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Mercato de Premier League : Bilan complet club par club

Après un été de tous les excès, de records explosés et d’un Deadline Day à suspense, le mercato de Premier League laisse une impression contrastée. Certains clubs sortent renforcés, d’autres cabossés. Tour d’horizon, club par club, de ce marché estival jugé par les reporters de Sky Sports.

Arsenal – Un effectif affûté mais un flanc gauche en suspens

Note du mercato : 8/10

Huit cadres ont fait leurs valises. Huit sur dix, donc, pour Arsenal. La symétrie plaît à Gary Cotterill, mais surtout la logique sportive et financière derrière cette vague de départs.

Gabriel Jesus, Gabriel Martinelli, Leandro Trossard, Christian Norgaard, Fabio Vieira, Jakob Kiwior, Reiss Nelson et le jeune Ethan Nwaneri (prêté) ne sont plus dans le groupe pro. Seul Nwaneri reste clairement dans le projet à long terme. Résultat : plus de 100 millions de livres encaissés et une masse salariale allégée, notamment le gros salaire de Jesus.

Le plan idéal aurait inclus un ailier gauche de très haut niveau pour remplacer les deux sortants. Les rêves portaient des noms : Vinicius Junior ou Julian Alvarez. Si l’un des deux avait atterri à l’Emirates, Cotterill aurait mis 9, voire 10. Mais ces dossiers sont restés au stade de la conversation. Arsenal a eu le mérite d’y être invité.

Les supporters, eux, digèrent mal l’idée de ne pas avoir remplacé numériquement leurs deux principaux attaquants côté gauche. Le club a cherché, insiste-t-on, mais après l’épisode Vinicius, aucune option jugée « juste » ne s’est imposée.

Il faudra donc bricoler sur ce flanc. Mikel Arteta et la direction sont convaincus que l’effectif le permet. Christos Tzolis, malgré un match poussif à Villa Park, a déjà conquis le public. Eberechi Eze peut aussi y briller, tandis que Noni Madueke et Bukayo Saka sont capables de dépanner à gauche, ce qui libérerait des minutes à droite pour Max Dowman.

Certains imaginent même Riccardo Calafiori monter d’un cran, dans la lignée des repositionnements réussis de Mikel Merino ou Myles Lewis-Skelly sous Arteta. Pas de nouvel ailier gauche, pas de nouveau buteur, mais une profondeur accrue partout ailleurs.

Un coup d’œil au banc à Villa Park suffit : si les blessures épargnent le groupe, Arsenal possède une vraie densité en défense et au milieu, avec la possibilité de faire tourner sans perdre en compétitivité. Surtout, le club a coché les deux noms prioritaires d’Arteta : Bruno Guimaraes et Ezri Konsa. Rien que pour ça, ce mercato reste une réussite.

Aston Villa – Refaire une équipe de champion d’Europe

Note du mercato : 7/10

Aston Villa vient de soulever la Ligue Europa… et a vu six titulaires de cette finale partir dans la foulée. Morgan Rogers, Youri Tielemans, Ollie Watkins, Emiliano Martinez, Lucas Digne et Ezri Konsa : une colonne vertébrale entière arrachée en quelques semaines. Un casse-tête pour Unai Emery.

Pour rester dans les clous financiers tout en restant compétitif, Villa a misé sur un mélange de jeunesse prometteuse et d’expérience solide. Ibrahim Mbaye et Johan Manzambi incarnent l’avenir, Leon Goretzka et Aaron Wan-Bissaka apportent le vécu. Nicolas Jackson, lui, connaît déjà la Premier League et a signé des débuts encourageants lundi soir.

Dans les buts, Zion Suzuki a offert une première prestation rassurante. Taylor Harwood-Bellis, lucide sur ses axes de progression, se dit persuadé qu’Emery peut le faire franchir un cap au très haut niveau.

Le facteur Emery compte, tout comme la façon dont le club a équilibré ses comptes au milieu d’un chantier imposé plus que souhaité. L’optimisme est là, mais teinté de prudence : il faudra voir ces recrues avec le maillot de Villa sur la durée pour juger vraiment de ce mercato.

Bournemouth – Stabilité, ambition et sérieux

Note du mercato : 9/10

Bournemouth a retenu la leçon de 2025, quand le club avait vendu plusieurs cadres. Cette fois, l’été a été construit autour d’un principe simple : garder ses meilleurs joueurs. Mission accomplie.

