RDC Sport

Mondial 2026 : la liste choc de Tuchel secoue l’Angleterre

Thomas Tuchel n’a pas seulement dévoilé une liste. Il a déclenché un véritable séisme autour des Three Lions.

Nommé pour mettre fin à soixante ans de disette dans les grandes compétitions, l’Allemand a tranché dans le vif avant la Coupe du monde organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Des cadres laissés à la maison, des paris assumés, un vestiaire rebattu : l’Angleterre version Tuchel ne ressemble déjà plus à celle de l’Euro 2024.

Des absents de poids, des choix qui piquent

Les noms tombent, et certains font mal. Trent Alexander-Arnold, désormais au Real Madrid, ne verra pas le Mondial. Même sort pour Cole Palmer et Phil Foden, pourtant artisans majeurs de la finale atteinte à l’Euro 2024. Leur faute ? Une saison décevante avec Chelsea pour l’un, Manchester City pour l’autre. Tuchel a sanctionné sans trembler.

Harry Maguire, 33 ans, a avoué sa stupeur après son exclusion. Le défenseur de Manchester United se voyait encore jouer un rôle central cet été. Son coéquipier Luke Shaw est lui aussi écarté. Nottingham Forest perd Morgan Gibbs-White, l’un des milieux anglais les plus prolifiques de Premier League, tandis que Leeds voit son buteur Dominic Calvert-Lewin rester à quai malgré ses statistiques.

Même au milieu, la concurrence a tranché dans le vif. Jordan Henderson, désormais à Brentford et ancien capitaine de Liverpool, est retenu. Adam Wharton, révélation de Crystal Palace, en fait les frais. La hiérarchie, pour Tuchel, ne se lit pas qu’au tableau des buts et des passes décisives.

Tuchel assume : « J’aime les décisions difficiles »

Le sélectionneur ne s’en cache pas : il a choisi une ligne dure. Les stages de septembre, octobre et novembre ont servi de laboratoire. De ce travail, Tuchel a tiré une ossature mêlant jeunesse et expérience, mais surtout un noyau qu’il juge fiable.

« J’aime les décisions difficiles parce qu’elles apportent, au final, de la clarté, une certaine dureté, et c’est ce dont vous avez besoin pour aller au bout », a-t-il expliqué. Il s’est appuyé sur ceux qui, selon lui, ont « livré », instauré une culture, fixé les standards, pris le leadership depuis l’automne.

Les coups de fil pour annoncer les mauvaises nouvelles ont laissé des traces. Tuchel a parlé d’échanges « douloureux », de voix chargées d’émotion. Il a tenu à appeler tous les joueurs passés par les rassemblements, au moins une fois, pour leur témoigner son respect. La méthode est froide dans le contenu, mais le technicien sait le poids humain de ce genre de liste.

Toney, le pari venu d’Arabie saoudite

Au milieu des exclusions, un nom surprend : Ivan Toney. Le buteur d’Al-Ahli, en Arabie saoudite, s’invite dans l’aventure. Il avait marqué les esprits en sortie de banc lors de l’Euro il y a deux ans, puis avait quasiment disparu du radar international, ne disputant que deux minutes avec l’Angleterre depuis son départ au Moyen-Orient en 2024.

Tuchel le rappelle pourtant pour accompagner Harry Kane et Ollie Watkins. Un message clair : l’Angleterre ne se privera pas d’un finisseur qu’elle estime capable de faire basculer un match, peu importe le championnat où il évolue.

En défense, un autre pari saute aux yeux : John Stones. Sa saison à Manchester City a été rongée par les blessures, son temps de jeu famélique. Tuchel le prend quand même, convaincu que son intelligence de jeu et son expérience valent le risque.

Kane en capitaine de route

Au milieu de ce tumulte, une constante rassure le pays : Harry Kane sera bien là. Le capitaine, aujourd’hui au Bayern Munich, a exprimé sa fierté sur les réseaux sociaux. Il a rappelé qu’on ne devait « jamais tenir ces moments pour acquis », évoquant ce rêve d’enfant qui se prolonge sur les plus grandes scènes mondiales. Il n’a qu’une hâte : retrouver la pelouse.

Autour de lui, le secteur offensif reste riche : Bukayo Saka, Noni Madueke, Marcus Rashford, désormais au Barcelona, et Anthony Gordon offriront des profils variés, capables d’étirer les défenses ou de rentrer à l’intérieur. Le talent ne manque pas, la hiérarchie, elle, a été redessinée.

Au milieu, Declan Rice mènera la manœuvre, épaulé par Jude Bellingham, star du Real Madrid, Kobbie Mainoo, Eberechi Eze, Elliot Anderson, Jordan Henderson et Morgan Rogers. Un mélange de puissance, de créativité et de fraîcheur qui devra donner un visage plus maîtrisé à une équipe souvent accusée de se déliter dans les grands rendez-vous.

Derrière, Reece James, Tino Livramento, Dan Burn, Marc Guehi, John Stones, Nico O’Reilly, Ezri Konsa, Jarell Quansah et Djed Spence composeront une ligne défensive remodelée, devant un trio de gardiens mené par Jordan Pickford, avec Dean Henderson et James Trafford en doublures.

Dallas, Ghana, Panama : la route est tracée

Le calendrier est posé, sans échappatoire. L’Angleterre débutera son Mondial le 17 juin à Dallas face à la Croatie. Un premier test, tout sauf anodin, face à un adversaire habitué aux grandes scènes. Puis viendront le Ghana le 23 juin, et le Panama quatre jours plus tard, dans un groupe où les Three Lions partiront favoris, mais sous surveillance.

Tuchel a voulu une équipe tranchante, resserrée autour d’un noyau qu’il juge fiable, quitte à sacrifier des noms lourds et des chouchous du public. Il sait que ces choix seront disséqués au moindre faux pas.

La question est désormais simple, brutale, presque cruelle : cette Angleterre-là, construite sur des décisions « douloureuses » mais assumées, a-t-elle vraiment les épaules pour aller, cette fois, jusqu’au bout ?