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Mohamed Salah quitte Liverpool pour Trabzonspor : un nouveau chapitre

Neuf ans à Anfield, des titres, des buts à la pelle, une statue vivante pour une génération de supporters. Et puis, soudain, le virage. Mohamed Salah a décidé de quitter Liverpool et s’apprête à ouvrir un chapitre inattendu de sa carrière à Trabzonspor, sur la mer Noire, loin des projecteurs de la Premier League mais au cœur d’une ville qui vit football.

L’Égyptien est arrivé en Turquie, en attendant sa visite médicale et la signature d’un contrat qui doit entériner son transfert libre vers le troisième du dernier championnat de Super Lig. Un départ sans indemnité, mais pas sans symbole.

Une route déjà empruntée par Daniel Sturridge

Ce choix résonne comme un écho. Avant Salah, un autre ancien chouchou d’Anfield avait posé ses valises à Trabzonspor : Daniel Sturridge. L’attaquant anglais y avait signé en 2019 un contrat de trois ans. Il n’en fera que des miettes : 16 matches, 7 buts, quelques éclairs, puis une rupture de contrat d’un commun accord et un départ prématuré, comme une parenthèse jamais vraiment refermée.

Sturridge, formé à Manchester City, passé par Chelsea, Bolton, Liverpool et West Brom, restera surtout dans la mémoire des Reds pour son duo incandescent avec Luis Suarez. 67 buts en 160 rencontres sous le maillot de Liverpool, une association qui a fait trembler l’Angleterre avant que le corps ne le trahisse.

Après la Turquie, la descente a continué : A-League, Perth Glory, saison 2021/22 gâchée par les blessures. Première séance d’entraînement repoussée à novembre, nouvelle alerte à l’aine en février, et presque rien sur le terrain. Six apparitions, une seule titularisation, aucun but. Le directeur général du club, Tony Pignata, parlera plus tard d’un choix « décevant ». Le nouvel entraîneur, Ruben Zadkovich, tranchera en juin : séparation nette.

C’est ce chemin, entre promesses et risques, que Salah accepte désormais d’emprunter.

Entre Besiktas, Al-Ittihad et l’Italie, Salah choisit la mer Noire

Le contexte, pourtant, lui offrait d’autres portes de sortie. Besiktas s’est renseigné. Al-Ittihad, symbole de la vague saoudienne, était aussi sur les rangs. Des clubs italiens ont manifesté leur intérêt. Salah a choisi Trabzonspor.

Le club reste sur une troisième place en Super Lig et se prépare à jouer les tours de qualification pour la prochaine Europa League, avec l’ambition de se hisser dans la phase de groupes lors de la saison 2026/27. Une scène européenne, certes secondaire par rapport à la Ligue des champions qu’il a connue avec Liverpool, mais une scène tout de même. Un cadre suffisant pour un joueur de 34 ans qui refuse de s’éteindre en douceur.

Ce n’est pas seulement un transfert. C’est une déclaration : Salah veut encore peser, encore décider de matches, même loin de l’Angleterre.

Un numéro, une ville, une identité

À Liverpool, le No 11 était devenu une seconde peau. À la sélection égyptienne, le No 10 lui colle à la carrière. À Trabzonspor, ces portes-là sont fermées. Le No 11 appartient à Ozan Tufan, le No 10 à Ernest Muci.

Alors Salah a choisi autre chose. Trabzonspor a déjà dévoilé des images de sa nouvelle recrue avec le No 61. Un chiffre qui, pour un observateur extérieur, pourrait paraître anodin. À Trabzon, il ne l’est pas. 61, c’est le code de la plaque d’immatriculation de la ville, un marqueur identitaire, un clin d’œil aux tribunes, à la fierté locale.

Ce choix ne doit rien au hasard. Il raconte un joueur qui ne vient pas seulement chercher un dernier gros contrat, mais qui accepte d’embrasser une culture, un public, un symbole. Il arrive en star mondiale, il se glisse dans un numéro de « local ».

Un départ lourd de sens pour Liverpool

Salah aurait pu rester encore un an à Liverpool. Son contrat courait jusqu’en 2027. Le club et le joueur ont jugé que le moment était venu de se séparer. Sportivement, le timing interroge autant qu’il s’explique.

Sa dernière saison sous le maillot rouge restera la plus terne de son passage à Anfield. Liverpool a sauvé sur le fil une place en Ligue des champions, sans jamais vraiment ressembler à la machine qui a dominé l’Europe. Salah n’a pas échappé à ce déclin collectif. Moins tranchant, moins décisif, parfois frustré. Les chiffres restent honorables, le ressenti l’est moins.

Mettre fin à l’histoire maintenant, c’est éviter la saison de trop. C’est aussi prendre un risque : celui de voir une légende du club quitter la scène par une porte latérale, sans l’embrassade géante qu’il aurait méritée dans un Anfield en fusion.

Un dernier grand défi avant le crépuscule ?

Reste la question qui brûle les lèvres : que peut encore offrir Salah à ce niveau ? À 34 ans, il ne s’agit plus de bâtir une carrière, mais de prolonger un héritage. La Super Lig offre un environnement moins exigeant physiquement que la Premier League, mais pas moins passionné. Trabzon est une ville qui vit au rythme de son club, avec une pression populaire qui n’a rien d’exotique.

Salah arrive avec un statut, un palmarès, une réputation. Il arrive aussi avec l’ombre des dernières saisons de Sturridge, promesse inachevée sur les bords de la mer Noire.

La différence, c’est que l’Égyptien, lui, n’a pas encore dit son dernier mot. La Turquie lui offre une scène. À lui de décider si ce sera un épilogue discret ou un dernier acte tonitruant.