Mary Earps : retour triomphal à London City
Mary Earps est de retour là où son nom pèse le plus lourd : en WSL. À 33 ans, l’ancienne gardienne de l’Angleterre s’est engagée pour deux saisons avec London City Lionesses, à compter du 1er juillet, lorsque son contrat avec le Paris Saint-Germain arrivera à son terme.
Deux ans après son départ de Manchester United, la meilleure gardienne de sa génération sur les pelouses anglaises retrouve un championnat qu’elle a marqué. Cinq saisons à United, 102 apparitions, 45 clean sheets. Des chiffres qui racontent une gardienne de très haut niveau, mais pas toute l’histoire. Earps a été le socle, la voix, le caractère d’une équipe en pleine construction.
Un retour assumé, un choix fort
Earps ne revient pas en WSL pour une tournée d’adieux. Elle l’a dit clairement : elle a « encore tellement à donner au jeu ». C’est précisément pour cela qu’elle a choisi London City, promu pour la première fois dans l’élite la saison dernière et déjà installé dans le ventre solide du classement avec une sixième place.
Son discours colle parfaitement au projet. Elle parle de valeurs communes, d’un club qui veut « changer le jeu de manière positive », d’échanges qui l’ont immédiatement accrochée. À chaque conversation, elle voulait en savoir plus. On sent une décision réfléchie, presque militante : s’inscrire dans un projet ambitieux, plutôt que chercher le confort d’un géant déjà installé.
Le projet Kang prend forme
En coulisses, la signature d’Earps s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large. London City, porté par la puissance financière et l’appétit de son propriétaire Michele Kang, avance sans complexe. Le club ne se contente pas d’exister en WSL, il veut bousculer l’ordre établi.
Les Lionesses multiplient les coups d’éclat sur le marché. Le nom d’Alexia Putellas, Ballon d’Or et ancienne capitaine du Barcelona, circule avec insistance. L’idée de la voir rejoindre Earps dans le même vestiaire donne la mesure des ambitions. On ne parle plus d’un simple maintien, ni même d’une progression tranquille. On parle de frapper à la porte du top 4, et fort.
Une défense à reconstruire, une gardienne pour tout changer
Sur le terrain, l’arrivée d’Earps répond à une urgence chiffrée. L’équipe d’Eder Maestre a encaissé 35 buts la saison passée, au-dessus de la moyenne du championnat (32). Pour un club qui vise les sommets, c’est trop. Il fallait une gardienne capable non seulement d’arrêter des tirs, mais aussi de transformer une ligne défensive entière par sa présence.
Earps arrive pour ça. Pour poser un standard. Pour faire baisser ce compteur de buts encaissés. Pour donner à London City la solidité indispensable à toute équipe qui prétend casser le plafond de verre du top 4.
Elle ne vient pas seule dans les cages. Earps a déjà évoqué son envie de travailler avec Elene Lete, auteure d’arrêts décisifs la saison passée. L’idée n’est pas de balayer ce qui a été fait, mais de créer un véritable « unit » de gardiennes, capable de se tirer vers le haut, de se challenger au quotidien. Une concurrence saine, une exigence permanente.
De l’Euro à London City, la trajectoire d’une leader
Earps reste, pour beaucoup, le visage de l’Angleterre championne d’Europe 2022. Ses arrêts, son aura, sa capacité à tenir sous pression ont porté les Lionesses jusqu’au titre continental, puis jusqu’à la finale de la Coupe du monde un an plus tard. Elle a ensuite surpris tout le monde en mettant fin à sa carrière internationale l’été dernier, à cinq semaines de l’Euro, après avoir perdu sa place de titulaire au profit de Hannah Hampton.
Ce retrait n’a pas éteint son influence. Il l’a recentrée. Son énergie, elle la place désormais entièrement dans sa carrière en club. London City en profite au moment parfait : une gardienne expérimentée, affûtée, vexée de ne plus être au centre du projet national, et déterminée à prouver qu’elle reste au sommet.
Un club jeune, une ambition mature
London City n’a qu’une saison de WSL dans les jambes, mais agit comme un club installé depuis dix ans au sommet. Recrutements clinquants, nouvelles infrastructures en préparation, centre d’entraînement annoncé comme un outil de pointe… Le message est clair : le club ne veut pas patienter gentiment.
Earps le résume bien : il s’agit de « poser un marqueur » et d’être compétitif « dans un laps de temps très court ». Le ton est donné. La sixième place de la saison 2025/26 n’est plus une fin en soi, mais un point de départ. L’objectif désormais : grimper, vite, le plus haut possible.
Un lien à construire avec le public
La gardienne sait aussi que ce genre de projet se nourrit de l’énergie des tribunes. Elle parle déjà de « faire des souvenirs » avec les supporters, de jouer devant eux, de s’immerger dans la culture du club, de comprendre le style de jeu et le vestiaire pour tout donner au collectif.
Ce n’est pas un simple transfert prestigieux, c’est une figure de proue qui arrive. Une personnalité forte, qui va attirer l’attention médiatique, les caméras, les attentes. London City, jeune club de l’élite, se retrouve soudain avec une superstar dans les cages. Et peut-être bientôt une Ballon d’Or dans l’entrejeu.
Reste une question, la seule qui compte vraiment : ce casting de luxe saura-t-il se transformer en équipe capable de briser le monopole du top 4, ou London City rejoindra-t-il la longue liste des projets flamboyants qui se sont consumés avant d’atteindre l’orbite qu’ils visaient ?



