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Manchester United face à Como avec une défense décimée

Le vent d’octobre était frais à Carrington, mais ce n’est pas la température qui a glacé Michael Carrick. C’est la liste des absents. À la veille d’un déplacement déjà piégeux sur la pelouse de Como en Ligue des Champions, Manchester United a travaillé sans plusieurs de ses cadres, laissant planer une vraie incertitude sur la composition de l’équipe qui s’envolera pour l’Italie.

Rashford, Mainoo, Shaw, Martinez, Heaven : une série de trous dans le onze

Sur le terrain d’entraînement, les regards ont rapidement fait le compte. Pas de Marcus Rashford. Pas de Lisandro Martinez. Pas de Kobbie Mainoo. Pas d’Ayden Heaven. Pas de Luke Shaw. Cinq joueurs majeurs, cinq dossiers médicaux ouverts à la veille d’un rendez-vous européen important.

Kobbie Mainoo, déjà forfait contre Atletico Madrid et Leeds en raison d’une petite blessure, n’a pas réintégré le groupe. Aucun signe de lui durant cette dernière séance. Pour un milieu que Carrick commence à considérer comme un point d’ancrage, c’est un manque lourd, surtout face à une équipe italienne disciplinée et agressive entre les lignes.

Luke Shaw, lui, vit une saison en saccades. Le latéral avait tenu 90 minutes lors du nul 1-1 contre Tottenham il y a deux semaines, avant de ressentir un problème qui l’a de nouveau mis à l’arrêt. À 31 ans, il connaît déjà son deuxième passage à l’infirmerie cette saison, après avoir manqué trois rencontres face à Sabah, Manchester City et Brighton avant de revenir contre Fulham le 20 septembre. Sa rechute complique sérieusement les plans sur le flanc gauche.

Lisandro Martinez n’a pas terminé la rencontre contre Leeds le week-end dernier, remplacé à la mi-temps après un coup reçu. Son absence de la séance confirme que le défenseur argentin reste incertain, au moment où chaque mètre carré de la surface pourrait compter en Italie. Ayden Heaven, déjà malade et forfait pour le déplacement à Elland Road, n’était pas non plus sur la pelouse.

Et puis il y a Marcus Rashford. Touché à la hanche, l’attaquant gère ce problème depuis plusieurs jours. Le club a tenté de ménager l’international anglais, mais il n’a pas pris part à l’entraînement de ce mardi. Pour une équipe qui cherche encore son tranchant offensif, se passer potentiellement de sa principale menace en transition n’est pas un détail.

Les sources internes du club le confirment : une décision sera prise au cas par cas sur ces joueurs avant le départ pour l’Italie. Certains pourraient intégrer le groupe après un ultime test médical. Pour l’instant, la tendance ne joue pas en leur faveur. Et la défense de Carrick pourrait se retrouver sérieusement dépeuplée.

Yoro suspendu, Sesko et Dorgu toujours à l’arrêt

Comme si cela ne suffisait pas, un autre nom manquait sur la feuille d’entraînement : Leny Yoro. Cette fois, rien à voir avec l’infirmerie. Le défenseur français est suspendu après son carton rouge reçu contre Atletico Madrid en Ligue des Champions. Il s’entraîne à part, à pleine intensité, pendant que le groupe principal se contente d’une séance plus légère avant le vol vers l’Italie. Disponible physiquement, inutilisable sportivement : un luxe dont United se serait bien passé dans ce contexte.

En attaque, Benjamin Sesko reste indisponible. L’attaquant souffre d’un problème au tibia, et Michael Carrick a reconnu ne pas savoir combien de temps il serait encore absent. Un flou qui n’aide pas à planifier, surtout quand les options se réduisent au fil des semaines.

Patrick Dorgu, lui, est toujours en convalescence après une blessure présumée aux ischio-jambiers contractée avec le Danemark, face au pays de Galles, qui l’avait contraint à renoncer à son rassemblement international de septembre. Là encore, une solution de couloir en moins pour un entraîneur déjà en train de recomposer ses lignes.

Como, la nouvelle menace venue de Serie A

Pour son troisième match de Ligue des Champions, Manchester United ne se rend pas chez un géant historique, mais chez un club en pleine ascension. Como, cinquième de Serie A, avance sans complexe sous les ordres de Cesc Fabregas. L’ancien milieu d’Arsenal a façonné une équipe ambitieuse, capable de frapper fort dès le coup d’envoi.

Les Italiens l’ont montré d’entrée dans la compétition : victoire 4-1 à domicile contre RB Leipzig, avec une maîtrise offensive impressionnante. La défaite 3-2 sur le terrain de Feyenoord la semaine dernière a rappelé qu’ils restent prenables, mais aussi qu’ils peuvent marquer partout, contre n’importe qui.

United arrive en Lombardie avec un bilan mitigé : un succès contre Sabah, une défaite face à Atletico. Rien n’est encore joué dans ce groupe, mais le moindre faux pas pourrait alourdir la pression dès l’automne. Dans ce contexte, chaque absence prend une dimension supplémentaire.

Un groupe réduit, une marge d’erreur infime

La séance de mardi a au moins permis d’y voir plus clair sur les forces disponibles. Dans le secteur défensif, Harry Maguire et Matthijs de Ligt devraient porter la responsabilité de l’axe, entourés de jeunes ou de joueurs polyvalents. Les latéraux disponibles incluent Diogo Dalot, Noussair Mazraoui, ainsi que des profils comme Amass, Armer ou Kamason, qui pourraient être appelés en renfort selon l’évolution des blessures.

Au milieu, Carrick pourra compter sur Mason Mount, Youri Tielemans, Baleba, Santos, ainsi que T. Fletcher, J. Fletcher et bien sûr Bruno Fernandes, toujours au cœur du dispositif. De quoi garder le ballon, dicter le tempo, mais pas forcément compenser l’impact physique et la capacité de projection de Mainoo si le jeune milieu venait à manquer le voyage.

Dans les buts, le trio Lammens, Darlow, Heaton, accompagné de Mee, offre de la profondeur, mais la vraie question se pose plus haut sur le terrain : qui portera le danger constant sur la défense de Como si Rashford et Sesko restent aux soins ?

Carrick le sait, cette Ligue des Champions ne pardonne pas les états d’âme ni les effectifs à moitié disponibles. Entre blessures, suspensions et incertitudes de dernière minute, Manchester United s’avance vers le lac de Côme avec plus de questions que de certitudes. Reste à savoir si ce groupe amoindri saura transformer cette fragilité en caractère, ou si cette soirée italienne marquera un tournant inquiétant dans leur campagne européenne.