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Manchester City reconnu coupable : infractions financières révélées

Le séisme que le football anglais attendait depuis des mois a fini par frapper. Selon plusieurs rapports concordants, Manchester City a été reconnu coupable sur la quasi-totalité des infractions aux règles financières de la Premier League par une commission indépendante. Plus de cent chefs d’accusation, étalés sur près d’une décennie. Un dossier hors norme pour un club hors norme.

City conteste. City fera appel. Mais le choc est là.

Huit ans d’enquête, neuf saisons scrutées

Le cœur des accusations : la fourniture d’informations financières inexactes pendant neuf saisons, de 2009-10 à 2017-18. Les enquêteurs estiment que le club n’a pas communiqué une image fidèle de ses revenus, de ses coûts et de certains contrats clés.

Le cas de Roberto Mancini apparaît également dans le dossier. City est accusé de ne pas avoir transmis tous les détails de la rémunération de son ancien entraîneur entre 2009-10 et 2012-13. Même grief concernant les joueurs : la commission reproche au club de ne pas avoir fourni l’intégralité des informations sur les rémunérations contractuelles entre 2010-11 et 2015-16.

Et ce n’est pas tout. La Premier League affirme aussi que Manchester City n’a pas pleinement coopéré avec l’enquête, sur une période allant de 2018 à 2023. Pour la ligue, ce manque de coopération fait partie intégrante du dossier.

Silence de la Premier League, City reste sur sa ligne de défense

Officiellement, la Premier League ne dit rien. Contactée, elle refuse de commenter et insiste : le processus est toujours en cours. Les sanctions ne sont pas encore décidées, précise notamment The Athletic. La phase la plus explosive de cette affaire reste donc à venir.

Du côté de l’Etihad, le discours ne bouge pas d’un millimètre. Un porte-parole du club rappelle que la procédure est toujours en cours, qu’elle comporte encore des étapes importantes et qu’elle est couverte par une stricte confidentialité. Manchester City renvoie à sa déclaration de février 2023, dans laquelle le club affirmait accueillir favorablement la possibilité pour une commission indépendante d’examiner ce qu’il décrit comme un « ensemble complet de preuves irréfutables » en sa faveur.

Le club insiste également sur un point : il dit avoir respecté la procédure depuis huit ans, en partant du principe que le board et l’exécutif de la Premier League agiraient comme un régulateur indépendant, impartial et équitable, à l’abri de toute influence partisane.

Un dossier qui accompagne l’ère des titres

Quand les charges tombent en février 2023, Manchester City file vers le troisième de ses quatre titres consécutifs en Premier League. Le contraste est saisissant : sur le terrain, une machine à gagner. En coulisses, un club sous enquête pour des irrégularités supposées sur presque toute la période ayant servi de rampe de lancement à sa domination.

Quatre mois après l’annonce des charges, City décroche la première Ligue des champions de son histoire. L’apogée sportive survient alors même que le nuage judiciaire s’épaissit au-dessus du club.

Le 16 septembre 2024, la commission indépendante ouvre enfin son audience. Des années d’enquête, des centaines de documents, des témoins, des avocats, et une question centrale : jusqu’où Manchester City est-il allé pour construire et maintenir son empire ?

Verdict partiel, bataille totale

Aujourd’hui, une première réponse tombe : la commission a estimé le club coupable sur pratiquement tous les chefs d’accusation. Les sanctions, elles, ne sont pas encore fixées. Rétrogradation ? Retrait de points ? Amendes record ? Le spectre est large, les enjeux colossaux.

Manchester City, de son côté, ne baisse pas la garde. Le club se prépare à faire appel, décidé à défendre sa version des faits et la légitimité de ses succès récents.

La procédure continue, les débats juridiques ne font que commencer. Mais une chose est déjà certaine : quelle que soit l’issue, ce dossier laissera une trace profonde dans l’histoire de la Premier League et dans la perception de l’ère City.