Rayan, Eli Junior Kroupi et Alex Scott sont toujours là. Le modèle du club accepte l’idée de vendre, mais pas à n’importe quel rythme. Et surtout, une promesse avait été faite à Marco Rose : ne pas lui démonter l’équipe sous les pieds. Promesse tenue, malgré de fortes sollicitations.

La qualification européenne a compliqué l’équation financière : ajouter de la qualité et de la profondeur tout en réduisant les coûts. Bournemouth a répondu par un mercato chirurgical. Michele Di Gregorio, ex-numéro 1 de la Juventus, arrive dans le but. Antonio Silva, longtemps courtisé par des géants européens, débarque en défense pour un prix jugé très intéressant. Juanlu Sanchez renforce le couloir, Alvaro Rodriguez apporte un profil différent devant.

Les départs concernent surtout des joueurs de rotation, et le club a agi tôt, sans se laisser piéger par l’urgence du Deadline Day. Pour la première fois depuis des années, Bournemouth n’a pas joué sa saison dans les dernières heures du marché. Rose et la direction peuvent parler d’un été très réussi. Reste à transformer ce travail de bureau en résultats sur le terrain.

Brentford – Un milieu patron, un effectif verrouillé

Note du mercato : 9/10

Brentford frôle le sans-faute. L’objectif numéro un était clair : recruter un milieu de terrain autour duquel bâtir l’avenir. Mamadou Sangare est arrivé pour 39 millions de livres, et ce montant ressemble déjà à une affaire. Candidat au titre de recrue de la saison ? La question se pose déjà.

Il est le principal changement dans le onze type, mais El Hadji Malick Diouf, arrivé tardivement, a tout pour s’installer à gauche de la défense. Devant, Jaidon Anthony a déjà deux titularisations, Callum Wilson assume parfaitement le rôle de doublure – voire de concurrent – d’Igor Thiago, et le défenseur central Jannik Schuster offre une couverture bienvenue, surtout avec la blessure de Sepp van den Berg.

Le club a surtout réussi à conserver ses hommes clés. Jordan Henderson manquera pour le leadership, mais Thiago, Kevin Schade et Yehor Yarmoliuk – qui attire les regards de clubs plus huppés – sont restés. Michael Kayode et Vitaly Janelt ont prolongé.

Seul mouvement marquant du Deadline Day : le prêt de Jayden Meghoma à Portsmouth, dans la droite ligne de la politique maison visant à garantir du temps de jeu aux jeunes. Si Brentford n’obtient pas la note maximale, c’est presque par principe : on considère simplement qu’il y a toujours une marge de progression.

Brighton – Un recrutement massif, une identité à préserver

Note du mercato : 7,5/10

Brighton a vécu un été inhabituellement agité. Neuf recrues pour l’équipe première, près de 170 millions de livres dépensés, et une profondeur renforcée, surtout en défense.

Luka Vuskovic, arrivé pour 50 millions, signe un coup retentissant pour le club. Dans les dernières heures du mercato, les Seagulls ont aussi arraché Chema Andres à Stuttgart, international espagnol U21, pour combler en partie le vide laissé par Carlos Baleba, parti à Manchester United. Le milieu défensif devra s’adapter à la Premier League, mais son potentiel saute aux yeux.

Devant, Brighton a perdu beaucoup d’expérience et de buts avec le départ de Danny Welbeck. Le prêt de Promise David doit compenser ce déficit, sans garantie. Bonne nouvelle, toutefois : Yankuba Minteh, ciblé par Liverpool, reste au club. Un signal fort.

Quand les blessés reviendront et que les automatismes se créeront avec les nouveaux, Fabian Hurzeler espère disposer d’un groupe capable d’assumer à la fois la Premier League et la Conference League. L’ampleur des changements impose du temps, mais la base de travail est réelle.

Chelsea – Révolution encadrée et virage stratégique

Note du mercato : 9/10

Chelsea a changé de braquet. Le club ne se contente plus d’empiler des jeunes talents : il a ciblé des joueurs immédiatement opérationnels pour encadrer cette jeunesse.

