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Mourinho choisit le Real Madrid plutôt que le Portugal

Parmi toutes les nouveautés de l’été au Real Madrid, une décision a pesé plus lourd que n’importe quelle signature sur le marché des transferts : le retour de José Mourinho sur le banc. Avant même que le club ne dépense une fortune pour remodeler l’effectif, Florentino Pérez avait déjà ciblé son homme de base pour tenter d’ouvrir un nouveau cycle.

Ce choix n’allait pourtant pas de soi. Au même moment, une autre porte s’ouvrait pour le Portugais, plus intime, plus symbolique : celle de la sélection du Portugal.

Le Portugal ou le Real, Mourinho a tranché

Selon AS, Mourinho a clairement dit non à son pays pour dire oui au Real Madrid. La Fédération portugaise l’avait placé en tête de liste après la débâcle au Mondial et le limogeage de Roberto Martinez. Les contacts étaient sérieux : discussions avec les dirigeants, échanges sur les conditions d’un accord, début de cadre posé pour un projet de sélectionneur.

Puis Madrid s’est invité dans le dossier.

Dans les semaines précédant la Coupe du monde, Florentino Pérez est intervenu. Le président merengue a sollicité l’entraîneur alors en poste à Benfica, reprenant une recette déjà utilisée avec Zinedine Zidane et Carlo Ancelotti : rappeler un technicien qui connaît la maison, qui y a déjà gagné, qui sait supporter la pression blanche.

Mourinho n’a pas tergiversé. Il a répondu à l’appel du Real, quitté Benfica une fois sa clause libératoire réglée, et refermé la porte de la sélection. Le Portugal a pris acte et s’est tourné vers Jorge Jesus pour relancer son projet national.

Le décor était planté. Le Special One revenait à Madrid, cette fois dans un club en quête d’identité claire et de nouveau leadership.

Un deuxième acte qui démarre dans la tempête

Le retour, pourtant, n’a rien d’un long fleuve tranquille. Cette deuxième ère Mourinho au Real Madrid a démarré dans la crispation et le doute.

Déjà six points de retard sur un Barça lancé à pleine vitesse. Des défaites face au Real Betis et à l’Atletico Madrid qui ont frappé fort, non seulement au classement mais aussi dans la confiance d’un vestiaire encore en construction. Les prestations oscillent d’un extrême à l’autre, sans continuité, sans cette férocité collective qui avait fait la marque de fabrique de Mourinho lors de son premier passage.

L’équipe manque d’intensité, de liant entre les lignes. Les automatismes tardent, les certitudes aussi. En coulisses, les premières rumeurs de tensions dans le vestiaire ont refait surface, comme un vieux scénario que le club espérait ne plus revoir.

La critique s’est rapidement invitée dans le débat public. L’ancien joueur Poli Rincón a pris la parole pour cibler directement l’entraîneur portugais, allant jusqu’à réclamer son départ. Dans un environnement aussi exigeant que Madrid, ce genre de sortie n’est jamais anodin. Elle reflète une impatience grandissante autour d’un projet censé relancer le club, pas le plonger dans un nouveau cycle d’instabilité.

Pérez a misé sur lui, à Mourinho de répondre

Derrière ce choix fort de rappeler Mourinho, il y a la conviction personnelle de Florentino Pérez. Le président a pris un risque politique, sportif et médiatique. Il a misé sur l’autorité, sur l’expérience, sur un coach capable de gérer les egos, de tenir un vestiaire, de transformer la pression en carburant.

À présent, c’est au Portugais de justifier cette confiance. De prouver que son refus du Portugal n’était pas un simple geste de fidélité envers le Real, mais le point de départ d’un projet capable de ramener des titres.

La trêve internationale n’offre qu’un court répit. À la reprise, le calendrier ne pardonnera rien : une série de matchs exigeants attend le Real Madrid, avec notamment un Clasico déjà lourd de conséquences potentielles. Dans ce contexte, chaque choix tactique, chaque composition, chaque discours en interne pèsera double.

Le club a appelé Mourinho pour écrire un nouveau chapitre glorieux, pas pour revivre les mêmes fractures. La saison est encore longue, mais le temps, lui, ne s’arrête jamais à Madrid.