Michel Salgado devient entraîneur de North EC au Brésil
Michel Salgado a choisi une route que peu d’anciens du Santiago Bernabéu osent emprunter. À 50 ans, l’ex-latéral droit du Real Madrid devient l’entraîneur de North EC, club de Montes Claros, dans l’État du Minas Gerais, et se prépare à plonger au cœur du football brésilien à partir de la saison 2027.
Ce n’est ni un retour confortable en Europe, ni un banc prestigieux dans une grande capitale. C’est un pari. Un vrai.
Un projet venu du Minas
Séduit par l’ambition à long terme du club et par la qualité des infrastructures, Salgado a accepté l’offre de North EC après une cour assidue de ses dirigeants. Il dirigera d’abord l’équipe en première division du Campeonato Mineiro, avant de l’emmener vers un rendez-vous historique : une première participation au niveau national, en Serie D.
L’ancien international espagnol ne s’en cache pas : la ténacité du club a pesé lourd. Il raconte comment le président s’est déplacé, a insisté, l’a invité à découvrir les installations de Montes Claros. Le projet n’est pas un simple coup de communication, mais une construction pensée sur la durée, et c’est précisément ce qui l’a accroché.
Une équipe jeune, une faim immense
En découvrant son nouveau vestiaire, Salgado a trouvé ce qu’il cherchait : de la fraîcheur et de l’appétit. Une équipe jeune, avide de prouver, prête à s’arracher pour exister dans un État où le football est presque une religion.
Il le dit clairement : il a longuement réfléchi avant de se lancer. Mais l’appel du Campeonato Mineiro, compétition historique dans un pays où le ballon rythme la vie quotidienne, a fini par l’emporter. North EC ne se voit pas plus grand qu’il ne l’est : le club a d’abord acté sa présence en première division du championnat régional, avec une ligne de conduite simple — humilité, travail, et l’envie de vivre cette expérience à fond.
De Madrid à Montes Claros, une trajectoire singulière
Le CV de Salgado parle pour lui. Une décennie pleine au Real Madrid, des trophées à la pelle au Santiago Bernabéu, une fin de carrière en Angleterre à Blackburn Rovers en 2012, puis un passage par la formation des jeunes en Arabie saoudite. Le costume d’entraîneur, il l’a façonné loin des projecteurs, en apprenant un autre métier.
Son arrivée au Brésil n’a pas laissé insensibles certains anciens de la Seleção. Des champions du monde 2002 l’ont immédiatement salué. Il échange régulièrement avec Roberto Carlos, autre légende madrilène, et vient de recevoir des messages de félicitations de Dida et Edmilson. Des clins d’œil forts, qui valident son choix et l’ancrent un peu plus dans la culture brésilienne.
Un style espagnol, une âme brésilienne
Sur le terrain, Salgado ne vient pas imposer un dogme. Il vient avec son héritage, celui du football espagnol, mais sait qu’il devra d’abord s’adapter. Le message est limpide : c’est à lui de se fondre dans le football brésilien, pas l’inverse.
North EC restera une équipe brésilienne, avec son identité, sa manière de ressentir et de voir le jeu. Salgado veut simplement y injecter des idées nouvelles, des nuances tactiques, sans dénaturer la matrice locale. Un équilibre délicat, mais passionnant à suivre.
Un ancien guerrier du Real Madrid, une ville de Montes Claros en quête de reconnaissance, un championnat d’État brûlant et une première aventure nationale en Serie D en ligne de mire : le décor est planté. Reste à voir jusqu’où ce pari audacieux peut emmener North EC… et la carrière d’entraîneur de Michel Salgado.




