Neo Rapoo : le nouveau visage des Orlando Pirates
Abdeslam Ouaddou n’a pas mis longtemps à comprendre où il avait mis les pieds. À Orlando Pirates, on ne parle pas seulement de schémas tactiques et de points au classement. On parle de destins. De villages oubliés qui envoient leurs enfants sur la scène mondiale. Et, dans cette fresque, un nom commence à prendre de l’épaisseur : Neo Rapoo.
Pirates, bien plus qu’un club
Face aux médias, le technicien marocain a posé le décor sans détour. Pour lui, Orlando Pirates est une institution sociale avant d’être une machine à gagner des matchs. Un club qui fouille loin de Johannesburg, dans les coins reculés, pour y dénicher des talents bruts, les faire grandir, puis les projeter vers l’étranger.
Les trajectoires de Relebohile Mofokeng ou Mbekezeli Mbokazi résument cette philosophie. Des jeunes repérés, façonnés, puis propulsés jusqu’à la Coupe du monde. Ouaddou y voit l’ADN même des Buccaneers : transformer des anonymes en joueurs de très haut niveau, sans jamais renier leurs racines.
« C’est l’histoire de Pirates, et ils continuent comme ça », a-t-il insisté. Une continuité assumée, presque revendiquée.
Rapoo, le nouveau visage de cette histoire
Dans ce récit, Neo Rapoo arrive au bon moment. Latéral gauche, jeune, affamé. Formé dans les structures de développement de SuperSport United, passé par Siwelele FC, il a débarqué à Pirates sans bruit, mais avec une intensité qui a très vite attiré l’œil de son nouvel entraîneur.
Les séances de pré-saison sont rudes, taillées pour filtrer les prétendants des certitudes. Rapoo, lui, ne s’est pas contenté de survivre. Il s’est imposé. Il bouscule déjà la hiérarchie à un poste où Deon Hotto et Nkosikhona Ndaba ne cèdent rien.
Ouaddou voit en lui bien plus qu’un simple renfort de couloir. Il voit un latéral moderne, taillé pour un football exigeant, rythmé, où un défenseur ne se contente plus de défendre. Rapoo sait répéter les efforts, jouer haut, combiner dans le dernier tiers, centrer, finir. Et il possède une corde supplémentaire : son efficacité sur coups de pied arrêtés. Un détail qui compte dans une saison où le moindre ballon arrêté peut décider d’un titre.
Une famille, pas seulement un vestiaire
Si Rapoo s’intègre si vite, ce n’est pas uniquement grâce à ses jambes. C’est aussi l’effet d’un vestiaire que le coach décrit comme une véritable famille. Dès sa signature, Ouaddou dit avoir ressenti cette bienveillance, cette volonté commune de voir chaque nouvel arrivant réussir.
Dans beaucoup de clubs, l’arrivée d’un jeune talent déclenche des crispations. Les cadres se méfient, se protègent. À Orlando Pirates, le discours est différent. Les anciens se battent pour garder leur place, oui, mais sans fermer la porte aux nouveaux. Ils les accompagnent, les guident, les aident à s’installer.
Ouaddou insiste sur cette rareté. Fort de ses 17 années de carrière entre l’Europe et l’Afrique, il sait que cette forme d’honnêteté n’est pas la norme. Aux Pirates, les leaders acceptent l’idée de préparer ceux qui, demain, prendront peut-être leur place. Un paradoxe apparent, mais une richesse énorme pour un club qui veut durer.
Rapoo et Ndaba en sont les bénéficiaires directs. Le coach les voit déjà comme de futurs internationaux, portés par cette culture de transmission.
Un modèle de jeu exigeant, des latéraux au centre du projet
Sur le terrain, la vision est claire. Dans le système d’Ouaddou, les latéraux ne sont pas des figurants. Ils sont des relais offensifs, des détonateurs. Ils doivent courir, répéter les montées, enchaîner les efforts sans perdre en lucidité.
Rapoo et Ndaba cochent ces cases. Capables de jouer haut, de combiner dans la zone décisive, de servir des centres dangereux, ils correspondent exactement au profil réclamé par le technicien marocain. Dans un football où les couloirs décident souvent du sort des rencontres, Pirates semble avoir trouvé deux pièces maîtresses.
La saison s’annonce dense. Quatre compétitions à jouer, un calendrier saturé, une intensité à maintenir d’un bout à l’autre. La rotation ne sera pas un luxe, mais une nécessité. C’est là que des joueurs comme Rapoo prennent toute leur importance. Leur fraîcheur, leur volume de jeu et leur professionnalisme deviendront des armes autant qu’un gage de cohérence pour le projet d’Ouaddou.
Le coach ne cache ni sa confiance ni ses attentes. Pour lui, Rapoo a tout pour s’imposer, apporter ses compétences à un groupe déjà riche, et s’inscrire dans la lignée de ces histoires que le club aime tant raconter.
À Orlando Pirates, les grandes aventures commencent souvent dans l’ombre, loin des projecteurs. Neo Rapoo vient à peine d’entrer en scène. Reste à voir jusqu’où ce club, spécialiste des destins renversants, le mènera.




