Manchester City après Guardiola : enjeux et attentes sous Maresca
Manchester City vient de tourner la page la plus glorieuse de son histoire. Pep Guardiola est parti, les trophées se sont empilés au Etihad Stadium, et c’est désormais Enzo Maresca qui prend place sur le banc, au cœur d’un club habitué à vivre tout en haut.
Le décor est immense, la pression paraît évidente. Pourtant, Joe Hart, ancien gardien emblématique de City, voit les choses autrement : le club ne va pas brûler son nouvel entraîneur italien dès sa première saison.
Maresca, un héritage écrasant mais des attentes ajustées
La claque reçue face à Arsenal en Community Shield (3-0) a déjà donné un avant-goût de ce qui attend Maresca : chaque faux pas sera disséqué, chaque contre-performance grossie à la loupe. Mais Hart, au micro de BBC Radio 5 Live, insiste : en interne, City ne veut pas transformer cette saison en ultimatum.
« Je pense que le club ne fait pas peser d’énormes attentes sur cette saison », explique-t-il.
Selon lui, les dirigeants restent convaincus de la qualité de l’effectif, persuadés que l’équipe peut encore se battre sur tous les tableaux. La nuance est ailleurs : la pression structurelle, celle qui vient du sommet du club, serait volontairement allégée pour accompagner une phase de transition.
Maresca récupère un groupe qui a écrasé le football anglais pendant près de dix ans. L’exigence ne disparaît pas pour autant. Mais City sait que ce passage de témoin ne se fera pas sans turbulences, d’autant que le mercato s’annonce délicat à manœuvrer.
Un mercato complexe au milieu de la transition
Les champions en reconstruction avancent sur plusieurs fronts. Les dirigeants discutent d’un énorme deal pour le jeune Ayyoub Bouaddi, 18 ans, en provenance de Lille, pour un montant estimé à 85,6 millions de livres. En parallèle, l’intérêt pour Enzo Fernandez, milieu de Chelsea, reste bien présent.
Ce double chantier illustre la phase actuelle : City ne casse pas tout, ne repart pas de zéro, mais réajuste une machine déjà surpuissante. Le risque, Hart le voit clairement : si les résultats ne suivent pas immédiatement en début de saison de Premier League, le discours autour du club peut basculer très vite.
« De l’extérieur, il y aura toujours du bruit », prévient-il.
Maresca, dit-il, sera immédiatement pris pour cible par ceux qui n’attendent qu’une baisse de régime de Manchester City. Le technicien italien n’aura aucun temps mort médiatique.
À l’intérieur, en revanche, Hart fait confiance à la lucidité du club : « Ils sont assez intelligents, en tant qu’entreprise, pour comprendre que ce qui se passe en ce moment est difficile. » Autrement dit : City sait que cette saison sera particulière, et ne veut pas la juger comme une saison ordinaire.
Arsenal, du chasseur au champion traqué
La discussion glisse naturellement vers Arsenal, le nouveau champion d’Angleterre. Après avoir regardé City soulever le trophée quatre fois de suite entre 2021 et 2024, les Gunners ont pris la relève. Et avec le titre vient un tout autre monde.
Hart sait de quoi il parle. Il a vécu, lui, les saisons où City n’a pas réussi à défendre sa couronne en 2012-2013 puis en 2014-2015. Il prévient : Arsenal va découvrir une pression qu’il ne connaît pas encore.
Pendant ses années fastes à l’Etihad, le gardien se sentait intouchable.
« Je marchais sur l’eau à ce moment-là. Je pensais vraiment que j’étais ce joueur-là », reconnaît-il.
Puis la réalité du championnat anglais l’a rattrapé.
Le football, rappelle-t-il, a une manière brutale de remettre tout le monde à sa place.
« Le football trouve un moyen, très vite, de te montrer que tu ne l’es pas. Et quand les choses commencent à se déliter, ce qui arrive dans n’importe quelle saison, tout semble vraiment s’effondrer parce que, tout à coup, tu es sous ce genre de regard de champion. »
C’est exactement ce qui attend Arsenal désormais : chaque série de mauvais résultats sera interprétée comme un signe de déclin, chaque décision de Mikel Arteta sera sur-analysée.
Le vrai test commence maintenant
Pour Hart, atteindre le sommet n’est qu’une partie de l’histoire. La vraie mesure de la grandeur d’une équipe se joue dans la durée. City vient de le démontrer sur une décennie. Arsenal, lui, entre seulement dans cette zone de vérité.
« C’est vraiment important de voir comment Arsenal va gérer ça, mais Mikel Arteta a fait un travail brillant, et il prend de très grandes décisions, des décisions courageuses », souligne l’ancien gardien. La clé, selon lui, se trouve dans la gestion du premier vrai coup dur après le titre. Cette première douleur qui révèle la solidité d’un vestiaire.
Et Hart lâche une phrase qui résonne autant pour Arsenal que pour le City de Maresca :
« C’est ironique, mais atteindre le sommet est la partie facile. »
Pour Manchester City comme pour Arsenal, la saison qui arrive ne se résume donc pas à un simple classement. Elle dira qui sait durer, qui sait encaisser, qui sait régner vraiment.




