Luis Suárez brille lors des débuts de Robert Lewandowski à Chicago
À Miami, les stars changent, mais le bourreau reste le même. Pour son 100e match avec Inter Miami, Luis Suárez a signé un doublé et brisé la première soirée de Robert Lewandowski en Major League Soccer, dans une victoire 3-2 qui en dit long sur le choc culturel que le Polonais est en train de découvrir.
Lionel Messi était à des milliers de kilomètres, au repos à Rosario après la défaite de l’Argentine en finale de Coupe du monde face à l’Espagne. Son absence aurait pu refroidir l’ambiance. Elle a surtout laissé toute la scène à un autre vétéran vorace.
Suárez fête son centenaire, Lewandowski découvre le chaos
Match numéro 100 pour Luis Suárez sous le maillot d’Inter Miami, et l’Uruguayen n’a pas fait les choses à moitié. Un penalty converti en première période, puis un second but après la pause pour porter le score à 2-1. Clinique, sans fioritures. Le genre de soirée qui rappelle pourquoi, même à ce stade de sa carrière, il reste un attaquant à part.
En face, Robert Lewandowski vivait ses premiers pas avec Chicago Fire, quelques semaines après avoir tourné la page Barcelona. À bientôt 38 ans, le Polonais n’a pas signé l’entrée fracassante que beaucoup espéraient. Match terne, peu de ballons exploitables, et un remplacement après une heure de jeu. Un baptême sans éclat.
Surtout, on l’a vu lutter avec le tempo très particulier de la MLS : transitions à toute vitesse, attaques désorganisées, longs ballons balancés sans préavis. À plusieurs reprises, Lewandowski a multiplié les gestes d’humeur, réclamant du calme, des passes courtes, un minimum de contrôle. Il a trouvé, à la place, un championnat qui vit volontiers dans le désordre.
Un but gag et un gardien dans le mauvais film
S’il doutait encore du monde dans lequel il venait d’atterrir, quinze minutes ont suffi pour lui ouvrir les yeux. Sur une action anodine, un défenseur d’Inter Miami joue en retrait vers son gardien Rocco Rios Novo, seulement titularisé pour la deuxième fois de la saison. La suite tient du bêtisier : le portier se jette dans le vide, rate complètement son dégagement, et le ballon roule au ralenti dans le but.
Une des bévues de l’année. Un but contre son camp lunaire, qui aurait pu plomber Miami et faire de Rios Novo le visage d’un naufrage. Au lieu de ça, l’équipe floridienne s’est raccrochée à son vieux réflexe : s’en remettre à Suárez.
Chicago Fire revient au score en seconde période, se met à y croire, et frôle même le troisième but. Miami vacille, Messi est en Argentine, le gardien a déjà offert un cadeau… La soirée semble prête à tourner au fiasco.
Plambeck surgit, Miami reste dans le bon wagon
Mais Inter Miami a plus d’un ressort. Alors que Chicago pousse, c’est un pur produit du centre de formation qui fait basculer la rencontre. À la 85e minute, Preston Plambeck surgit et inscrit le but du 3-2, libérant le stade et sauvant la fête du centième match de Suárez.
Chicago Fire repart avec des regrets, un Lewandowski encore en rodage et la sensation d’être passé tout près d’un gros coup. Le Polonais, lui, devra attendre le 1er août pour découvrir son nouveau public à domicile. D’ici là, un autre déplacement l’attend dès samedi, sur la pelouse de New York City. Nouveau décor, même exigence : prouver qu’il peut encore dominer, même dans ce championnat imprévisible.
Une MLS de plus en plus peuplée de stars
Lewandowski n’est pas le seul grand nom à avoir traversé l’Atlantique cet été. Antoine Griezmann a choisi Orlando City, tandis qu’Inter Miami a officialisé ce mercredi l’arrivée de Casemiro pour renforcer l’entrejeu. Une autre pièce lourde dans un puzzle déjà très médiatisé.
Pendant ce temps, Lionel Messi profite encore de Rosario. Le club n’a donné aucune date pour son retour dans le groupe, où l’attend aussi son compatriote Rodrigo De Paul. Sur le terrain, ses coéquipiers tiennent le rythme : avec ce succès, Inter Miami reste deuxième de la Conférence Est avec 34 points, un match en moins, et Chicago Fire juste derrière avec 26 unités.
Suárez marque, Plambeck émerge, Casemiro arrive, Messi se repose, Lewandowski tâtonne. La MLS se remplit de légendes, mais ne fait aucun cadeau à ceux qui la découvrent. La question est simple désormais : combien de temps faudra-t-il au Polonais pour apprivoiser ce chaos-là ?