Les pistes menant à Jordan Henderson, Emiliano Martinez et Danny Welbeck symbolisent ce virage depuis la reprise du club. Geovany Quenda incarne la continuité de la stratégie « jeunes à fort potentiel », mais l’idée est désormais de les entourer de cadres prêts à performer tout de suite.

Joao Pedro a été prolongé avec un contrat amélioré pour refroidir ses courtisans. Le cœur de l’effectif est désormais pensé pour durer. Après une saison cauchemardesque, marquée par le départ d’Enzo Maresca et une campagne qui s’est effondrée malgré une finale de FA Cup, Stamford Bridge avait besoin d’un électrochoc.

Xabi Alonso et la nouvelle politique de recrutement ont rallumé l’étincelle. L’ambiance lors du spectaculaire 4-3 contre Brighton l’a montré : le stade revit. Sur le terrain, le chantier reste immense, mais la direction du projet semble enfin claire.

Un nuage, pourtant : le feuilleton Enzo Fernandez. Un ultimatum fixé au 15 août à 17h n’a pas dissipé les doutes, aucune garantie n’ayant été donnée sur son avenir, et l’incertitude a débordé sur le début de saison. Trois victoires en trois matchs, toutefois, laissent penser que le vestiaire a su faire abstraction.

Sportivement, Emiliano Martinez, Morgan Rogers et Maxence Lacroix renforcent immédiatement le onze. La perte de Marc Cucurella fait mal, mais Chelsea a bien vendu ses indésirables : Liam Delap, Nicolas Jackson, Alejandro Garnacho ont tous été cédés à des prix élevés.

Le club confirme son statut de maître dans l’art du trading de joueurs. Reste à savoir si cette expertise financière se traduira, enfin, par des résultats du même niveau sur le terrain.

Coventry – Ambition contrôlée pour le promu

Note du mercato : 8/10

Coventry n’est pas monté pour faire de la figuration. Le club a dépensé, mais avec un plan. Frank Lampard dispose désormais d’un effectif plus profond, mêlant expérience de Premier League et profils capables de grandir avec le club.

Carl Rushworth revient définitivement après son rôle clé dans la montée. Aurele Amenda apporte de l’athlétisme en charnière. Au milieu, Caleb Yirenkyi intrigue, Frank Onyeka amène son vécu du plus haut niveau anglais, Gustavo Hamer sa créativité et sa connaissance de la maison.

Devant, Taiwo Awoniyi offre un point d’ancrage éprouvé en Premier League, tandis que Loum Tchaouna et Sidiki Cherif amènent vitesse et promesse. Le doute porte sur la capacité de cette attaque remodelée à marquer suffisamment, surtout après deux défaites sans but pour démarrer la saison.

Mais l’effectif est clairement plus riche et plus armé que celui qui a décroché la promotion. Pour un promu, Coventry a été audacieux sans sombrer dans l’inconscience. Un mercato qui ressemble à une déclaration d’intentions.

Crystal Palace – Survivre aux pertes, encore

Note du mercato : 7/10

Crystal Palace a perdu gros : Maxence Lacroix et Daniel Munoz, deux de ses meilleurs éléments, ont quitté le navire. Mais le club a l’habitude de voir partir ses têtes d’affiche… et de rebondir.

Garder Adam Wharton, Jean-Philippe Mateta et Ismaila Sarr constitue une victoire. Mateta a déjà connu la déception d’un transfert avorté vers l’AC Milan en janvier dernier ; il pourrait bien devoir épauler Sarr, lui aussi resté malgré les assauts de Liverpool, dans les semaines à venir. Mateta entre en dernière année de contrat : son avenir sera à nouveau un feuilleton au prochain mercato.

Les performances de Sarr jusqu’en janvier diront si la fermeté de Palace sur ce dossier était justifiée. Sur le marché, le club a dû, comme souvent, faire preuve de malice plus que de folie. Axel Disasi, Dwight McNeil, Ben Chilwell et Takehiro Tomiyasu sont des valeurs sûres de Premier League.

La pépite potentielle se nomme Dario Osorio, 22 ans, très bien noté et qui s’inscrit dans la tradition de Palace d’aller chercher des talents à polir. Honest Ahanor renforce la défense avec un profil jeune et intéressant. Anan Khalaili, lui, est vu comme un possible successeur de Munoz à terme.

