Mondial 2026 : Écosse, États-Unis et Allemagne en quête de qualification
La phase de groupes du Mondial 2026 entre dans sa deuxième ligne droite. Les calculs commencent, les nerfs se tendent, et chaque minute compte déjà pour un billet vers les huitièmes. De Foxborough à Vancouver, de Houston à Miami, le week-end s’annonce dense, parfois cruel. Tour d’horizon.
Groupe C : l’Écosse aux portes de l’histoire, le Maroc déjà sous pression
Scotland – Morocco, Gillette Stadium (Foxborough), 15h PDT
L’Écosse n’a pas souvent été aussi proche d’un printemps mondial. Vainqueurs d’Haïti pour leur entrée en lice, les Écossais ont mis fin à une série noire de dix matches de Coupe du monde sans victoire face à des équipes des Amériques. Un symbole, signé John McGinn, buteur en première période.
Un succès ou même un nul pourrait suffire à les propulser, pour la première fois, en phase à élimination directe. Le poids de l’histoire est là, mais le contexte leur est enfin favorable.
En face, le Maroc a frappé fort d’entrée en tenant tête au Brésil (1-1). Match équilibré dans le jeu, tableau d’affichage fidèle aux statistiques. Ismael Saibari a ouvert la voie dès la 21e minute, confirmant que les Lions de l’Atlas ne sont plus un simple outsider exotique mais une sélection qui regarde droit dans les yeux les grandes nations.
Un point ne serait pas un mauvais résultat pour les deux. Mais cette affiche a tout d’un match où personne ne jouera vraiment le nul.
Brazil – Haiti, Lincoln Financial Field (Philadelphie), 17h30 PDT
Haïti a dominé l’Écosse dans le jeu, la possession et les tirs. Mais pas au tableau d’affichage. Et à ce niveau, cela se paie cash. Pour rester en vie, il faudra au minimum un point face au Brésil.
Le Brésil, lui, s’est contenté de l’essentiel lors de son premier match, grâce à un but de Vinícius Júnior à la 32e minute. Les Sud-Américains n’ont pas encore montré toute l’étendue de leur arsenal, mais ils savent qu’un nouveau succès leur ouvrirait grand la porte des huitièmes. Haïti, déjà dos au mur, n’a plus le luxe du calcul.
Groupe D : les États-Unis en pleine confiance, l’Australie solide, la Turquie déjà au bord du gouffre
United States – Australia, Lumen Field (Seattle), 12h PDT
Les États-Unis n’ont gagné deux matches de poule qu’une seule fois dans leur histoire, en 1930. Presque un siècle plus tard, ils peuvent égaler cette marque. Leur démonstration face au Paraguay a envoyé un message clair : cette équipe ne vient pas faire de la figuration à domicile.
Folarin Balogun a signé un doublé qui renvoie lui aussi à 1930, dernière fois qu’un joueur américain avait marqué deux buts dans un même match de Coupe du monde. L’attaque tourne, le public suit, l’élan est réel.
En face, l’Australie a lancé son tournoi avec un succès maîtrisé 2-0 face à la Turquie. Une victoire ou un nul placerait très probablement les Socceroos en huitièmes pour la deuxième Coupe du monde consécutive. Les deux équipes peuvent frapper un grand coup, dans un Lumen Field qui promet d’être bouillant.
Paraguay – Turkey, Levi’s Stadium (Santa Clara), 20h PDT
Match couperet, dès la deuxième journée. Ni le Paraguay ni la Turquie ne peuvent se permettre de perdre.
La Turquie a tout fait sauf marquer lors de son premier match : 30 tirs, 51 touches dans la surface adverse, 90 % de passes réussies sur 635 transmissions. Une domination écrasante, soldée par une défaite 2-0. Cruel. Et lourd de conséquences.
Le Paraguay, lui, n’a jamais existé contre les États-Unis, mené 3-0 à la pause avant de s’incliner 4-1. Les Sud-Américains doivent d’abord retrouver de la solidité avant de penser à l’exploit. Pour le perdant, la sortie de route se rapprochera dangereusement.
Groupe E : l’Allemagne roule, la Côte d’Ivoire surprend, l’Équateur et Curaçao déjà au pied du mur
Germany – Ivory Coast, BMO Field (Toronto), 13h PDT
L’Allemagne a rappelé au monde ce que signifie une entrée fracassante en Coupe du monde : 7-1 contre Curaçao. Ce score renvoie évidemment à 2014, à ce fameux 7-1 infligé au Brésil, prélude à un quatrième titre mondial. L’écho est fort, même si l’adversaire n’est pas du même calibre.
Face à elle, une Côte d’Ivoire qui a frappé un grand coup en faisant tomber l’Équateur (1-0). Amad Diallo, entré en jeu, a offert la victoire dans le temps réglementaire, à la 90e minute. Une équipe compacte, disciplinée, qui n’a concédé qu’un seul tir cadré. Les Ivoiriens savent souffrir et punir. L’Allemagne sait écraser. Le duel de styles promet.
Ecuador – Curaçao, Arrowhead Stadium (Kansas City), 17h PDT
Plus de joker. L’Équateur comme Curaçao doivent prendre des points pour rester en course.
Curaçao a vécu un baptême du feu brutal : 26 tirs concédés, dont 12 cadrés, face à l’Allemagne. Un naufrage défensif, atténué par un moment historique : le but de Livano Comenencia, première réalisation de l’histoire du pays en Coupe du monde.
