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Norvège contre Angleterre : Quart de finale de Coupe du monde

MIAMI GARDENS (Floride) – La chaleur tombe sur Miami comme une chape, mais ce n’est rien comparé au poids qui pèse sur les épaules de l’Angleterre. Ståle Solbakken, lui, n’a aucun doute : la pression, c’est pour les hommes de Thomas Tuchel.

C’est 11 contre 11

À la veille de ce quart de finale de Coupe du monde, le sélectionneur de la Norvège s’est présenté détendu, presque souriant, devant les médias. Son équipe vient de sortir la Côte d’Ivoire puis le Brésil en phase à élimination directe. Elle dispute son premier Mondial depuis 1998, et atteint pour la première fois de son histoire les quarts de finale. Tout ce qui arrive désormais a un parfum de bonus.

Solbakken, lui, refuse d’endosser le costume de favori.

« L’Angleterre a plus de pression que nous, mais nous, nous mettons plus de pression sur notre performance », a-t-il lancé. « Quand le match commence, je ne pense pas que les joueurs pensent à la pression. C’est 11 contre 11 – la pression, c’est surtout ce dont on parle avant. »

Le message est clair : que les projecteurs restent braqués sur l’autre camp.

« Toute la nation a vécu une belle vie ces trois dernières semaines, tu sens que les émotions sont vraiment là et demain c’est un match un samedi, ça ne sera pas mieux que demain », a-t-il ajouté, comme pour rappeler que la Norvège joue déjà avec le cœur léger d’un invité surprise.

Haaland relance le débat des favoris

Les mots de Solbakken font écho à ceux de son homme fort, Erling Haaland, qui avait déjà, jeudi, renvoyé le statut de favori vers les Anglais.

« Je pense qu’il y a des favoris clairs, l’Angleterre en fait partie et vous devriez mettre toute la pression sur les gars anglais », a déclaré l’attaquant.

Haaland marche sur ce tournoi : sept buts déjà. En face, Harry Kane en est à six. Le duel est tentant, presque trop facile. Alors quand on demande à Solbakken si ce quart se résume à un concours de buteurs, il coupe court.

« Je pense que c’est Norvège contre Angleterre, mais ce n’est pas un secret que Kane est le numéro un pour faire gagner l’Angleterre et Erling est le même pour nous. »

La nuance est fine : oui, tout le monde sait que ce sont les deux armes fatales. Non, le match ne se réduit pas à un tableau d’affichage personnel.

Angleterre blessée, Angleterre attendue

En face, l’Angleterre débarque à Miami portée par un succès renversant, 3-2, face au Mexique à l’Estadio Azteca. Une victoire marquante, mais payée au prix fort. Marc Guéhi, Declan Rice et Reece James se battent contre le temps pour être disponibles.

Ces incertitudes n’allègent pas la pression. Elles la déplacent. Tuchel doit gérer un groupe diminué, sous un climat brûlant, avec un pays entier qui attend le dernier carré comme un minimum syndical.

Solbakken, lui, n’a aucune envie de se laisser attendrir par les pépins physiques adverses. Il sait que, sur la ligne de départ, c’est l’Angleterre qui porte le costume du géant.

La chaleur, autre adversaire

À Miami Gardens, le thermomètre doit frôler les 34°C au coup d’envoi. Une fournaise. Dans ces conditions, la bataille ne se jouera pas seulement dans les duels, mais aussi dans la gestion du ballon, de l’effort, du souffle.

Solbakken l’a bien compris. La Norvège a levé le pied à l’entraînement.

« On s’entraîne très légèrement – on n’a pas fait beaucoup de travail dur », a expliqué le sélectionneur. « On a des séances tactiques, mais à un rythme plus bas. On ne s’est pas entraînés sur de longues périodes, l’important c’est d’être frais pour demain. »

Le plan se dessine : économiser chaque goutte d’énergie avant de plonger dans la chaleur moite de Miami.

« Il y aura un match dans le match pour avoir le ballon. Surtout si la météo reste comme maintenant. Courir après le ballon tout le temps, c’est très, très fatigant. Les deux équipes doivent garder le ballon, sinon ce sera un match très, très long. »

Dans cette phrase, tout est dit. Dans cette chaleur, perdre le contrôle du ballon, c’est perdre le contrôle du match.

Une nation qui se découvre des rêves

Pour la Norvège, ce quart de finale dépasse le simple cadre sportif. Le pays, privé de Coupe du monde pendant plus de deux décennies, se découvre une équipe capable de faire tomber des noms plus lourds, de survivre à des soirées à haute tension, de s’inviter à la table des grands.

Les Norvégiens vivent cette épopée comme une parenthèse enchantée. L’Angleterre, elle, vit chaque match comme un examen de plus.

Entre une sélection qui n’a rien à perdre et une autre qui ne peut pas se permettre de tout perdre, le décor est planté. La chaleur fera le reste. Les jambes parleront. Et tôt ou tard, Erling Haaland ou Harry Kane – peut-être les deux – feront basculer la nuit de Miami.

Reste à savoir pour quel camp.

Norvège contre Angleterre : Quart de finale de Coupe du monde