Neymar quitte la Seleção en larmes après une élimination déchirante
Au MetLife Stadium, la nuit est tombée brutalement sur le Brésil. Une défaite 2-1 face à la Norvège, un doublé d’Erling Haaland, et avec le coup de sifflet final, c’est bien plus qu’un huitième de finale de Coupe du monde qui s’est éteint. Neymar, 34 ans, a confirmé sa retraite internationale. La fin d’une ère, sans filet de sécurité.
Sur la pelouse, l’attaquant reste longtemps prostré. Les yeux rougis, le regard perdu, il vient pourtant d’inscrire, sur penalty dans le temps additionnel, son 80e but avec la Seleção. Un record absolu, devant Pelé. Un but pour l’histoire, pas pour la qualification. Le contraste est violent.
« J’ai essayé. Maintenant, c’est fini »
En zone mixte, l’atmosphère est lourde. Neymar parle peu, la voix cassée. « J’ai essayé, j’ai essayé. Maintenant, c’est fini. J’ai commencé ici ; j’ai fini ici », lâche-t-il devant les journalistes. Quelques phrases seulement, mais un verdict sans appel : son histoire avec le maillot jaune est close.
Seize ans de service. Une Confedérations Cup en 2013, l’or olympique à Rio en 2016, des dribbles devenus icônes, des coups francs décisifs, des blessures aussi, trop souvent au pire moment. Et toujours cette obsession : ramener la Coupe du monde au Brésil. Elle lui aura échappé quatre fois.
Cette élimination en huitièmes, la plus précoce du pays en Coupe du monde depuis 1990, résonne comme une fracture. Pour Neymar, c’est la dernière. Pour le Brésil, c’est la confirmation d’un cycle brisé.
Un géant des chiffres, un poids sur les épaules
Les chiffres racontent une partie de l’histoire : 130 sélections, 80 buts, 59 passes décisives. Personne n’a marqué autant de fois sous le maillot brésilien. Personne n’a autant cristallisé, pendant plus d’une décennie, les attentes d’un pays tout entier.
Son ultime geste en Seleção résume son héritage. Casemiro obtient un penalty, Neymar s’avance, fixe le gardien, frappe avec sang-froid. Filet. Geste clinique, geste de patron. Trop tard pour ce Mondial, mais assez pour rappeler à quel point il a porté l’attaque brésilienne sur ses épaules.
Pourtant, cette soirée face à la Norvège éclaire aussi une autre réalité : le Brésil n’y arrive plus face à l’Europe. Septième élimination consécutive en phase à élimination directe contre une nation européenne. Une série qui pèse lourd sur la génération Neymar, condamnée à vivre avec cette absence de Coupe du monde sur le palmarès.
Un père qui refuse le mot « fin »
Si Neymar semble avoir tranché pour la Seleção, son entourage refuse d’y voir la fin de tout. Son père, Neymar Senior, est monté au front publiquement. Sur les réseaux sociaux, il a lancé un appel simple, presque désarmant : qu’il ne quitte pas le football.
« Je veux faire une demande en tant que père. Ney, continue à jouer au football, s’il te plaît », a-t-il écrit. Pas de discours technique, pas de stratégie de carrière. Juste un père qui refuse de voir son fils tourner le dos à ce qui a structuré toute leur vie.
Ce message intervient à un moment où les doutes entourant l’avenir de Neymar au plus haut niveau se multiplient. Les blessures à répétition l’ont longtemps menacé, au point qu’il a failli ne pas figurer dans la liste finale de 26 joueurs choisie par Carlo Ancelotti pour ce tournoi. Son corps a vacillé, sa place aussi. Son statut, jamais vraiment.
La supplique paternelle dit tout : la famille veut encore le voir briller en club, prolonger la légende du numéro 10, même si le chapitre international est clos.
Ancelotti face au vide
Pour le Brésil, le choc est double : une élimination prématurée et la perte, d’un seul coup, de son joueur le plus créatif, le plus symbolique. Carlo Ancelotti, qui vient de prolonger à la tête de la Seleção jusqu’en 2030, se retrouve devant un chantier colossal.
Il doit rebâtir une équipe sans son repère offensif majeur. Trouver un successeur au numéro 10. Redéfinir une identité de jeu débarrassée de la dépendance à Neymar. L’échec aux États-Unis accélère brutalement ce processus de transition que la CBF ne peut plus repousser si elle veut enfin accrocher une sixième étoile.
Le Brésil entre dans une nouvelle ère, sans son visage le plus reconnaissable de la dernière décennie. La question n’est plus seulement « qui marquera les buts ? », mais « qui portera le poids symbolique de ce maillot ? ».
Une dernière scène, mais peut-être pas le dernier acte
Pour Neymar, une autre bataille commence. Celle de l’après. Il a tourné la page de la Seleção, pas encore celle du football. Le monde entier attend désormais sa réponse à l’appel de son père. Va-t-il s’accrocher, retrouver un rôle central en club, ou glisser doucement vers la sortie ?
Son parcours international s’achève dans les larmes, pas dans la lumière d’une finale. Pourtant, son héritage statistique et esthétique restera au sommet de l’histoire brésilienne. Il quitte la scène mondiale avec un record de buts, des dribbles gravés dans les mémoires, et une question brûlante : le plus grand numéro 10 de sa génération aura-t-il droit à un dernier acte pour réécrire la fin de son histoire en club ?