La profondeur de l’effectif est meilleure qu’en début d’été, ce qui compte énormément avec une nouvelle saison européenne à gérer. Palace est devenu expert dans l’art de perdre des stars sans s’effondrer. Le club ne peut pas garantir le succès avec ce mercato, mais la combinaison de coups tardifs et de signatures réfléchies laisse penser qu’il peut en être satisfait.

Everton – Un mercato à contre-sens

Note du mercato : 2/10

C’est typiquement Everton. Et c’est précisément le problème.

Comment un club déjà en manque de buts se retrouve-t-il à diviser par deux une attaque qui ne marquait déjà pas assez ? En laissant partir Beto à la Fiorentina avant de sécuriser Folarin Balogun. La tentative de rattrapage avec Joshua Zirkzee, quand le dossier Balogun a commencé à dérailler, renforce l’impression de panique et d’improvisation en fin de fenêtre.

Le club a aussi vendu sa plus grosse promesse, Iliman Ndiaye. On répétait tout l’été qu’avec trois ans de contrat restants, Everton était en position de force. Le transfert a finalement été conclu à 65 millions de livres. Plus de quatre fois le montant payé deux ans plus tôt, certes, mais en dessous du niveau qui aurait rendu la pilule acceptable pour les supporters.

Le deal avorté avec Tottenham résume ce chaos : Ndiaye devait partir à Spurs pour 60 millions, Richarlison faisant le chemin inverse pour 35 millions. Un montant élevé pour le Brésilien, malgré son statut auprès des fans d’Everton, et un premier accord du Deadline Day qui a capoté.

Kenny Tete n’est pas venu non plus, Fulham refusant de le lâcher sans remplaçant sûr. Une leçon, peut-être. Le tout dans un contexte d’incertitude sur la vente éventuelle de Harrison Armstrong à Nottingham Forest pour 40 millions, alors que David Moyes répétait son besoin de renforts.

Les supporters, eux, sont blessés, embarrassés, en colère, inquiets. Et ils ont le sentiment que tout cela était évitable. Les arrivées d’Ainsley Maitland-Niles, Jack Grealish, Hayden Hackney, Christian Norgaard, Merlin Rohl, Tyrique George et Brennan Johnson ne suffisent pas à masquer l’essentiel : une nouvelle fois, l’entraîneur ne dispose pas des armes dont il aurait besoin.

L’an dernier, c’était l’absence de latéral droit et d’attaquant confirmé. Cette saison, il doit tenir jusqu’en janvier avec Thierno Barry comme seul vrai numéro 9. Dans ces conditions, viser l’Europe semble irréaliste. Et si Everton échoue, ce ne sera pas un scandale, mais la conséquence logique d’un mercato mal maîtrisé.

Fulham – Projet ambitieux, défense sous tension

Note du mercato : 7/10

Alvaro Arbeloa veut transformer Fulham. Pressing haut, rythme élevé, lignes avancées : le changement de style est radical, et la période d’adaptation inévitable. Sur le papier, toutefois, plusieurs chantiers prioritaires ont été traités.

Le besoin numéro un : un buteur. Gonzalo García, arrivé du Real Madrid, semble taillé pour le rôle. Deux buts sur ses trois premiers matchs, de quoi nourrir l’espoir. Au milieu, Fulham a pioché dans la cantera madrilène avec Cesar Palacios et Manuel Angel, ajouté Shea Charles (Southampton) et Hugo Larsson (Eintracht Frankfurt).

Arbeloa gagne en profondeur et en variété dans l’entrejeu, avec un mélange d’énergie, de technique et de polyvalence. Le point noir reste l’arrière-garde. On a déjà vu Fulham souffrir défensivement, conséquence logique d’un bloc très haut, de latéraux projetés, et de défenseurs centraux exposés.

Dans ce contexte, l’arrivée sur le fil de David Affengruber intrigue. Le profil de l’international autrichien semble parfaitement adapté aux exigences d’Arbeloa, notamment sa capacité à défendre de grands espaces.

Les départs de Harry Wilson et Samuel Chukwueze n’ont pas été compensés par un ailier de métier, ce qui inquiète une partie des fans. Palacios, titularisé sur le côté gauche contre Chelsea et Sunderland, n’est pas un spécialiste du poste.

