À Anfield, dans le cadre de la 25e journée de Premier League, Manchester City a renversé Liverpool (2-1) au terme d’une fin de match étouffante, conclue par un penalty d’Erling Haaland à la 90'. Dans un duel direct entre un candidat au top 4 et un prétendant au titre, les hommes de Pep Guardiola frappent un grand coup et confortent leur place sur le podium, tandis que ceux d’Arne Slot restent englués au sixième rang, incapables de transformer leurs bonnes séquences en points.
Première période : un bras de fer sans but
La première période s’est jouée sur un fil, sans qu’aucune des deux équipes ne parvienne à faire sauter le verrou adverse. Les événements notables se limitent à la dimension disciplinaire. À la 42', Omar Marmoush reçoit un avertissement pour une faute, signe d’un engagement déjà prononcé côté City.
Malgré l’absence de buts avant la pause (0-0), le contexte laissait deviner une rencontre tendue, entre un Liverpool en 4-2-3-1 cherchant à exploiter la créativité de Florian Wirtz et Mohamed Salah derrière Hugo Ekitiké, et un Manchester City en 4-3-3 structuré autour du trio Bernardo Silva – Rodri – Nico O’Reilly. Les deux blocs se neutralisent, et l’on sent déjà que le moindre détail pourrait faire basculer le match.
Seconde période : changements, ouverture du score, puis chaos final
Dès le retour des vestiaires, la tension monte d’un cran. Virgil van Dijk est averti à la 47' pour une faute, confirmant la pression exercée sur la ligne défensive de Liverpool. Pep Guardiola tente ensuite de faire évoluer le rapport de force à la 61' : Abdukodir Khusanov cède sa place à Rúben Dias, apportant davantage d’expérience en défense centrale, tandis qu’Omar Marmoush est remplacé par Rayan Cherki, un choix offensif destiné à apporter plus de créativité entre les lignes.
Marc Guéhi est à son tour averti à la 69', et c’est finalement Liverpool qui frappe le premier : à la 74', Dominik Szoboszlai ouvre le score d’un but dans le jeu, récompensant l’investissement des Reds et l’animation offensive pensée par Arne Slot. Mais l’avantage est de courte durée.
À la 84', Manchester City réagit : Bernardo Silva égalise, servi par Erling Haaland. Le milieu portugais confirme son rôle central dans le système de Guardiola, tandis que le Norvégien se mue en passeur décisif. Arne Slot répond immédiatement avec un changement à la 85' : Cody Gakpo sort, remplacé par Curtis Jones, pour apporter du contrôle au milieu.
La fin de match bascule dans la folie. Alisson reçoit un carton jaune à la 90+2', puis Arne Slot tente un pari offensif à la 90+4' en sortant le latéral Miloš Kerkez pour faire entrer Federico Chiesa, signe d’une volonté de jouer la victoire malgré le risque. En face, Guardiola ajuste aussi : Antoine Semenyo laisse sa place à Nathan Aké à la 90+6', un changement plus prudent.
Les nerfs lâchent : Erling Haaland est averti à la 90+4', Bernardo Silva à la 90+7'. Rayan Cherki croit offrir la victoire à City à la 90+12', mais son but est finalement annulé après intervention de la VAR. Dans la foulée, Dominik Szoboszlai est expulsé à la 90+13' pour une faute professionnelle en tant que dernier défenseur, laissant Liverpool à dix au pire moment. Et la sanction tombe : un penalty est accordé à Manchester City, transformé par Haaland à la 90'. Le Norvégien, déjà passeur décisif, devient le bourreau d’Anfield.
Lecture statistique : City plus propre, plus tranchant
Les chiffres confirment l’impression d’un City plus clinique. Les visiteurs ont légèrement contrôlé le ballon avec 53 % de possession, contre 47 % pour Liverpool, mais surtout avec une meilleure qualité technique : 460 passes tentées pour 388 réussies (84 %), contre 386 passes dont 301 réussies (78 %) pour les Reds. Cette supériorité dans la précision a permis aux hommes de Guardiola de mieux gérer les temps forts et faibles.
Offensivement, les deux équipes se sont rendues coup pour coup : 16 tirs pour Manchester City, 15 pour Liverpool. Mais City a cadré 7 frappes contre 4 seulement pour les locaux, avec un expected goals nettement en faveur des visiteurs (2,81 contre 1,21). L’écart d’efficacité est flagrant : Liverpool a eu besoin de beaucoup d’efforts pour marquer une seule fois, quand City a converti deux de ses occasions majeures, dont le penalty décisif.
Sur le plan disciplinaire, le match a été rugueux : 13 fautes pour Liverpool, 16 pour Manchester City. Les Reds terminent avec 2 jaunes et 1 rouge, City avec 4 avertissements. L’expulsion de Szoboszlai dans le temps additionnel illustre une équipe de Liverpool poussée dans ses retranchements, incapable de gérer la pression finale.
Classement et conséquences
Au classement, cette victoire porte Manchester City à 50 points, avec une différence de buts de +27 (51 buts marqués, 24 encaissés). Deuxième, le champion en titre reste solidement engagé dans la course au titre et consolide sa place en zone Champions League. Liverpool, de son côté, reste sixième avec 39 points et une différence de buts de +5 (40 pour, 35 contre). Avec déjà 8 défaites en 25 journées et une forme récente en dents de scie (LWLDD avant ce match), les Reds voient s’éloigner un peu plus la perspective de jouer les premiers rôles et devront désormais se battre pour sécuriser une place européenne.





