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Marc Cucurella : adieux d'un homme devenu cadre à Londres

On le sentait venir depuis quelque temps. Cette fois, Marc Cucurella a lui-même tourné la page. Dans une vidéo publiée sur ses réseaux personnels, le latéral espagnol a pris le temps de regarder dans le rétroviseur, de revivre ses années à l’ouest de Londres, avant de dire au revoir à ceux qui l’ont vu grandir et s’imposer parmi les meilleurs à son poste.

Arrivé jeune, parti en homme. L’histoire tient en une phrase, mais derrière, il y a quatre saisons pleines, un départ compliqué, des sifflets, des doutes… puis des trophées majeurs, la 2024-25 UEFA Conference League et la 2025 FIFA Club World Cup, comme point d’orgue d’un parcours renversé par le travail.

Dans son message, le défenseur rappelle ce contraste. Il évoque ce « début difficile », ces premiers mois où rien ne semblait vraiment coller. Le contexte, la pression, l’exigence permanente du très haut niveau en Premier League : autant de barrières qu’il a fini par faire sauter à la force du poignet. Le ton est posé, presque intime, loin des déclarations formatées. On entend surtout un joueur qui sait ce qu’il a traversé.

Les ambitions étaient claires dès son arrivée : gagner des titres, goûter régulièrement à la Champions League, se frotter aux meilleurs chaque semaine. Le chemin n’a pas été linéaire, mais la trajectoire, elle, est nette. Saison après saison, Cucurella s’est affirmé, jusqu’à devenir l’un des latéraux gauches les plus reconnus d’Europe, solide des deux côtés du terrain, symbole de la montée en puissance du club dans les compétitions continentales.

Au fil de la vidéo, un fil rouge revient sans cesse : la gratitude. Gratitude envers le club et ses exigences, qu’il décrit comme un moteur. Gratitude envers Londres, devenue bien plus qu’un simple lieu de travail. Il le dit sans détour : la capitale anglaise restera « toujours » sa maison. Une phrase forte, qui en dit long sur l’attachement créé loin de son Espagne natale.

Les supporters occupent une place centrale dans son au revoir. Il parle de son chant repris dans les tribunes, des « nuits magiques » à Stamford Bridge, de ces soirées où tout bascule, où un stade entier pousse derrière son équipe jusqu’à l’explosion finale. Les titres remportés avec ce blason sur la poitrine, les scènes de liesse, les images qui restent quand les projecteurs s’éteignent : tout cela, insiste-t-il, l’accompagnera pour toujours.

Cucurella n’oublie personne. Ni les entraîneurs, ni les membres du staff, ni les coéquipiers avec lesquels il a partagé vestiaire, voyages, victoires et coups durs. Il insiste sur les conseils reçus, sur ce quotidien souvent invisible, fait de séances, de discussions, de corrections tactiques, qui forge un joueur autant que les grandes affiches. C’est là qu’il situe une partie de sa transformation : de « jeune garçon » à « homme » accompli.

Son départ marque la fin d’un chapitre important de sa carrière en Premier League. Un chapitre où il aura connu presque tout : la remise en question, la concurrence, la pression d’un grand club, puis la consécration européenne et mondiale. Il ne s’attarde pas sur la suite, ne donne aucun indice sur son prochain maillot. Ce silence en dit presque plus que des promesses : l’instant appartient encore à ce qu’il laisse derrière lui.

Reste une certitude, dans ce football où les cycles se raccourcissent : quand Marc Cucurella reviendra un jour à Stamford Bridge, ce ne sera plus seulement comme un ancien joueur. Ce sera comme un champion qui a tenu parole, qui a réalisé une grande partie de ses rêves sous ce maillot, et qui a quitté la scène en regardant droit dans les yeux ceux qui l’ont porté.