À Rome, Lotito double la mise pour la Coppa Italia
La Coppa Italia n’est plus un simple décor de saison pour la Lazio. Elle est devenue une obsession de club, presque une affaire d’État. Claudio Lotito l’a fait comprendre avec le langage que les vestiaires comprennent le mieux : l’argent.
Selon le Corriere dello Sport, le président biancoceleste a décidé de doubler les primes promises aux joueurs, au manager et à tout le staff en cas de qualification. La cagnotte, aujourd’hui autour de deux millions d’euros, doit dépasser les quatre millions. Un signal fort, envoyé bien avant le sprint final.
Ce n’est pas un coup de tête. Plusieurs semaines avant même le quart de finale, remporté aux tirs au but contre Bologna, Lotito avait déjà chauffé le groupe, demandant à l’équipe de tout donner pour aller au bout de cette Coppa Italia. Sa réaction au Dall’Ara, quand Taylor a transformé le penalty décisif, en disait long : un président en transe, pas un dirigeant distant. La compétition le touche, presque viscéralement.
Désormais, tout converge vers Bergame. Dans un peu plus d’un mois, la Lazio se présentera sur la pelouse de l’Atalanta pour un retour qui ressemble déjà à un tournant de saison. Un match qui peut ouvrir la porte de la finale du 13 mai à l’Olimpico, face au vainqueur de Inter–Como. Une perspective qui suffit à électriser un club, une ville, un président.
Sarri, la Coppa comme possible rédemption
Pour Maurizio Sarri, la Coppa Italia a longtemps été un trophée périphérique. Son football n’a jamais été guidé par la chasse au titre à tout prix. Et ce n’est un secret pour personne : cette compétition ne l’a jamais vraiment enflammé.
Cette saison, le décor a changé. La situation particulière qu’il vit à la Lazio l’oblige à regarder la Coppa avec d’autres yeux. Après une année compliquée sur plusieurs plans, soulever ce trophée avec les biancocelesti aurait un parfum de revanche personnelle. Une victoire qui laverait beaucoup de frustrations, au moins pour une nuit.
Sarri, pourtant, ne se raconte pas d’histoires. Il l’a laissé entendre lui-même : même un triomphe ne serait qu’une joie passagère. Une parenthèse, pas un tournant garanti. Le résultat de cette campagne en Coppa Italia ne modifiera pas en profondeur ses réflexions sur son avenir ni son jugement sur le projet technique du club.
Ce qu’il réclame, c’est autre chose. Il veut que la saison prochaine soit une véritable « année un », pas un éternel « année zéro » rejoué à l’infini. Il veut un club aligné, une direction et un environnement qui tirent dans le même sens, un Olimpico plein et derrière l’équipe, plutôt que ce climat de bras de fer permanent entre la société et une partie des tifosi, avec lui au milieu, figure exposée et isolée.
Au fond, le vrai enjeu est là. La Coppa peut offrir un trophée, un soir de gloire et une image forte. Mais c’est l’unité retrouvée – ou non – entre Sarri, Lotito, le club et le peuple laziale qui dira si le technicien toscan restera pour écrire la suite, ou si cette Coppa Italia ne sera qu’un dernier feu d’artifice avant une nouvelle rupture.





