Neil El Aynaoui, la nouvelle star de la Premier League
Pendant que les projecteurs se braquaient sur Ayyoub Bouaddi avant le Mondial, c’est un autre milieu marocain qui a fini par voler la scène. Match après match, Neil El Aynaoui a fait glisser les regards. D’abord curieux. Puis admiratifs. Aujourd’hui, franchement intéressés.
À 25 ans, le joueur de Roma s’est imposé comme l’un des grands gagnants de cette Coupe du monde. Dans un tournoi où les milieux de terrain se jugent à la seconde près et au mètre carré, il a imposé son rythme, son coffre et une autorité tranquille qui ne trompe personne au plus haut niveau.
Le patron surprise du milieu marocain
Au départ, l’histoire devait tourner autour de Bouaddi, le prodige déjà suivi par la moitié de l’Europe. Mais sur le terrain, c’est bien le duo qu’il forme avec El Aynaoui qui a donné son identité à ce Maroc-là. Et dans ce duo, le Romain a souvent tenu le volant.
Face au Brésil, il a tenu tête à Casemiro et Bruno Guimaraes. Contre les Pays-Bas, il s’est frotté à Ryan Gravenberch et Frenkie de Jong. Sur le papier, le rapport de force semblait déséquilibré. Sur la pelouse, c’est lui qui a dicté le tempo, cassé les lignes, fermé les espaces et relancé proprement.
Volume de course, discipline défensive, calme balle au pied, puissance athlétique : son registre a impressionné les recruteurs. Les tribunes réservées aux scouts, déjà bien garnies, ont pris beaucoup de notes à chaque apparition du Marocain.
Un statut ambigu à Roma qui ouvre des portes
La trajectoire est d’autant plus frappante que sa saison en club n’a pas toujours reflété ce niveau. Arrivé l’été dernier à Roma en provenance de Lens, El Aynaoui a disputé plus de 30 rencontres lors de sa première année en Serie A. Il a participé à la belle troisième place de l’équipe de Gian Piero Gasperini.
Mais ses titularisations ont été moins nombreuses qu’attendu. Un paradoxe qui intrigue en interne comme à l’extérieur. Le joueur a montré qu’il pouvait tenir le rang, sans pour autant s’installer durablement comme indiscutable.
Ce décalage entre son potentiel et son temps de jeu alimente aujourd’hui les convoitises. Plusieurs clubs européens ont déjà pris la température auprès de son entourage, convaincus de pouvoir lui offrir un rôle bien plus central que celui qu’il occupe au Stadio Olimpico.
De la CAN au Mondial, une ascension suivie de très près
La Coupe du monde n’a fait qu’amplifier un phénomène déjà repéré. Ses prestations lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, disputée à domicile, avaient déjà alerté les plus grands. Des sources confirment que Barcelona et le Real Madrid se sont renseignés sur lui plus tôt dans l’année, preuve que son profil circule déjà dans les bureaux les plus sélectifs du continent.
En portant cette forme sur la plus grande scène internationale, El Aynaoui a franchi un palier dans la perception des clubs. Cette fois, ce n’est plus une intuition ou une projection. C’est un dossier concret pour cet été.
Les intermédiaires ont déjà activé les lignes en Premier League. Manchester United, Liverpool, Chelsea, Aston Villa, Brighton, Bournemouth, Newcastle United et Sunderland ont été approchés pour évoquer sa situation et sa disponibilité potentielle. La liste dit tout de l’ampleur de l’intérêt.
Dans le camp du joueur, la conviction grandit : si Roma reçoit une offre jugée satisfaisante, une porte pourrait s’ouvrir dès ce mercato.
Everton, l’autre pièce du puzzle Friedkin
Un autre acteur suit le dossier avec une attention particulière : Everton. Le lien est évident. La propriété du club de Liverpool et de Roma appartient au même groupe, The Friedkin Group. De quoi garantir, au minimum, une connaissance parfaite du profil d’El Aynaoui côté anglais.
Un éventuel mouvement entre les deux clubs ne se ferait pas à la légère. Il impliquerait des discussions fines sur la valorisation du joueur, son rôle, l’image sportive des deux entités. Mais cette passerelle interne existe, et elle place naturellement Everton en observateur privilégié.
Reste une inconnue majeure : la volonté de Roma. Le club italien continue de voir en El Aynaoui un joueur à forte marge de progression. Le Mondial ne fait que renforcer cette impression. Mais l’intensité de l’intérêt venu d’Angleterre et d’ailleurs mettra inévitablement cette position à l’épreuve dans les prochaines semaines.
Un milieu « qualité et quantité » très recherché
Dans les coulisses du mercato, certaines déclarations pèsent plus que d’autres. Celles de Mehdi Benatia, ancien directeur sportif de Marseille, ont fait du bruit. Il a reconnu avoir tenté de recruter El Aynaoui avant son départ pour l’Italie, tout en s’étonnant de son utilisation limitée à Roma.
Pour Benatia, le diagnostic est simple : le milieu marocain allie « qualité et quantité ». Une combinaison devenue rare, et donc chère. Quand un ancien défenseur de très haut niveau, passé par les plus grands clubs européens, s’interroge publiquement sur le faible temps de jeu d’un joueur, les décideurs écoutent.
Ces propos ont renforcé une impression déjà bien installée : sur ce marché estival, El Aynaoui pourrait être l’un des coups les plus malins à faire au milieu de terrain. Un joueur déjà prêt pour le très haut niveau, mais encore accessible, avant que sa cote n’explose définitivement.
Avec un Mondial en guise de vitrine, des prestations de patron contre des nations majeures et une situation en club qui laisse entrevoir une ouverture, tout converge vers un été décisif pour Neil El Aynaoui.
La question n’est plus de savoir s’il a convaincu la Premier League. Elle est désormais beaucoup plus directe : qui dégainera en premier pour arracher le nouveau métronome du Maroc à Roma ?




