RDC Sport

Manchester United et City : Objectifs de la saison 2026/27

À Manchester, la saison ne s’arrête jamais vraiment. À peine un mois après la fin de l’exercice 2025/26, alors que le monde a les yeux rivés sur la Coupe du monde, la Premier League remet déjà la machine en route. Ce jeudi à 10h, Manchester United et Manchester City découvriront le calendrier qui dessinera les contours de leur campagne 2026/27.

Carrick, la vague rouge à prolonger

À Old Trafford, Michael Carrick aborde sa première saison complète avec un objectif limpide : transformer un regain d’élan en véritable projet de titre. Arrivé en janvier pour remplacer Ruben Amorim, il a remis United dans le wagon de la Champions League avec marge, redonnant un peu de fierté à un club qui tournait en rond.

Depuis, le discours a changé. Omar Berrada a parlé ouvertement de viser le titre de Premier League dès la saison prochaine. L’écart reste pourtant brutal : neuf points de retard sur City, quatorze sur le champion Arsenal au terme de 2025/26. Carrick sait que finir troisième ne suffit pas à un club de ce poids. Le calendrier ne fera pas tout, mais il peut aider.

United espère un départ moins piégeux que l’an passé, où Arsenal, City et Chelsea figuraient déjà dans les cinq premières journées. Sept points pris sur quinze possibles, ni catastrophiques ni dignes d’un prétendant sérieux. Cette fois, l’idée est claire : un début « abordable » pour entretenir la dynamique, installer des certitudes et laisser la croyance grandir.

La curiosité est aussi européenne. Le nouveau format de la Champions League offrira huit matches de phase de ligue. À Old Trafford, on scrutera de près les rendez-vous de Premier League qui tomberont juste après ces soirées continentales. Les longs déplacements et les chocs majeurs au lendemain de l’Europe, tout le monde veut les éviter.

City, saison de vérité après Guardiola

De l’autre côté de la ville, l’été s’ouvre sur une rare inconnue : à quoi ressemblera Manchester City sans Pep Guardiola ? Le départ du Catalan laisse un vide immense à l’Etihad Stadium. Enzo Maresca est attendu pour reprendre le flambeau, mais son arrivée n’est toujours pas officialisée.

Cette incertitude ne change rien à l’exigence. Pour City, 2026/27 s’annonce comme une saison test : prouver que la machine tourne encore sans son architecte. La priorité est nette : récupérer la couronne domestique et montrer que le « business as usual » n’est pas qu’un slogan.

Le précédent exercice avait démarré fort, avec un 4-0 à l’extérieur contre Wolves, avant de se gripper brutalement avec deux défaites de rang face à Spurs et Brighton. Puis un 3-0 autoritaire dans le derby contre United et un nul 1-1 contre Arsenal avaient rappelé que les champions savent toujours réagir. Cette année, le regard se portera sur les premières affiches du futur City de Maresca : qui pour son baptême de feu en Premier League, et dans quel contexte ?

Trois nouveaux visages au menu

Le plateau 2026/27 n’est plus tout à fait le même. Wolves, Burnley et West Ham ont disparu du paysage, remplacés par trois histoires bien différentes.

Championship en poche, Coventry City revient en Premier League sous la houlette de Frank Lampard. L’ancien joueur et manager de Chelsea a ramené les Sky Blues dans l’élite avec autorité, onze points devant Ipswich Town.

Ipswich, justement, a validé la montée automatique lors de la dernière journée, emmené par Kieran McKenna, ex-adjoint de United. Le conte de fées a pris une tournure inattendue cet été : McKenna a choisi de se retirer pour faire une pause loin des terrains. Le nom d’Ole Gunnar Solskjaer circule pour lui succéder, ajoutant une touche de nostalgie mancunienne à l’affaire.

La dernière place est revenue à Hull City, au terme de play-offs chaotiques. Sixièmes de saison régulière, les Tigers ont d’abord éliminé Millwall, troisième, sur deux manches. Ils devaient ensuite affronter Southampton, mais les Saints ont été exclus des play-offs pour espionnage de Middlesbrough en demi-finale. Middlesbrough réintégré, Hull n’a pas tremblé à Wembley : but d’Oli McBurnie à la dernière minute, montée arrachée dans le temps qui fait basculer des saisons entières.

