Mohamed Salah : avenir incertain après Liverpool
Mohamed Salah a joué mardi l’un de ces matches qui marquent une carrière. Pas pour les bonnes raisons. Avec l’Égypte, il menait 2-0 face à l’Argentine, championne du monde en titre, à douze minutes de la fin. À la 90e+ ? Enzo Fernandez crucifie les Pharaons. Défaite 3-2, élimination au goût de drame, et un sentiment de fin de cycle qui dépasse largement ce seul soir de Coupe du monde.
Car Salah n’est plus le joueur de Liverpool. Le contrat a expiré, le rideau est tombé sur neuf années d’histoire à Anfield, neuf saisons qui l’ont hissé au rang de troisième meilleur buteur de l’histoire du club. Libre. À 34 ans. Et soudain, tout s’ouvre.
Un Salah libre, un marché en ébullition
Depuis quelques semaines, les rumeurs s’entrechoquent. En mai, certains évoquaient un accord de principe avec Fenerbahce. Rien n’a abouti. Et les dernières informations de Fabrizio Romano redessinent le paysage.
Sur sa chaîne YouTube, le journaliste italien a rappelé une vérité connue dans les coulisses : l’Arabie saoudite ne lâche pas Salah. Les clubs de Saudi Pro League en ont fait une cible prioritaire depuis deux ou trois ans. Al-Ittihad avait déjà tenté un coup de poker monumental avec une offre de 150 millions de livres sterling lors d’un dernier jour de mercato il y a trois étés. Liverpool avait tenu bon. Cette fois, plus de négociation : l’ailier est libre.
Romano ajoute un autre acteur dans le jeu : la MLS. Des « appels » ont eu lieu, explique-t-il, pour prendre la température autour de la situation de Salah. Les franchises nord-américaines se renseignent, testent le terrain, mesurent l’ampleur du dossier. L’idée d’une arrivée de l’Égyptien aux États-Unis n’est plus un fantasme lointain, mais une option étudiée.
Arabie saoudite, MLS… ou dernier tour de piste en Europe ?
La question est simple, brutale : où se situe encore l’ambition sportive de Salah ? À Liverpool, il émargeait à environ 400 000 livres par semaine. Un salaire de superstar qui, même sans indemnité de transfert, limite d’emblée le nombre de clubs capables de l’aligner. L’Arabie saoudite peut. La MLS, via ses mécanismes de joueurs désignés et son appétit grandissant pour les icônes mondiales, peut aussi s’aligner sur un package XXL.
Reste l’Europe. Le joueur, à 34 ans, peut légitimement se sentir encore armé pour le très haut niveau. Son rendement à Liverpool ne s’est pas effondré, loin de là. Accepter un départ en Saudi Pro League ou en MLS maintenant, ce serait, pour beaucoup, donner le sentiment d’une semi-retraite dorée. Salah est-il prêt à endosser cette image, alors que son influence sur un match reste intacte et que sa condition physique demeure impressionnante ?
Pour l’instant, aucune décision n’est actée. Romano le rappelle : ce n’est qu’après la Coupe du monde que Salah et son agent, Ramy Abbas, se pencheront vraiment sur la suite. L’Égyptien va souffler, digérer une élimination cruelle, reprendre son souffle après un été émotionnellement lourd. Puis viendra l’heure de choisir.
Liverpool sans Salah, un vide plus grand qu’un simple numéro
À Liverpool, la page est déjà tournée sur le plan administratif, mais certainement pas dans les têtes. Le numéro 11, collé à la ligne de touche droite, qui repique sur son pied gauche pour enrouler dans le petit filet opposé : c’était plus qu’une habitude, c’était une signature visuelle de la Premier League moderne.
La saison qui arrive obligera Anfield à s’habituer à un couloir droit sans Salah, à un vestiaire sans sa référence offensive. Les buts, les passes, l’aura, la menace permanente dans le dernier tiers du terrain : tout cela a disparu en un simple « fin de contrat ». On ne remplace pas ce genre de joueur, on réinvente l’équipe autour d’une nouvelle réalité.
Pendant ce temps, le marché retient son souffle. Saudi Pro League ou MLS ? Un dernier défi européen, contre les courbes naturelles du temps ? Salah se retrouve face à un choix qui dira beaucoup de la façon dont il veut écrire le dernier grand chapitre de sa carrière.
Il a longtemps dicté le tempo sur le terrain. Cette fois, c’est sa décision qui fera courir le monde du football. Où verra-t-on le prochain but de Mohamed Salah ?