Malgré ces interrogations, le mercato de Fulham respire l’ambition. Le club a recruté pour le projet de jeu, pas seulement pour boucher des trous. Si Arbeloa parvient à trouver l’équilibre entre agressivité et solidité, Fulham a de quoi éviter la lutte pour le maintien.

Hull – Dix-huit recrues et une idée claire

Note du mercato : 8/10

Hull voulait de la vitesse, de l’athlétisme, de la qualité. Le club a obtenu les trois. Dix-huit nouveaux joueurs, dont six le dernier jour, pour un effectif profondément remanié.

Le propriétaire Acun Ilicali a joué un rôle central, vendant aux recrues potentielles la vision ambitieuse du club. La patience a payé : Hull estime avoir décroché ses cibles principales à des conditions avantageuses.

La stratégie est nette : renforcer la profondeur avec des profils jeunes, à développer. Risqué, forcément, mais avec un potentiel de retour énorme si le pari réussit. Le onze type est amélioré, tout en conservant le noyau qui a porté la montée, afin de préserver l’esprit de groupe. Une donnée capitale pour espérer se maintenir dans une Premier League impitoyable.

Ipswich – Deux cents millions pour ne plus revivre 2024

Note du mercato : 9/10

Ipswich a appris de sa chute. En 2024, le club avait dépensé environ 110 millions pour tenter de rester en Premier League. Échec. Deux ans plus tard, la facture dépasse les 200 millions, avec en point d’orgue l’arrivée de Zian Flemming de Burnley dans les dernières heures du mercato.

Cette fois, l’argent semble mieux investi. Quatorze arrivées, dix-huit départs, et une idée forte : ajouter de l’expérience, du physique, du vécu Premier League, tout en intégrant des joueurs susceptibles de devenir de gros actifs.

Julio Enciso signe comme recrue record. Abdul Fatawu, Emersonn et Exequiel Palacios apportent du tranchant offensif. Sasa Lukic, Issa Diop et Florentino Luis connaissent déjà le championnat. Daizen Maeda amène sa vitesse et un vrai pedigree.

Ce qui frappe, c’est la profondeur globale : Ipswich ne s’est pas contenté de remplacer, le club a renforcé presque chaque ligne. À Gary O’Neil désormais de souder ce groupe et de prolonger un début de saison prometteur.

Leeds – Un effectif mieux armé, un pari nommé Bahoya

Note du mercato : 8/10

Leeds a vécu un Deadline Day bien plus heureux que l’an passé, quand Harry Wilson lui avait échappé dans les dernières minutes. Mais l’essentiel du travail avait été réalisé en amont.

Avec Harry Wilson, Tarik Muharemovic et James Trafford, Daniel Farke a amélioré trois postes clés. Trois joueurs qui élèvent immédiatement le niveau du onze. Reste que Leeds devait aussi régler son problème de profondeur. Nico Elvedi, Michael Zetterer et Melvin Bard apportent des solutions supplémentaires.

La pièce la plus intrigante, c’est Jean-Matteo Bahoya. L’ailier possède une vitesse et un potentiel de déstabilisation qui en font un possible « game-changer ». Si, dans un an, Bahoya a explosé, le jugement sur ce mercato grimpera encore.

Quoi qu’il arrive, la direction a livré à Farke un groupe capable de remplir l’objectif : s’installer durablement en Premier League.

Liverpool – Des promesses, quelques manques

Note du mercato : 7/10

Liverpool a coché plusieurs cases importantes. La vitesse sur les côtés, d’abord, avec Bradley Barcola et Victor Munoz. Cody Gakpo est resté – son départ n’a jamais été envisagé après les refus essuyés pour Yankuba Minteh et Ismaila Sarr – ce qui laisse à Andoni Iraola quatre options de qualité sur les ailes, en ajoutant le jeune Rio Ngumoha.

Gakpo peut aussi servir de doublure à Alexander Isak, Hugo Ekitike étant toujours blessé. Derrière, Ronald Araujo arrive pour couvrir à la fois l’axe et le côté droit, un renfort crucial avec les blessures de Joe Gomez, Conor Bradley et Giovanni Leoni. Son style complète celui de Jeremy Jacquet, déjà sous contrat depuis l’hiver et désormais intégré, qui a vite séduit Anfield.

