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Niklas Süle annonce la fin de sa carrière professionnelle

Niklas Süle, la fin d’un colosse : « C’était mille pour cent clair que c’était terminé »

La nouvelle est tombée sans conférence de presse, sans communiqué solennel de club. Juste une voix un peu posée, un peu fatiguée, dans un podcast. Jeudi, sur « Spielmacher », Niklas Süle a annoncé qu’il mettait un terme à sa carrière professionnelle. À 29 ans. Définitif, sans retour en arrière.

Derrière cette décision, il n’y a ni scandale, ni mise à l’écart brutale, ni absence d’offres. 1. FC Köln s’était renseigné, plusieurs clubs de MLS aussi. Sportivement, le défenseur central avait encore un marché, encore un nom. Mais dans sa tête, le match était déjà joué.

Le soir où tout a basculé

Le tournant, Süle le situe précisément : un match contre son ancien club, TSG Hoffenheim, le 18 avril. Une action, une sensation familière dans le genou, la peur glaciale d’avoir encore tout cassé. Une troisième rupture du ligament croisé ?

Il raconte la scène dans le vestiaire. Le médecin qui effectue le test du tiroir, ce geste que tous les joueurs redoutent. Le regard vers le kiné. La tête qui se secoue. Le kiné qui vérifie à son tour, ne sent aucune résistance. Pour Süle, à cet instant, tout s’effondre.

Il file sous la douche et pleure. Dix minutes. Seul. Convaincu que sa carrière vient de s’arrêter là, sur un geste de trop.

Les examens diront ensuite le contraire. Pas de rupture. Pas de catastrophe médicale. Mais dans l’esprit du joueur, la ligne était déjà franchie. « C’était mille pour cent clair que c’était terminé », confie-t-il. Le corps avait tenu. La tête, non.

Dortmund tournait déjà la page

En coulisses, la séparation avec le Borussia Dortmund était en marche depuis des semaines. Le club n’avait pas proposé de prolongation à un joueur dont le contrat expire cet été. Les proches de Süle savaient qu’il partirait, les rumeurs enflaient, les scénarios circulaient.

Il a tranché lui-même. Le défenseur a informé son entraîneur, Niko Kovac, de sa décision de quitter le BVB et d’arrêter. Décision nette, qui met fin à toutes les spéculations.

Dortmund lui offrira un dernier hommage vendredi, avant la rencontre face à Eintracht Frankfurt. Une sortie par la grande porte, devant le Mur Jaune, comme une dernière révérence à un stade qui ne pardonne rien mais n’oublie jamais ses soldats.

Un corps qui pouvait encore, un esprit qui ne voulait plus

Sportivement, Süle ne se cache pas : il se sentait encore capable de jouer au haut niveau. « Je crois que je suis un joueur qui, en termes de qualité, pourrait continuer à jouer au football. Mentalement, c’est devenu plus difficile », explique-t-il.

Le constat est brutal, mais lucide. Sa carrière a été rythmée par les blessures graves, les retours, les rechutes, la reconstruction permanente. À cela se sont ajoutés ses problèmes récurrents de poids, qu’il a évoqués avec une franchise rare, souvent avec une pointe d’autodérision, toujours dans « Spielmacher ».

Ce mélange d’usure mentale, de pression physique, de combats répétés avec son propre corps a fini par peser plus lourd que l’envie de prolonger l’aventure. À 29 ans, certains défenseurs entrent dans leurs plus belles années. Lui choisit de sortir du jeu.

Un dernier objectif : la 300e

Arrivé libre au BVB en 2022 en provenance du FC Bayern Munich, Süle n’a pas coché toutes les cases qu’il espérait à Dortmund. Mais il lui reste un dernier chiffre en tête, un dernier petit défi personnel : atteindre la barre symbolique des 300 matches de Bundesliga.

Il ne réclame pas un tour d’honneur, juste quelques secondes de ballon. « Dans le meilleur des cas, j’aurai encore dix secondes, une minute, ou, si Niko Kovac le veut, même cinq minutes – je peux gérer ça », glisse-t-il. Une entrée en jeu, un ultime tacle, une dernière passe. Et la 300e, devant 80 000 personnes.

Süle veut vivre ce moment entouré des siens, sa famille en tribune, ce stade qu’il connaît par cœur comme décor final. Pas pour se prouver qu’il peut encore, mais pour dire adieu en joueur, pas en blessé.

La gratitude plutôt que l’amertume

Son discours surprend par sa sérénité. Pas de rancœur, pas de règlement de comptes. Juste une forme de reconnaissance.

« Je suis incroyablement reconnaissant, après toutes les blessures que j’ai eues, d’être encore dans un état physique raisonnablement bon, de pouvoir faire du sport, jouer avec mes enfants et jouer au golf », explique-t-il.

Le mot important, c’est « pouvoir ». Pouvoir courir, pouvoir jouer, pouvoir vivre sans la peur permanente du prochain craquement de ligament. Il ne se retire pas brisé, il se retire avant de l’être.

Vendredi, le Signal Iduna Park se lèvera pour lui. Quelques minutes, peut-être quelques secondes, suffiront à boucler une boucle commencée très tôt, stoppée plus tôt que prévu.

Pour un défenseur qui a longtemps vécu en première ligne, ce dernier match aura un parfum particulier : ce ne sera plus une bataille à gagner, mais un moment à savourer. Puis il laissera le terrain, cette fois pour de bon, avec la sensation rare d’avoir choisi lui-même la fin de l’histoire.