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Manchester City : l'héritage de Guardiola en 11 joueurs

Pep Guardiola s’en va, et c’est une ère entière qui se referme à Manchester City. Dix ans de règne, 19 trophées, un club métamorphosé en machine à gagner. Mais l’empreinte la plus profonde du Catalan ne se lit pas seulement dans les vitrines du club. Elle se lit dans les carrières qu’il a façonnées.

Onze joueurs, onze trajectoires qui racontent son City.

Raheem Sterling, l’ailier devenu tueur

Quand Raheem Sterling quitte Liverpool en 2015 pour 49 millions de livres, le montant choque l’Angleterre. Talent brut, oui. Finition, beaucoup moins. Sous Guardiola, le doute disparaît.

Le technicien catalan polit l’ailier jusqu’à en faire l’un des joueurs offensifs les plus décisifs d’Europe. Sterling inscrit 131 buts durant ses sept saisons à l’Etihad, dont trois exercices consécutifs à plus de 20 réalisations. Sous Guardiola, il signe 292 apparitions, 120 buts, 77 passes décisives et empile les titres : quatre Premier League, une FA Cup, cinq EFL Cup.

Récompensé comme meilleur jeune de la saison par la PFA en 2018-2019, puis décoré MBE en 2021, il quitte City en star mondiale. Guardiola, lui, aura transformé un ailier prometteur en finisseur clinique.

Ilkay Gündogan, le cerveau silencieux

Premier transfert de l’ère Guardiola en 2016, Ilkay Gündogan arrive de Borussia Dortmund sans tapage. Il deviendra pourtant l’un des hommes de base du projet.

Sept saisons à dicter le tempo, à apporter calme, équilibre et précision dans l’entrejeu. Le milieu allemand incarne l’ombre qui fait briller les autres. Sous Guardiola, il dispute 358 matches, marque 65 buts, délivre 48 passes décisives. Cinq Premier League, une Ligue des champions, deux FA Cup, quatre EFL Cup, une Super Coupe de l’UEFA, une Coupe du monde des clubs : son palmarès est massif, son influence encore plus.

En 2023, avec le brassard de capitaine, il mène City vers un triplé historique. Une volée splendide en finale de FA Cup contre Manchester United, puis la levée de la Ligue des champions. L’ultime chef-d’œuvre du métronome discret.

Kyle Walker, la flèche devenue taulier

Quand City pose 45 millions de livres sur la table pour Kyle Walker en 2017, les sourcils se lèvent. Un latéral à ce prix ? Guardiola sait exactement ce qu’il fait.

La vitesse supersonique de l’Anglais change le visage du couloir droit. Ses montées créent une menace constante, sa capacité à revenir à toute allure éteint les contres adverses. Walker devient l’un des piliers de la défense remodelée par son entraîneur.

Sous Guardiola, il remporte six Premier League, une Ligue des champions, deux FA Cup, quatre EFL Cup, une Super Coupe de l’UEFA et une Coupe du monde des clubs. Il porte même le brassard lorsque City décroche un quatrième titre de champion consécutif en 2024. Deux fois membre de l’équipe-type PFA, il obtient sa statue devant l’Etihad Stadium. D’un transfert contesté à une figure de l’ère Guardiola.

David Silva, le magicien qui a tout relié

David Silva arrive à Manchester en 2010, auréolé de son titre de champion du monde avec l’Espagne. Avant Guardiola, il est déjà l’icône technique du club. Avec lui, il devient une référence absolue.

Sous les ordres du Catalan pendant quatre saisons, Silva incarne la créativité pure. Vision, toucher, dernière passe : tout passe par lui. Il termine son aventure en Premier League avec 93 passes décisives, plus que quiconque sur la période, septième meilleur total de l’histoire du championnat.

Sous Guardiola, il ajoute six Premier League, une Ligue des champions, deux FA Cup, quatre EFL Cup, une Super Coupe de l’UEFA et une Coupe du monde des clubs. Les supporters le considèrent comme le plus grand joueur de l’histoire du club. Sa statue devant l’Etihad, aux côtés d’autres légendes modernes, en dit long. Le surnom, lui, ne trompe pas : « El Mago ».

Ederson, le gardien qui a réinventé le poste

Dès son arrivée, Guardiola tranche : Joe Hart ne correspond pas à son idée du poste. Claudio Bravo ne convainc pas. La vraie révolution arrive avec Ederson, recruté à Benfica.

Le gardien brésilien ne se contente pas d’arrêter des tirs. Il organise, attire le pressing, casse les lignes. Son jeu au pied transforme la manière de sortir le ballon, pousse les adversaires à s’exposer. Sept passes décisives en Premier League, un record pour un portier.

Sous Guardiola, Ederson dispute 372 matches, remporte six Premier League, une Ligue des champions, deux FA Cup, quatre EFL Cup, une Super Coupe de l’UEFA et une Coupe du monde des clubs. Trois Gants d’or de Premier League, deux présences dans l’équipe-type PFA, un titre de meilleur gardien Fifa en 2023. Sa prise de risque inspire toute une génération de gardiens. Le poste ne se joue plus de la même façon depuis.

