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José Mourinho et la prolongation de Vinicius Jr au Real Madrid

José Mourinho n’a pas seulement retrouvé le banc du Real Madrid. Il a aussi remporté sa première grande bataille en coulisses : convaincre Vinicius Jr de ne pas claquer la porte.

L’ailier brésilien, 26 ans, entrait dans la dernière année de son contrat au Bernabéu. Dans douze mois, il aurait pu partir libre. De quoi alerter la moitié de l’Europe, dont Arsenal, champion d’Angleterre en titre, prêt à bondir à la moindre ouverture pour attirer l’un des meilleurs ailiers du monde.

Cette ouverture n’est jamais venue. Au début du mois, Vinicius Jr a signé un nouveau contrat de six ans avec le Real Madrid. Une prolongation majeure, arrachée aussi par les mots de Mourinho.

« Vini, où veux-tu aller ? »

Invité de l’émission espagnole El Chiringuito, le Portugais a raconté sans détour comment il a parlé à son joueur vedette.

« Vinicius est tombé amoureux du Real Madrid », a-t-il d’abord lâché, avant de dévoiler le cœur de son message.

« La seule chose que je lui ai dite, c’est : “Vini, où veux-tu aller ? Tu n’as connu que le Brésil et le Real Madrid. Tu ne comprends vraiment le Real Madrid que quand tu pars. Quand tu pars, c’est là que tu réalises ce qu’est le Real Madrid. Ne pars pas. Ça n’en vaut pas la peine.” »

Mourinho estime que le contexte actuel du vestiaire a pesé lourd dans la décision du Brésilien.

« Je pense que ce qu’il a ressenti en termes de croissance du groupe, la façon dont nous travaillons et nous développons, lui a donné un sentiment très important », a-t-il expliqué.

Le message est clair : Vinicius n’a pas seulement prolongé pour un salaire ou un statut, mais pour un projet et un environnement dans lequel il se sent désormais central.

De l’autre côté de la ligne blanche

Ironie du destin : la saison dernière, Mourinho affrontait encore le Real Madrid. À trois reprises, en Ligue des champions, lorsqu’il dirigeait Benfica.

Lors du barrage à élimination directe, au match aller, la soirée avait basculé. Les joueurs madrilènes avaient accusé Gianluca Prestianni, ailier de Benfica, d’insultes racistes envers Vinicius. La rencontre avait été interrompue près de huit minutes.

Prestianni avait nié. Mourinho, lui, avait défendu publiquement son joueur. L’instance européenne avait ensuite tranché : Uefa a suspendu Prestianni trois matches, avec trois autres en sursis, pour conduite homophobe.

Un épisode lourd, que Mourinho n’esquive pas aujourd’hui. Au contraire, il l’utilise pour clarifier sa position auprès de Vinicius.

« Prestianni était mon joueur. Point. Il n’y a pas de débat. Si Prestianni est mon joueur, 20 joueurs peuvent venir contre moi, je reste avec Prestianni. Fin de l’histoire », a-t-il rappelé, fidèle à son personnage, protecteur jusqu’au bout de ses hommes.

Puis il a basculé sur le présent, sur ce nouveau lien tissé avec son numéro 7.

« Je pense que Vini sait maintenant de quel côté je suis et il sait qu’il peut me regarder dans les yeux et compter sur moi pour être à ses côtés. »

Vinicius Jr reste donc au Real Madrid, lié pour six ans. Mourinho, lui, a déjà posé les bases : un vestiaire soudé, une star rassurée, et un message envoyé à l’Europe. Le Brésilien ne bougera pas. Pas maintenant. Pas sous ses ordres.