Mais un vide persiste : le poste laissé par Mohamed Salah n’a pas été comblé par un ailier droit naturel, même si Barcola, Gakpo, Ngumoha et Munoz peuvent y évoluer. Beaucoup estiment qu’un latéral supplémentaire de haut niveau et un vrai milieu défensif auraient changé le visage de ce groupe.

Barcola a le profil d’une future star, Munoz semble taillé pour réussir, et le duo Jacquet–Araujo parle déjà au public. Difficile, donc, de parler d’échec. L’âge moyen des recrues sur les deux derniers étés tourne autour de 22 ans, signe d’un projet tourné vers l’avenir. Dans le même esprit, Lucca Brughmans et Djylian N’Guessan, 18 ans, rejoindront pleinement le groupe la saison prochaine.

Reste une impression : l’effectif n’est pas aussi complet qu’il pourrait l’être. Liverpool a avancé, mais aurait pu frapper plus fort.

Manchester City – Perdre Rodri, gagner un milieu à 300 millions

Note du mercato : 8/10

Noter Manchester City aussi haut alors que Rodri, meilleur joueur du dernier Mondial, est parti au Barça, peut sembler paradoxal. Mais le club a réagi avec fracas dans les dernières heures du marché.

Enzo Fernandez a fait la une d’un Deadline Day où City a battu son record de transfert pour la deuxième fois de l’été. Il rejoindra un milieu totalement reconfiguré aux côtés d’Elliot Anderson et Ayyoub Bouaddi, pour un trio évalué à près de 300 millions de livres. De quoi faire saliver toute l’Europe.

En coulisses, on assure que l’effectif est aujourd’hui plus fort qu’il y a un an. L’argent récupéré sur Savio, Omar Marmoush, Nico Gonzalez, Tijjani Reijnders, Nathan Ake et James Trafford a permis d’ajouter Iliman Ndiaye et Allan aux options offensives.

Enzo Maresca dispose désormais des pièces qu’il réclamait pour sa révolution tactique. Reste à voir si ce puzzle suffira pour défendre le titre.

Manchester United – Un milieu refait, des manques ailleurs

Note du mercato : 7/10

Le chantier prioritaire de Manchester United était clair : reconstruire le milieu. Trois recrues et environ 155 millions de livres plus tard, la mission est remplie.

Andrey Santos, Youri Tielemans et Carlos Baleba viennent s’articuler autour de Kobbie Mainoo. Michael Carrick dispose désormais de combinaisons variées pour toutes les compétitions à disputer. Le manque, lui, se situe au poste de latéral gauche. Le club n’a pas recruté, mais rappelle que certains peuvent dépanner : Noussair Mazraoui a déjà joué à ce poste avec le Maroc, Diogo Dalot peut aussi s’y installer.

Les départs n’ont pas été aussi nombreux qu’espéré. Le maintien de Joshua Zirkzee, Manuel Ugarte et Marcus Rashford a réduit la marge de manœuvre pour renforcer d’autres zones. Paradoxalement, si Rashford confirme ses débuts prometteurs, il pourrait faire figure de « nouvelle recrue » pour Carrick.

Newcastle – D’un fiasco annoncé à un mercato ambitieux

Note du mercato : 8/10

Newcastle a bouclé sa mue estivale avec Matias Fernandez-Pardo, huitième recrue, arraché dans les dernières heures. Parmi ces huit, Lukas Hornicek, Amar Dedic, Nico Gonzalez et Fernandez-Pardo ont le niveau pour entrer immédiatement dans le onze.

Derrière eux, Sean Steur, Aladji Bamba, Bazoumana Toure et Ewan Jaouen représentent l’avenir : jeunes, bruts, à polir. Les Magpies ont dépensé 262 millions de livres, tout en encaissant 245 millions pour Sandro Tonali, Bruno Guimaraes et Anthony Gordon.

L’effectif est plus dense, plus jeune. Les deux signatures les plus marquantes restent Gonzalez et Fernandez-Pardo, recrutés pour 101 millions à eux deux. Des coups ambitieux, presque audacieux, pour un club qui, à un moment de l’été, semblait parti pour vivre un mercato catastrophique après plusieurs échecs précoces.

Les belles prestations d’Anthony Elanga et Yoane Wissa, arrivés l’été dernier pour 110 millions cumulés, donnent même l’impression de disposer de deux renforts supplémentaires. Newcastle a renversé la vapeur. À Eddie Howe de transformer ce potentiel en résultats.

