde. Pour l’instant. La concurrence ne dort jamais, surtout en attaque, et un joueur sans rythme de compétition paie vite la note.

Un retour en Premier League en ligne de mire ?

Pendant que sa situation se complique sur le terrain, les rumeurs s’enflamment en coulisses. Un come-back en Premier League est évoqué. Newcastle United et Chelsea FC surveilleraient de près son cas. Le profil d’un attaquant libre, passé par Liverpool FC, encore jeune et habitué au rythme anglais, a de quoi intriguer.

Pour ces clubs, c’est une opportunité de marché. Pour Nunez, c’est peut-être la dernière grande rampe de lancement avant de voir sa carrière glisser vers un second plan.

Il se retrouve à un carrefour rare pour un joueur de son âge : ancien transfert record, aujourd’hui gratuit, en quête de rebond et d’un temps de jeu vital avant une Coupe du monde qui peut redéfinir sa trajectoire.

La prochaine décision ne sera pas seulement un choix de club. Ce sera un choix de destin.