Le calendrier, œuvre d’un « superordinateur »

Derrière la magie de la sortie du calendrier, il y a six mois de calculs et de contraintes accumulées. Dates de Champions League, consignes de la police, impossibilité pour certains clubs voisins de jouer à domicile le même jour : le puzzle est complexe. Le fameux superordinateur de la Premier League ne fait pas ce qu’il veut, il obéit à une série de règles strictes.

Dans toute séquence de cinq matches, une équipe doit alterner trois rencontres à domicile et deux à l’extérieur, ou l’inverse. Jamais plus de deux déplacements ou deux réceptions d’affilée. Autant que possible, un club jouera à la maison puis à l’extérieur autour des tours de FA Cup et des trêves internationales.

Par souci d’équité, aucune équipe ne commencera ou ne terminera la saison par deux matches consécutifs à domicile ou à l’extérieur. Autour de Noël, l’équilibre est aussi surveillé : un club à domicile juste après le 25 décembre sera à l’extérieur le 1er janvier (ou date équivalente), et les journées seront espacées de manière à ce qu’aucune formation ne joue deux fois à moins de 60 heures d’intervalle. La Ligue essaie également de maintenir une alternance domicile/extérieur le samedi quand le calendrier le permet.

Une saison décalée… pour souffler un peu

La Premier League débutera plus tard que d’habitude : le coup d’envoi est fixé au samedi 22 août 2026, une semaine après la saison précédente. La raison est assumée : dans un calendrier mondial saturé, la Ligue met en avant la protection des joueurs. Ce démarrage tardif offre 89 jours de coupure entre la fin de 2025/26 et le début du nouvel exercice, et 33 jours entre la finale de la Coupe du monde 2026 et le retour du championnat.

La saison se terminera le dimanche 30 mai. Une date pensée pour laisser une semaine de marge avant la finale de la Champions League, prévue au Metropolitano de Madrid le samedi 5 juin.

Les clubs anglais engagés en Europe savent déjà à quoi s’en tenir en termes de fenêtres de Champions League, même si les adversaires restent à définir. Les journées européennes tomberont les 8-10 septembre, 13-14 et 20-21 octobre, 3-4 et 24-25 novembre, 8-9 décembre, puis 19-20 et 27 janvier. Autant de points de tension où les effectifs de City et United seront poussés dans leurs retranchements, et où la moindre sortie de route en championnat peut coûter cher.

Boxing Day, tradition malmenée mais pas perdue

La saison dernière, un seul match de Premier League avait été programmé le 26 décembre, au grand désarroi des supporters. United avait tout de même offert une soirée de Boxing Day à Old Trafford contre Newcastle, dans un inhabituel coup d’envoi à 20h. La Ligue avait justifié cette réduction par l’encombrement du calendrier européen et la nécessité d’étaler les rencontres pour préserver les joueurs.

Cette fois, la promesse est faite : avec un 26 décembre qui tombe un samedi, il y aura davantage de matches ce jour-là. Les « arrangements spéciaux » resteront en place pour ménager des temps de récupération corrects entre les journées 18, 19 et 20. Là encore, le calendrier deviendra un enjeu sportif à part entière : qui aura un run de fêtes jouable, qui sera envoyé au charbon ?

Deux clubs, une ville, des ambitions opposées mais brûlantes

Pour United, la ligne de mire est nette : réduire l’écart sur City et Arsenal. Quel que soit l’ordre des affiches, la mission de Carrick est de transformer l’espoir retrouvé en résultats concrets. La perspective de démarrer la saison avec un entraîneur déjà installé, fort d’une fin de campagne 2025/26 réussie et d’une victoire maîtrisée contre Brighton lors de la dernière journée, nourrit un optimisme prudent mais réel à Old Trafford.

À City, l’enjeu est presque inverse : prouver que rien ne s’effondre sans Guardiola. La saison à venir ressemble à un examen de continuité. Maresca, s’il est bien intronisé, héritera d’un effectif habitué à gagner et d’un environnement qui ne tolère pas la transition molle. Perdre le titre une nouvelle fois ne serait pas simplement un revers sportif, mais un signal inquiétant sur l’après-Guardiola.

Dans quelques heures, les deux Manchester auront enfin la feuille de route complète de leur saison. Des dates entourées en rouge, des enchaînements qui feront grincer des dents, des périodes où tout peut basculer en quinze jours.

Le calendrier, en soi, ne gagne aucun point. Mais dans une ville où chaque week-end se vit comme un bras de fer à distance, la manière dont les matches s’enchaîneront dira peut-être jusqu’où United peut rêver… et si City est encore prêt à régner.