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L’attaque d’England face à un dilemme défensif

L’attaque d’England rugit, la défense grince : Tuchel déjà face à un premier dilemme

England a frappé fort pour son entrée dans la Coupe du Monde 2026. Quatre buts passés à Croatia à Arlington, Texas, une animation offensive fluide, des individualités en confiance. Sur le papier, un départ idéal. Mais derrière l’emballage séduisant, une fissure persiste : la défense inquiète, et Thomas Tuchel le sait.

Un feu d’artifice offensif, des alarmes derrière

Deux fois, en première période, England a été rejoint au score. Deux fois, Croatia a trouvé des brèches dans un bloc défensif hésitant, parfois mal aligné, souvent en retard. Le 4-2 final raconte une victoire convaincante. Il raconte aussi une équipe qui devra beaucoup mieux défendre quand le niveau va grimper.

Car Croatia reste une sélection expérimentée mais vieillissante. Les vrais tests arrivent : France, Spain, Argentina, ces nations qui punissent la moindre approximation, surtout dans la profondeur. Dans ce contexte, le deuxième match face à Ghana, à Boston, prend déjà des airs d’examen de passage pour la ligne arrière.

Le calcul est simple : une victoire contre la sélection africaine, combinée à un faux pas de Panama face à Croatia, et England se hisse en huitièmes comme premier du groupe L. Mais personne, au sein du staff, ne se laisse tromper par les chiffres.

Une défense brillante en qualifications, fragile en tournoi

Sur le papier, tout semblait pourtant solide. England a traversé les qualifications sans encaisser un seul but en huit rencontres. Zéro. Une statistique qui habille joliment un secteur aujourd’hui en plein doute.

Deux failles majeures apparaissent désormais au grand jour : le manque d’expérience et un historique de blessures qui plane sur plusieurs cadres défensifs.

Thomas Tuchel a fait des choix forts avant le tournoi. Il a décidé de se passer de trois joueurs rompus aux grandes compétitions : Trent Alexander-Arnold, Luke Shaw et Harry Maguire sont restés à la maison. Des paris assumés, mais qui laissent un groupe de défenseurs à la fois talentueux et vert.

La tuile est arrivée très vite : Tino Livramento, blessé avant même le premier match, a dû être remplacé par Trevoh Chalobah, qui ne compte qu’une seule sélection. Résultat : sur les neuf défenseurs du groupe, on totalise 191 capes internationales… dont 90 appartiennent à un seul homme, John Stones.

Une arrière-garde en apprentissage accéléré

Face à Croatia, trois membres de la défense ont découvert la Coupe du Monde : Reece James, Ezri Konsa et le jeune Nico O’Reilly, 21 ans. Un baptême du feu parfois brûlant.

La grande question, désormais, tourne autour de la charnière centrale. Faut-il installer Marc Guehi à la place de Konsa ? Le défenseur d’Aston Villa reste l’un des hommes de confiance de Tuchel, mais la concurrence gronde. L’Allemand, lui, continue de s’appuyer sur l’expérience et le calme de John Stones, malgré une saison famélique en Premier League, avec seulement cinq titularisations avant son départ de Manchester City.

Ce choix, certains le contestent ouvertement. L’ancien attaquant international Chris Sutton plaide pour une charnière Konsa–Guehi, sans Stones. Pour lui, la question n’est pas le vécu, mais la capacité à tenir en un contre un face aux meilleurs attaquants du monde.

« Konsa et Guehi ont de meilleurs attributs dans les duels individuels que John Stones, et il y aura des moments où ils se retrouveront isolés face à des joueurs de très haut niveau », a-t-il expliqué à la BBC. Un avis tranché, qui résume un débat plus large : Tuchel doit-il privilégier l’expérience ou la fraîcheur athlétique ?

Tuchel sous pression, le vestiaire reste serein

L’analyse de Gary Neville, ancien défenseur d’England devenu consultant pour Sky Sports, va dans un autre sens : le match contre Croatia a été un avertissement. Selon lui, cette première période « aura inquiété » le staff et poussera Tuchel à ajuster son approche dès les prochains rendez-vous, en particulier dans la manière de protéger sa ligne arrière.

Le sélectionneur se retrouve donc face à une équation complexe : maintenir sa philosophie ambitieuse, qui a permis à l’attaque de briller, tout en sécurisant un secteur défensif encore fragile mentalement et physiquement.

Dans le vestiaire, le discours est plus apaisé. Ollie Watkins, interrogé à la base d’entraînement de Kansas City, a balayé les doutes. Pour l’attaquant, les critiques sont inévitables, mais ne reflètent pas la vraie valeur de la défense.

Il rappelle que ces joueurs ont déjà remporté des trophées majeurs, qu’ils ont évolué au plus haut niveau, et qu’un début de match nerveux ne doit pas tout remettre en question. Selon lui, une fois les tensions évacuées, la seconde période face à Croatia a montré le vrai visage d’England : une équipe capable de « balayer » un adversaire de renom.

Ghana en ligne de mire, et des réponses attendues

Mardi, à Boston, Ghana offrira un tout autre défi. Plus de vitesse, plus de duels, plus de transitions. Exactement le type de match qui peut faire exploser une défense encore en rodage, ou au contraire la lancer définitivement.

Tuchel devra trancher : conserver sa structure, continuer avec Stones et Konsa, ou bousculer la hiérarchie en intégrant Guehi. Chaque choix envoie un message, au groupe comme aux futurs adversaires.

L’attaque d’England a déjà posé sa marque sur ce Mondial. Reste à savoir si la défense saura suivre le rythme avant que les géants du tournoi ne se présentent sur la route.