L’Équateur, limité offensivement contre la Côte d’Ivoire, a manqué d’inspiration et de situations franches. S’il veut voir la phase à élimination directe pour la deuxième fois seulement de son histoire, il devra se montrer beaucoup plus tranchant. Ce match ressemble déjà à un test de caractère.
Groupe F : les Pays-Bas sous pression, la Suède lancée, le Japon dans le bon tempo
Netherlands – Sweden, NRG Stadium (Houston), 10h PDT
La Suède a envoyé un signal tonitruant en balayant la Tunisie 5-1. Yasin Ayari a ouvert et clos le festival offensif, incarnant cette équipe qui joue sans complexe.
Les Pays-Bas, eux, ont laissé filer deux fois l’avantage face au Japon (2-2). Un point qui laisse un goût amer et place les Néerlandais dans une position inconfortable. Ils n’ont plus quitté la compétition dès le premier tour depuis 1938. Une élimination précoce serait un séisme footballistique. Une défaite face à la Suède mettrait cette série en réel danger.
Tunisia – Japan, Estadio BBVA (Guadalupe), 21h PDT
La Tunisie change de visage, mais pas de mission. Hervé Renard reprend les commandes comme sélectionneur intérimaire, lui qui avait déjà dirigé les Aigles de Carthage entre 2019 et 2022. Il succède à Sabri Lamouchi, limogé après la prestation apathique contre la Suède.
En face, le Japon a déjà montré sa résilience. Menés deux fois, les Samouraïs Bleus ont arraché le nul contre les Pays-Bas grâce à un but de Daichi Kamada à la 88e minute. Une équipe qui ne renonce jamais, habituée à bousculer les hiérarchies. La Tunisie, elle, n’a plus le temps d’attendre la magie de Renard : il faut des points, tout de suite.
Groupe G : la Belgique vieillissante, l’Iran accrocheur, l’histoire à portée de main pour la Nouvelle-Zélande et l’Égypte
Belgium – Iran, SoFi Stadium (Inglewood), 12h PDT
La Belgique marche sur un fil. Dominée par l’Égypte lors de son premier match, elle n’a dû son point qu’à un but contre son camp adverse en début de seconde période. Pour une génération dite dorée, le miroir devient brutal.
Romelu Lukaku, Kevin De Bruyne, Thibaut Courtois, Thomas Meunier, Axel Witsel : les noms sont toujours là, le temps beaucoup moins. Un nouveau faux pas et le spectre d’une nouvelle sortie prématurée planera encore plus fort.
L’Iran, lui, a montré du caractère en revenant deux fois au score contre la Nouvelle-Zélande. Une équipe difficile à faire plier, qui ne lâche jamais le morceau. Face à une Belgique sous pression, ce profil peut faire très mal.
New Zealand – Egypt, BC Place (Vancouver), 18h PDT
Ici, l’enjeu dépasse les trois points. Ni la Nouvelle-Zélande ni l’Égypte n’ont jamais gagné un match de Coupe du monde. Une victoire entrerait donc dans l’histoire, et pourrait, cerise sur le gâteau, offrir un billet pour les huitièmes.
Les Néo-Zélandais ont déjà brisé une première barrière en décrochant leur premier point en trois participations, grâce au nul contre l’Iran. L’Égypte, elle, reste sur un troisième match nul en huit rencontres mondiales après celui décroché face à la Belgique. Deux équipes qui flirtent avec la victoire sans jamais l’attraper. Dimanche, l’une d’elles pourrait enfin basculer dans une autre dimension.
Groupe H : l’Espagne déjà dos au mur, l’Arabie saoudite ambitieuse, l’Uruguay sous pression
Spain – Saudi Arabia, Mercedes-Benz Stadium (Atlanta), 9h PDT
L’Espagne, troisième au classement mondial, a démarré en trompe-l’œil. Zéro but face au Cap-Vert, 64e nation mondiale, et un nul qui a fait l’effet d’un coup de froid. La Roja a besoin d’un électrochoc, pas d’un simple ajustement.
L’Arabie saoudite, elle, était à dix minutes d’un énorme exploit contre l’Uruguay avant de concéder le nul. Trois matches sans défaite, une confiance grandissante et l’idée, désormais crédible, de viser les huitièmes. Une nouvelle performance solide, et les Faucons arabes ne rêveront plus, ils y croiront.
L’Espagne n’a plus le choix : il faut gagner, et convaincre. Sinon, la phase de groupes pourrait se transformer en chemin de croix.
Uruguay – Cape Verde, Hard Rock Stadium (Miami Gardens), 15h PDT
L’Uruguay s’est fait peur d’entrée face à l’Arabie saoudite. Incapable de tuer le match, la Celeste a laissé filer deux points précieux. Le danger est clair : un autre faux pas et tout se compliquera.
En face, le Cap-Vert a déjà fait mieux que résister à l’Espagne. Un nul, une solidité défensive intéressante, et la sensation qu’il peut encore gêner beaucoup de monde. Pour l’Uruguay, ce rendez-vous à Miami ressemble déjà à un test de maturité. Pour le Cap-Vert, c’est une opportunité unique de s’inviter dans une bataille qu’on ne lui promettait pas.
Le week-end ne livrera pas encore tous ses verdicts, mais il dessinera déjà le visage d’un Mondial où les hiérarchies vacillent, où les petites nations cessent de s’excuser d’être là. La question est simple : qui assumera le poids du moment, et qui le subira ?



