Mondial 2026 : La Croatie face à l'Angleterre, un match décisif
Zlatko Dalic n’a pas cherché à enjoliver la réalité. Pour la Croatie, le Mondial s’ouvrira par un choc frontal avec l’Angleterre, le 17 juin à Dallas, et le sélectionneur sait que cette première marche peut tout décider de leur été.
« Le premier match peut tout détruire », a-t-il lâché, lucidement, en repensant au naufrage d’entrée contre l’Espagne à l’Euro 2024 (3-0) qui avait plombé tout le tournoi.
Cette fois, le tirage ne lui a offert aucun sas de décompression. Pas de mise en route progressive, pas d’adversaire “abordable” pour se mettre en jambes. Directement l’Angleterre, l’une des armadas offensives du moment.
Une victoire, des doutes
La Croatie a bien battu la Slovénie 2-1 à Varazdin pour son dernier test avant de s’envoler vers les États‑Unis. Le score rassure, le contenu beaucoup moins. Dalic, lui, ne se cache pas derrière le résultat : il sait qu’il devra bricoler son onze au moment de défier les Anglais.
Mateo Kovacic et Josip Gvardiol, tous deux de Manchester City, reviennent de blessure. Luka Modric, lui, joue masqué pour protéger une pommette fracturée. Trois cadres, trois cas particuliers, et une même conclusion : ils manquent de rythme.
« Kovacic, Gvardiol et Modric n’ont pas beaucoup joué depuis longtemps et ne sont pas en forme optimale, a reconnu Dalic. Surtout Kovacic, il a à peine joué cette saison et maintenant nous avons besoin de lui. Gvardiol est de retour mais je sais qu’ils ne sont pas à leur meilleur niveau. Nous n’avons pas un effectif très large et ce sont certains de nos joueurs les plus importants. »
L’image est claire : une équipe qui arrive usée, sans grande profondeur de banc, et qui doit affronter l’une des sélections les plus athlétiques et les plus rapides du plateau.
Modric, toujours le phare
Au milieu de ces incertitudes, Modric reste le repère. Masque sur le visage, mais pied toujours aussi soyeux, le meneur a inscrit un but superbe contre la Slovénie. Un rappel brutal : même à court de forme, il reste le cerveau et le tempo de cette Croatie qui a terminé troisième en 2022, finaliste en 2018.
Le problème, c’est le temps. Dalic en manque. Il le dit, presque fataliste : il lui faudrait des semaines pour ramener tout ce monde à 100 %, il n’a que quelques jours. Et aucun match de rodage pour masquer les faiblesses.
« On ne peut plus rien choisir maintenant. Le premier match est le plus important. Contre l’Angleterre, on va se battre, faire de notre mieux et essayer de gagner. »
Le ton est sobre, sans excès de bravade. Le sélectionneur sait ce qui l’attend.
Souvenirs de 2018, réalité de 2026
L’Angleterre reste un souvenir brûlant pour les deux camps. Dalic était déjà sur le banc lorsque la Croatie avait renversé les Anglais en demi-finale du Mondial 2018. Depuis, la balance s’est rééquilibrée : les Anglais ont pris leur revanche à deux reprises.
Impossible, pourtant, de s’abriter derrière l’histoire. Dalic s’y refuse. Il ne parle ni de traumatismes anglais, ni de “complexe croate”. Il constate simplement que l’adversaire a changé de dimension.
Il décrit une sélection « très forte », portée par un championnat qu’il considère comme « le meilleur au monde », avec un jeu « très offensif, très rapide ». Un avertissement plus qu’un compliment. Pour exister à Dallas, la Croatie devra sortir de sa zone de confort, élever son niveau, combler par l’intelligence et la cohésion ce qu’elle n’a plus en fraîcheur.
L’Angleterre déjà en mode Mondial
Pendant que la Croatie termine ses réglages en Europe, l’Angleterre a déjà pris ses quartiers de l’autre côté de l’Atlantique. Les hommes de Thomas Tuchel – que Dalic a salués pour la qualité de leur préparation – se sont installés à Miami une semaine avant le match, histoire de s’acclimater à la chaleur et au décalage horaire.
Un détail ? Pas pour un sélectionneur qui voit son groupe arriver diminué, sans marge physique, et qui devra puiser dans chaque minute d’entraînement pour retisser des automatismes. L’Angleterre, elle, aura déjà pris la température américaine.
Dalic le sait : face à un tel adversaire, « il faudra faire quelque chose de plus ». Plus d’intensité, plus de discipline, plus de réalisme. Et, sans doute, plus que jamais, s’en remettre au génie de ses cadres.
Le premier match peut tout détruire. Il peut aussi tout lancer. La Croatie n’aura pas le droit à l’erreur.




