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Nations League : Débuts difficiles avec des blessures majeures

La Nations League vient à peine de démarrer que l’infirmerie européenne déborde déjà. En l’espace de quelques jours, les sélections ont vu défiler les examens médicaux, les retours précipités en club et les plans de jeu réécrits à la hâte. Le tournoi n’en est qu’à son deuxième acte, mais il laisse déjà des traces profondes.

Isak, Gakpo, Musiala, Mbappé : les premières victimes

Dernier nom à rallonger une liste qui s’allonge à vue d’œil : Alexander Isak. La Fédération suédoise a annoncé que l’attaquant allait quitter le rassemblement et rentrer à Liverpool en raison d’une blessure présentée comme mineure. Même sort pour Hjalmar Ekdal, défenseur de Burnley. Résultat : la Suède devra se passer des deux hommes pour affronter la Pologne, la Bosnie-Herzégovine et la Roumanie. Un coup dur dès le mois de septembre pour un sélectionneur qui comptait sur la continuité offensive.

Liverpool n’est pas touché qu’à travers Isak. Cody Gakpo a lui aussi vu sa trêve internationale s’arrêter brutalement avec les Pays-Bas, lors du match à Belgrade face à la Serbie. Titulaire, il n’a tenu que 17 minutes. Un tacle appuyé de Sasa Lukic, une tentative de reprendre, puis ce geste sans équivoque vers le banc : c’est terminé. L’attaquant s’allonge, se tient la cheville, reçoit des soins, avant de céder sa place à Ruben van Bommel. Un scénario que Jürgen Klopp connaît trop bien.

En Allemagne, la première sur le banc de la Nationalmannschaft pour Klopp n’a pas été épargnée non plus. Face aux Pays-Bas, Jamal Musiala n’a même pas pu débuter. Gêné à l’échauffement, le milieu offensif du Bayern Munich a été contraint de renoncer avant le coup d’envoi. Le diagnostic du club tombe ensuite : déchirure de fibres musculaires à la cuisse droite. Un mot que tous les entraîneurs redoutent.

Dans le même match, Arsenal a vu son propre équilibre menacé : Kai Havertz a été touché, victime d’une élongation musculaire. Un signal d’alarme de plus pour un club qui regarde chaque minute internationale avec une certaine appréhension.

La France, elle, a perdu son visage le plus exposé. Kylian Mbappé s’est blessé… en marquant. Son but victorieux contre la Turquie, pour les débuts de Zinedine Zidane à la tête des Bleus, a eu un prix : hyperextension du genou gauche, comme l’a confirmé le Real Madrid. Un but décisif, une grimace, puis l’inquiétude qui traverse aussitôt Clairefontaine et Valdebebas.

Défenseurs touchés, milieux à bout : l’hémorragie s’étend

Le mal ne concerne pas que les attaquants vedettes. Derrière eux, la ligne défensive commence aussi à se fissurer.

Ibrahima Konaté a dû quitter le rassemblement français et rejoindre l’Espagne après une blessure contractée avec les Bleus. Les examens ont révélé un problème au niveau du ligament collatéral de la jambe droite du défenseur du Real Madrid. Une zone sensible, une durée d’indisponibilité encore floue, et un casse-tête supplémentaire pour son club comme pour la sélection.

En Espagne, Luis de la Fuente a vu l’un de ses plans tomber à l’eau à quelques heures d’un choc. Eric Garcia, retenu pour affronter l’Angleterre, a ressenti une gêne au genou gauche. Pas de prise de risque : il déclare forfait pour la rencontre. Marc Pubill est propulsé dans le onze de départ… et l’Espagne s’impose 3-2. Garcia, lui, a déjà pris la direction de Barcelone pour se soigner.

Le cas du Portugal illustre une autre facette de cette trêve : celle des joueurs qui serrent les dents. Bruno Fernandes joue blessé. Après la rencontre face au pays de Galles, le milieu a révélé un problème que son sélectionneur, Jorge Jesus, a qualifié de « compliqué ». Les mots sont choisis, mais lourds de sens. L’intention est claire : le ménager contre la Norvège pour espérer le récupérer en état acceptable pour le match suivant face au Danemark.

Le Danemark, justement, n’est pas épargné non plus. Patrick Dorgu, défenseur de Manchester United, n’a tenu qu’une demi-heure contre le pays de Galles. Il s’est arrêté net, sans contact, en se plaignant de la cuisse. Sortie immédiate. Un de plus sur la liste.

Une compétition déjà marquée par la gestion des corps

À ce stade, la Nations League n’est plus seulement une affaire de résultats, de schémas tactiques ou de hiérarchies continentales. Elle est devenue, presque malgré elle, un test grandeur nature de la résistance des organismes.

Les sélectionneurs réajustent leurs compositions au gré des examens médicaux. Un forfait peut bouleverser une animation offensive, un autre forcer un changement de système. Les entraîneurs de clubs, eux, comptent les jours et scrutent chaque bulletin médical en attendant le retour de leurs internationaux. La question n’est plus seulement de savoir s’ils reviendront, mais dans quel état.

La saison vient tout juste de s’installer. Et déjà, la facture physique commence à s’empiler. La Nations League n’en est qu’au début de son histoire cette année. Les infirmeries, elles, semblent déjà en prolongation.