Nottingham Forest – Première copie solide pour Glasner

Note du mercato : 7,5/10

Oliver Glasner voulait un numéro 9 physique avec une grosse marge de progression. Il a eu Liam Delap. Il réclamait un piston titulaire : Daniel Munoz, qu’il connaît bien, est revenu sous ses ordres. Ousmane Diomande figurait sur sa liste, tout comme Xaver Schlager, qu’il a déjà dirigé à Wolfsburg.

Le seul vrai bémol reste le non-remplacement d’Elliot Anderson par un milieu jeune, dynamique, porté vers l’avant. Forest a toutefois obtenu une belle indemnité de Manchester City. Pour un premier mercato sous Glasner, la base est solide.

Sunderland – Fofana au bout du chaos

Note du mercato : 7/10

Sunderland a attendu les dernières heures du Deadline Day pour décrocher l’ailier qu’il cherchait depuis le début de l’été. Malick Fofana n’était pas le premier choix, mais au fil des refus, son nom est remonté en haut de la liste.

Le dossier a tourné à la bataille rangée avec Crystal Palace, jusque dans les couloirs de l’aéroport de Lyon. Il a fallu l’intervention directe du propriétaire Kyril Louis-Dreyfus, prêt à mettre davantage sur la table, pour finaliser l’accord.

Avec un tel feuilleton, Fofana doit s’imposer dans le onze. Même chose pour Dayann Methalie, autre recrue majeure. Le vrai succès de Sunderland reste cependant la conservation de ses pièces maîtresses : Granit Xhaka, Brian Brobbey et Noah Sadiki sont toujours là. Une stabilité précieuse.

Tottenham – Grosse dépense, gros risques

Note du mercato : 7/10

Sur l’engagement financier, Tottenham mérite 10/10. Le club avait promis de dépenser, il l’a fait. Mais sur la valeur individuelle des recrues, le doute subsiste. D’où un 7 pour l’instant.

Le mercato a été déroutant. Spurs a frappé fort d’entrée en doublant Manchester United pour Mateus Fernandes et en attirant Sandro Tonali, qu’on pensait hors de portée. Roberto De Zerbi a eu la main pour remodeler l’effectif. Payer environ 50 millions pour Jan Paul van Hecke, à un an de la fin de son contrat, illustre ce changement de mentalité : Tottenham ne négocie plus comme avant.

La défense et le milieu ont été retouchés, mais le problème majeur de la saison passée restait l’attaque. Le long feuilleton Savio a enfin trouvé une conclusion heureuse, et Omar Marmoush est venu le rejoindre pour le plus grand plaisir des fans.

De Zerbi réclamait encore une « grosse signature ». Le nom qui revenait : Cody Gakpo. Mais l’entrée de Manchester City dans la danse a changé la donne, et le Néerlandais n’a jamais semblé destiné à une autre ville que Manchester en cas de départ.

Après une défaite frustrante contre Newcastle, les supporters se sont réveillés avec une « bomba » : un accord avec Everton pour Iliman Ndiaye, avec Richarlison faisant le chemin inverse. Un joueur capable de faire vibrer le stade. Mais Ndiaye a finalement choisi City, et Richarlison a publiquement critiqué Tottenham.

Le club s’est alors tourné vers Chelsea pour Mykhailo Mudryk et Tosin Adarabioyo. La venue de Mudryk symbolise le soutien total accordé à De Zerbi par le board et la cellule de recrutement. Voir Spurs et Chelsea faire affaire reste un événement. Les temps changent, les finances aussi, les dirigeants encore plus.

Mudryk représente un pari colossal : il n’a plus joué de match officiel depuis près de deux ans. Mais si De Zerbi parvient à réveiller le joueur que Chelsea n’a jamais vraiment vu, cette prise de risque pourrait devenir un coup de maître. La détermination de Chelsea à imposer un prêt avec option d’achat élevée montre d’ailleurs que le club londonien n’a pas complètement renoncé à lui.

La fenêtre est refermée. Les comptes sont faits, les effectifs figés, au moins jusqu’en janvier. Les notes sont posées sur le papier, mais c’est sur la pelouse que ce mercato sera jugé. Qui aura vraiment bâti pour gagner, et qui découvrira qu’il a seulement acheté du temps ?