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Mohammed Kudus, l’atout parfait pour De Zerbi à Tottenham

Tottenham attend son retour comme on attend un but à la 90e minute. Blessé depuis le début du mois de janvier, Mohammed Kudus se rapproche enfin d’une reprise, et son timing ne pourrait pas être plus symbolique : le Ghanéen revient au moment précis où commence le projet Roberto De Zerbi.

Le club londonien espère l’avoir dans le groupe pour la prochaine rencontre face à Sunderland. Le staff médical avance prudemment, conscient du risque de rechute après une si longue absence. Mais l’optimisme grandit à mesure que l’ailier de 25 ans enchaîne les étapes de sa récupération. Tottenham, en manque de solutions offensives, voit la lumière se rallumer sur le côté droit.

Car ce retour ne se résume pas à un simple renfort. Il s’inscrit dans un changement de cap. L’arrivée de De Zerbi ouvre une nouvelle page, et Kudus est déjà désigné comme l’un des visages de cette transition. Dans les couloirs du club, un qualificatif revient : « parfait pour le système ».

Ce n’est pas un hasard. De Zerbi suivait déjà Kudus à l’époque où le Ghanéen évoluait à l’Ajax. Le technicien italien l’avait identifié comme un profil taillé pour son football : des attaquants capables de sortir de leur zone, d’aspirer les défenseurs, de libérer des espaces, puis de les attaquer avec férocité. Exactement ce que Kudus sait faire.

Son jeu colle à cette idée. Courses directes, changements de rythme, capacité à éliminer en un contre un et à attaquer la profondeur dès qu’une brèche s’ouvre. Dans un système où les déplacements des offensifs servent à désorganiser le bloc adverse, le Ghanéen devient une arme stratégique, pas seulement un dribbleur spectaculaire.

Avant sa blessure, il s’était déjà imposé comme l’un des joueurs les plus influents de l’attaque de Spurs, et ce, même sous le précédent entraîneur. À chaque apparition, il apportait une verticalité différente, une manière de casser les lignes balle au pied qui manquait cruellement au reste de l’effectif. Quand il prenait le ballon, le tempo changeait.

Son absence a laissé un trou béant. Tottenham a manqué de profondeur sur le flanc droit, obligé de bricoler, de déplacer des joueurs hors de leur poste naturel. L’équipe a perdu en variété, en menace, en imprévisibilité. Dans une lutte pour le maintien où chaque mètre gagné dans le camp adverse compte, ce déficit offensif s’est fait sentir.

Aujourd’hui, le contexte est brutal : Spurs se battent pour conserver leur place en Premier League. Chaque match pèse lourd, chaque détail peut faire basculer une saison. Dans ce décor tendu, le retour de Kudus ressemble à un tournant possible. Pas une garantie, mais un levier majeur pour un entraîneur qui veut remodeler son équipe en pleine tempête.

De Zerbi arrive avec une philosophie offensive exigeante, qui demande du courage avec le ballon et de l’intelligence sans. Kudus offre les deux : il sait se rendre disponible entre les lignes, provoquer, fixer, puis libérer un coéquipier ou frapper lui-même. Sa simple présence oblige les défenses à se réorganiser, à couvrir plus large, à reculer d’un pas.

Pour Tottenham, c’est une double opportunité : retrouver un de ses talents les plus décisifs et donner à son nouveau coach un joueur parfaitement aligné avec ses idées. Si le Ghanéen parvient à retrouver rapidement son niveau d’avant blessure, il peut devenir le symbole de cette tentative de redressement.

La suite se jouera sur la pelouse, loin des projections et des promesses. Mais une chose est claire : dans une équipe en quête de repères et de solutions, peu de retours suscitent autant d’attente que celui de Mohammed Kudus. Et si le salut de Spurs passait justement par ce couloir droit, là où tout a manqué ces derniers mois ?