Rodri, du successeur à l’icône Ballon d’Or

Rodri débarque en 2019 pour préparer l’après Fernandinho. Le début est heurté : rythme de la Premier League, exigences tactiques, adaptation. Guardiola insiste, répète, corrige. La transformation est spectaculaire.

Le milieu espagnol devient le métronome absolu de City. Récupération, orientation, contrôle des tempos : tout passe par lui. En 2023, il inscrit le but de la victoire en finale de Ligue des champions, point d’orgue d’un triplé historique.

Sous Guardiola, il joue 298 matches, marque 28 buts, offre 32 passes décisives. Quatre Premier League, une Ligue des champions, deux FA Cup, trois EFL Cup, une Super Coupe de l’UEFA, une Coupe du monde des clubs. En 2024, il décroche le Ballon d’Or, premier joueur de Manchester City à le remporter, premier joueur de Premier League sacré depuis 2008. La consécration d’un milieu façonné dans les moindres détails par son entraîneur.

Erling Haaland, la machine à buts

L’impact est immédiat. Erling Haaland arrive à l’été 2022 pour 55 millions de livres en provenance de Borussia Dortmund. Le reste, ce sont des chiffres qui donnent le vertige.

36 buts en Premier League pour sa première saison, 52 toutes compétitions confondues. Soulier d’Or européen, joueur de l’année UEFA 2022-2023, joueur de l’année PFA, joueur de la saison en Premier League. Il conduit City vers le triplé, avec enfin cette Ligue des champions tant attendue.

La saison suivante, il inscrit 38 buts, dont 27 en championnat, et participe au quatrième titre consécutif en Premier League. Il enchaîne avec 34 nouvelles réalisations en 2024-2025. Sous Guardiola, il cumule 198 apparitions, 162 buts, 35 passes décisives, deux Premier League, une Ligue des champions, deux FA Cup, une EFL Cup, une Super Coupe de l’UEFA.

Il empile aussi les distinctions individuelles : deuxième du Ballon d’Or 2023, Trophée Gerd Müller, Soulier d’Or européen, joueur FWA de l’année, joueur PFA, joueur de la saison en Premier League. La pointe terminale d’une machine huilée par Guardiola.

Phil Foden, l’enfant du club protégé par le maître

Phil Foden est l’histoire que les supporters adorent raconter. Un gamin de la ville, lancé à 17 ans par Guardiola en 2019. Beaucoup réclament un prêt pour lui offrir du temps de jeu. Le Catalan refuse. Il veut le garder sous son aile.

Les chiffres lui donnent raison. Foden aligne 368 apparitions sous ses ordres, avec 110 buts et 68 passes décisives. Il collectionne six Premier League, une Ligue des champions, deux FA Cup, cinq EFL Cup, une Super Coupe de l’UEFA, une Coupe du monde des clubs. PFA Young Player of the Year en 2021 et 2022, puis joueur de l’année PFA et FWA, ainsi que joueur de la saison en Premier League en 2023-2024.

Cette saison-là, il endosse un rôle immense en l’absence du Ballon d’Or Rodri, blessé. 19 buts, huit passes décisives depuis le milieu de terrain, et un quatrième titre consécutif de champion pour City. S’il peine à retrouver ce niveau par la suite, le club le prolonge de quatre ans en mai. Guardiola aura fait de l’enfant du club un symbole de son mandat.

John Stones, le défenseur qui pensait comme un milieu

Au cœur des multiples expérimentations défensives de Guardiola, un homme reste presque intouchable : John Stones. Le coach change les systèmes, alterne entre quatre centraux, latéraux inversés, lignes hybrides. Stones, lui, demeure.

Sa qualité de relance, sa sérénité sous pression, sa polyvalence séduisent son entraîneur. Sous Guardiola, il joue 294 matches, marque 19 buts, délivre neuf passes décisives. Six Premier League, une Ligue des champions, deux FA Cup, trois EFL Cup, une Super Coupe de l’UEFA, une Coupe du monde des clubs.

Son sommet ? La finale de Ligue des champions 2023, où il brille comme sentinelle surprise devant la défense. Guardiola le décrit ce soir-là comme « de loin le meilleur joueur ». Une phrase qui résume la confiance totale accordée à un défenseur façonné pour penser comme un milieu.

Onze joueurs, onze histoires, un fil rouge : un entraîneur obsédé par le détail, la progression et l’idée qu’un système ne vit qu’à travers ceux qui l’habitent. Guardiola s’en va, les trophées resteront. Mais ce sont surtout ces carrières-là qui continueront de raconter, partout en Europe, ce qu’a vraiment été son Manchester City.

Manchester City : l'héritage de Guardiola en 11 joueurs