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Mondial 2026 : Messi, l’Australie et la Colombie en quête d'histoire

Le Round of 32 se referme avec une journée dense, tendue, presque charnière. Trois affiches, trois histoires très différentes, mais un même enjeu : basculer dans le vrai Mondial, celui où chaque erreur coûte un billet retour.

Australie – Égypte : un premier pas dans l’inconnu

Coup d’envoi à Dallas. L’Australie et l’Égypte n’ont jamais gagné le moindre match à élimination directe en Coupe du monde. Pour l’une comme pour l’autre, ce huitième de finale a des allures de porte dérobée vers l’histoire.

Les Australiens sortent d’un parcours rugueux dans le groupe D : victoire solide contre la Turquie (2-0), revers face aux États-Unis, puis nul vierge contre le Paraguay. Quatre points, du caractère, et un visage plus pragmatique qu’à l’accoutumée.

En face, l’Égypte arrive cabossée mais vivante. Cinq points dans le groupe G, une qualification maîtrisée, mais une alerte majeure : la sortie de Mohamed Salah, touché aux ischio-jambiers lors du dernier match contre l’Iran. Hossam Hassan se veut optimiste, il le répète, il y croit. Pourtant, tout le plan offensif des Pharaons repose sur le numéro 10. Sans lui à 100 %, l’Égypte perd une bonne partie de son venin.

Le poids de l’enjeu est limpide : le vainqueur écrira une première ligne dans son histoire mondiale. L’autre restera au stade des regrets.

Le pari Beach

Au cœur du projet australien, un choix fort a déjà marqué ce Mondial. Juste avant l’entrée en lice, Popovic a tranché : Matthew Ryan, capitaine et gardien emblématique, sur le banc. À sa place, un visage presque anonyme à ce niveau, Beach, portier de Melbourne City, seulement cinq sélections.

Le risque paraissait énorme. Il est devenu la meilleure nouvelle de la campagne australienne. Beach a signé une prestation de haut vol contre la Turquie, puis un deuxième clean sheet face au Paraguay. Autoritaire dans les airs, propre au pied, serein sur sa ligne, il a fait oublier le débat… pour l’instant.

Contre une Égypte qui sait frapper vite et fort dès que Salah est sur le terrain, il devra encore tenir la baraque. S’il confirme, l’Australie pourra rêver un peu plus grand. S’il flanche, la décision de Popovic reviendra au centre des discussions.

Argentine – Cap-Vert : Messi face au conte de fées

Miami se prépare à une soirée de contraste. D’un côté, l’Argentine, championne du monde en titre, machine lancée à pleine vitesse. De l’autre, le Cap-Vert, surprise majuscule de ce Mondial, équipe sans complexe qui a déjà bousculé l’ordre établi.

Les chiffres argentins donnent le ton : trois victoires de groupe, toutes avec plusieurs buts d’écart, dix succès consécutifs toutes compétitions confondues, et un Lionel Messi encore au sommet. À 39 ans, le capitaine partage la tête du classement des buteurs avec six réalisations dans ce tournoi et porte son total en Coupe du monde à 19 buts. Les années passent, l’influence reste.

Le Cap-Vert, lui, vit une aventure qui ressemble à un roman. Trois matchs, trois nuls, invaincu dans un groupe H relevé, avec notamment un 0-0 arraché face à l’Espagne. Les Blue Sharks n’ont jamais cessé de défendre leur peau, bloc compact, solidarité totale, et un gardien, Vozinha, en état de grâce.

Mais ce soir, l’échelle change. L’adversaire n’est plus seulement favori, il est tenant du titre, sûr de ses forces, habitué à ce genre de rendez-vous.

Messi, encore et toujours

Parler de joueur à suivre pour l’Argentine, c’est presque une formalité. Il n’y a pas de débat. Tant que Lionel Messi est sur la pelouse, tout tourne autour de lui.

Il dicte le tempo, il attire les fautes, il fixe, il libère les autres. Et surtout, il marque. Dans ce tournoi, personne ne parvient à l’éteindre durablement. Les défenses resserrent, les blocs reculent, les plans de jeu s’empilent. Le résultat reste le même : il trouve une brèche.

Le Cap-Vert va tenter de faire ce que personne n’a réussi récemment : le tenir loin du tableau d’affichage. Vozinha devra sortir un match parfait, sa défense aussi. Car si les Blue Sharks laissent ne serait-ce qu’un instant de liberté au numéro 10, la marche risque d’être trop haute pour prolonger le rêve.

Colombie – Ghana : duel de styles à Kansas City

La journée se referme à Kansas City avec une affiche plus piégeuse qu’il n’y paraît. Sur le papier, la Colombie part largement favorite. Sur le terrain, le Ghana promet une bataille âpre, serrée, presque étouffante.

Les Colombiens ont dominé le groupe K avec sérieux : victoires contre l’Ouzbékistan et la RD Congo, nul 0-0 face au Portugal. Leur attaque respire le football : Luis Diaz en percussion constante, James Rodriguez à la baguette, une animation fluide, mobile, capable de faire exploser un bloc en quelques passes.

Le Ghana, lui, a pris un chemin plus discret. Qualifié comme l’un des meilleurs troisièmes du groupe L, il a surtout reconstruit une base défensive sous la houlette de Carlos Queiroz. Organisation, densité, duels gagnés, très peu d’espaces concédés. Mais un revers évident : seulement 15 tirs tentés sur toute la phase de groupes. C’est maigre, trop maigre pour espérer dicter le rythme.

Tout indique un match à sens unique dans la possession, avec une Colombie qui pousse, et un Ghana qui ferme, ralentit, coupe le jeu, mise sur les fautes tactiques et les rares contres.

James, cerveau et boussole

Dans ce contexte, la clé colombienne porte un nom bien connu : James Rodriguez. Sa carrière en club a perdu de son éclat, mais en sélection, le brassard lui va toujours aussi bien. Il reste le dépositaire du jeu, celui qui doit non seulement créer, mais aussi guider.

Face à une équipe ghanéenne qui cherchera à casser le rythme, à imposer un match haché et physique, son rôle dépasse la simple dernière passe. Il devra garder son calme, imposer sa justesse, maintenir la Colombie dans son idée de jeu sans tomber dans la nervosité.

Si James trouve les intervalles et garde la tête froide, la Colombie a tout pour valider son statut. Si le Ghana parvient à le couper du reste de l’équipe, la soirée peut vite se transformer en bras de fer interminable.

Une chose est sûre : cette dernière journée du Round of 32 ne ressemble pas à un simple pont vers les quarts. Elle ressemble à un filtre. Ceux qui en sortiront ne seront pas seulement qualifiés. Ils auront prouvé qu’ils savent gagner quand la marge d’erreur disparaît.