Mbappé rate le penalty, le Real Madrid s'incline à Séville
Le Real Madrid a buté sur un mur vert et blanc. À Séville, face au Real Betis, l’équipe de José Mourinho a concédé sa première défaite de la saison (1-0), et elle porte le sceau d’un dernier frisson manqué par Kylian Mbappé dans le temps additionnel.
Quatre minutes au-delà du temps réglementaire. Vinícius Júnior est fauché dans la surface, l’arbitre désigne le point de penalty. Mbappé s’avance, le scénario semble écrit : un point arraché, une série d’invincibilité préservée, un nouvel épisode dans la construction de son histoire madrilène. Mais Álvaro Valles, déjà immense toute la soirée, lit la frappe, se détend et repousse le tir trop tendre de l’attaquant français. Silence glacé côté madrilène, explosion andalouse.
Un coup d’arrêt brutal pour le Real version Mourinho, revenu cet été après treize ans d’absence et lancé par trois victoires consécutives en Liga. Pour la première fois depuis la saison 2015-2016, le club madrilène perd l’un de ses quatre premiers matches de championnat. Et ce revers-là laissera des traces.
Valles infranchissable, Parrott décisif
Le Real Madrid n’a pas manqué d’occasions. Il a manqué de réalisme. Et il est tombé sur un gardien en état de grâce.
Vinícius trouve d’abord le poteau sur une action typique, crochet, frappe, ballon dévié par le bois. Mbappé, lui, se procure deux énormes opportunités avant la pause : une première tentative contrée par Natan, une seconde annihilée par un tacle décisif de Marc Bartra, qui justifie d’entrée la confiance accordée par son entraîneur. Juste avant l’intervalle, Jude Bellingham croit ouvrir le score, mais Valles s’interpose encore.
Au retour des vestiaires, le ton ne baisse pas. Mbappé frôle le cadre sur une reprise croisée, les duels se durcissent, les espaces s’ouvrent. Madrid pousse, Betis répond. Le match se tend, mais ne se débloque pas.
Il bascule finalement à moins de dix minutes du terme. Nelson Deossa place une tête puissante, Thibaut Courtois repousse, mais ne parvient pas à capter. Le ballon retombe idéalement dans les pieds de Troy Parrott, arrivé cet été en provenance de AZ Alkmaar. L’Irlandais ne tremble pas et conclut à bout portant pour son premier but avec Betis. Le stade chavire, Mourinho serre les mâchoires sur le bord du terrain.
But refusé, barre transversale et polémique finale
La réaction madrilène est immédiate. Mbappé envoie une frappe lourde qui s’écrase sur la barre transversale à cinq minutes de la fin. Les signes s’accumulent : la soirée semble maudite.
Entré en jeu en fin de match, Carlos Espí pense arracher l’égalisation sur un geste acrobatique superbe, un ballon piqué au-dessus de Valles. Le Real exulte, le banc se lève… jusqu’à l’intervention du VAR. Position de hors-jeu, but annulé. Le chronomètre tourne, la frustration monte.
Courtois doit encore s’employer sur une nouvelle tentative de Deossa, alors que Madrid se découvre complètement. Puis arrive cette action entre Vinícius et Natan, ce contact dans la surface qui offre au Real une dernière balle de break mental. Penalty. Mbappé. Et Valles, encore lui, qui plonge du bon côté et repousse une série de sept penalties consécutifs réussis par le Français avec le Real toutes compétitions confondues.
Les Madrilènes réclament une nouvelle tentative, estimant que Marc Bartra a pénétré trop tôt dans la surface. Les officiels restent inflexibles. Betis garde son avantage, et avec lui trois points de prestige.
Un coup d’avance pour Barcelone
Cette défaite ouvre déjà une brèche dans le haut du classement. Barcelone peut prendre trois longueurs d’avance sur son grand rival en cas de victoire à Valence dimanche. Le décor est planté très tôt dans la saison.
Pour Mourinho, ce premier accroc ne ressemble pas à une déroute, mais à un avertissement. Son équipe s’est créée suffisamment d’occasions pour plier le match. Elle repart pourtant les mains vides, battue par un gardien en état de grâce et par ses propres imprécisions dans le dernier geste.
Mbappé, lui, devra digérer ce premier grand rendez-vous manqué sous le maillot madrilène. La saison, elle, ne fait que commencer. Mais dans une Liga où chaque point compte, combien de fois le Real pourra-t-il encore se permettre de laisser filer une soirée comme celle de Séville ?



